Depuis plusieurs semaines, ce segment de l’économie connaît une grande agitation. Trois autres opérateurs sont annoncés pendant que ceux qui occupent le terrain multiplient stratagèmes et opérations de charme. Décryptage.
C’est un secret de polichinelle, le domaine de la télécommunication est un secteur porteur. Un secteur certes souverain, créateur de richesses. On comprend dès lors l’effervescence et l’agitation autour et dans ce microcosme qui ne cesse d’aiguiser les appétits. La levée des boucliers est sans aucun doute la publication mardi, 28 août 2012 par le ministre des Postes et télécommunications, de la liste des opérateurs préqualifiés pour obtenir d’autres licences (trois autres opérateurs annoncés) de téléphonie mobile. De ces résultats, il appert que sept entreprises sont dans les starting-blocks pour trois accessits. Elles ont toutes répondu à l’appel international à manifestation d’intérêt « pour établissement et exploitation d’un réseau de communication électronique mobile couplé avec les ressources fréquentielles 3G à couverture nationale, ouvert au public, à l’exclusion des réseaux de transport» lancé le 28 mai 2012 par le Jean-Pierre Biyiti Bi Essam, patron des Postes et télécommunications. En d’autres termes, c’est d’une technologie de pointe dont il est question ici. Une technologie qui est de loin performante à celle du Gsm (Global system for mobile communication) usitée jusqu’ici par les opérateurs présents sur le terrain.
Ingéniosité
De peur de voir l’herbe coupée sous leurs pieds, ces derniers ne dorment plus sur leurs deux oreillers. Les think tanks, aussi bien chez Mtn Cameroon que chez Orange Cameroun et dans une moindre mesure, chez Camtel, rivalisent d’ingéniosité pour non seulement préserver les acquis mais surtout, gonfler leurs portefeuilles clients respectifs. A Mtn Cameroon qui réclame la place de «leader de la téléphonie mobile au Cameroun» avec plus de 7 millions de clients au 7 juillet 2012, on met les petits plats dans les grands pour «permettre à tous nos abonnés quels qu’ils soient, à pouvoir trouver leur compte» explique Melvin Akam, responsable de la Communication institutionnelle chez Mtn Cameroon. Mtn prolongation, Mtn Mobile money, Y’ello park, Cash promotion, Free internet, Data center, la nuit devient magique…sont autant de concepts montés, élaborés et mis sur pied pour de nouveaux défis.
Idem pour son voisin Orange Cameroun. Avec plus de 6 millions d’abonnés à ce jour, celui qui se targue d’être le «n°1 en couverture et qualité réseau», diversifie et intensifie ses offres. Durant les deux derniers mois, les produits comme Orange money, Joker promo plus, Joker chrono, Orange Scholl, Transfert pays (possibilité recevoir des crédits de communication à partir de l’Europe principalement de la France) et le dernier en date, Opération Dragon, sont tous conçus et érigés pour entretenir la flamme Orange. Karelle Bobda-Kuaté, directeur des ventes chez Orange Cameroun, promet que son entreprise ne saurait arrêter ce déploiement tous azimuts.
Supplice
Chez Camtel (Cameroon telecommunication) entreprise à capitaux publics, on ne veut pas louper le coche. Forfaits Toli 2000 « terminé le bip avec les potes» avec des appels illimités gratuits vers trois numéros préférés de 20h à 7h, et 24h/24 vers trois numéros préférés ; No limit téléphone et internet illimité ; pack Mboa ; clés internet à moyen et haut débit…sont aussi développés et commercialisés pour combler le retard (important) accusé face à deux autres opérateurs privés. On le voit bien, le monde de la téléphonie mobile est en ébullition et les opérateurs se frottent les mains. Les affaires se portent bien. Un seul bémol : les populations trinquent. En effet, malgré les flexibilités mises sur pied par chacun des opérateurs, force est de reconnaître que pour la majorité des Camerounais, l’accès à ces technologies reste un luxe. Le coût étant encore jugés trop élevé par rapport au pouvoir d’achat. L’arrivée d’autres larrons marquera-t-elle la fin du supplice ? Rien n’est moins sûr.
Télécommunications: Effervescence dans le monde de la téléphonie mobile
Depuis plusieurs semaines, ce segment de l'économie connaît une grande agitation. Trois autres opérateurs sont annoncés pendant que ceux qui occupent le terrain multiplient stratagèmes et opérations de charme.