Lancée avec tambour et fanfare, la Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC) devait devenir la vigie financière du pays, en canalisant les fonds en déshérence, les cautions judiciaires, les dépôts non réclamés, et autres réserves financières oubliées. Une ambition noble sur le papier… mais qui patine sévèrement dans la réalité.
La CDEC ressemble aujourd’hui à une fusée prête à décoller… sans kérosène. Le carburant ? Ce sont les centaines de milliards de FCFA que les banques sont censées reverser. Sauf que celles-ci traînent la patte, et plus grave encore, refusent ouvertement de jouer le jeu.
Derrière cette inertie organisée, le journal pointe un acteur inattendu : la COBAC (Commission Bancaire de l’Afrique Centrale), le gendarme du secteur bancaire, soupçonné d’avoir, volontairement ou non, offert une couverture institutionnelle à ce blocage. Résultat ? Un sabotage bien huilé qui empêche la CDEC de jouer son rôle.
Les banques « planquent » les fonds en toute tranquillité, sous l’œil complaisant d’un régulateur qui ne régule plus grand-chose, note notre confrère Popoli.
Pendant ce temps, les milliards destinés à alimenter des projets publics, à sécuriser les dépôts dormants ou à financer l’économie réelle restent enfermés dans les coffres, à l’abri des regards… et hors du circuit économique national. Une situation jugée alarmante par les observateurs du secteur financier, qui dénoncent une complicité silencieuse entre certaines banques et la haute régulation.
Pour l’heure, le silence est roi. Ni les banques, ni la COBAC, ni même les autorités de tutelle ne semblent vouloir mettre les pieds dans le plat. Mais le temps presse, car chaque jour de blocage équivaut à une perte sèche pour l’État et pour des milliers de Camerounais qui, sans le savoir, sont privés d’une manne financière potentiellement salvatrice.
CDEC: Billions stranded as banks play hide-and-seek with public funds
The highly anticipated launch of Cameroon’s Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) was supposed to usher in a new era of financial discipline and public fund management. The goal: recover dormant funds, channel guarantees, and secure unclaimed deposits for national development. But today, the project looks more like a jet without fuel.
Banks have gone rogue, not only stalling the process but allegedly enlisting the support of COBAC, the regional banking regulator, who has — intentionally or not — become a shield for non-compliance.
The result: hundreds of billions of CFA francs meant to empower the CDEC remain locked away in commercial bank vaults, untouched, invisible, and unproductive.
Critics denounce this as a form of institutional sabotage, with both banks and the regulatory body failing the public. While the CDEC stands idle, vital funds that could boost Cameroon’s economy are quietly gathering dust.
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Ange NGO