Selon le journal L’Économie, en première de couverture, aucune des entreprises concernées n’a signé les conventions de compte séquestre exigées pour la restitution des fonds destinés à la restauration des sites miniers.
Pourtant, la date du 30 avril 2025 avait été fixée depuis des mois comme délai ultime. Objectif : obliger les sociétés extractives à déposer, dans un compte bloqué, les montants dus pour la réparation environnementale des zones qu’elles exploitent. En clair, il s’agit de corriger les dégâts causés par des années d’extraction non régulée, souvent marquées par des impacts graves sur les écosystèmes, les terres agricoles, et la santé des populations.
Mais à l’échéance, aucun virement, aucune convention, aucune volonté manifeste. L’argent reste à l’étranger, les comptes sont vides, et les sites miniers continuent d’être laissés à l’abandon. Un comportement que plusieurs analystes camerounais qualifient de mépris institutionnalisé vis-à-vis des États africains.
« Ce n’est pas qu’elles ne peuvent pas payer, c’est qu’elles ont compris que personne ne les forcera vraiment », lâche un cadre du ministère des Finances à Yaoundé, sous anonymat. Et pendant ce temps, les populations riveraines paient le prix fort : sols contaminés, forêts détruites, sources d’eau asséchées.
L’inaction de ces multinationales soulève une question cruciale : où est passée l’autorité de la CEMAC face aux mastodontes du secteur extractif ? Et surtout, qu’attendent les États membres pour hausser le ton et imposer des sanctions concrètes ?
Alors que l’Afrique centrale cherche à se positionner comme un acteur majeur de la transition énergétique mondiale, ce bras de fer entre la BEAC et les compagnies extractives sonne comme un test de souveraineté. Pour l’instant, les entreprises semblent avoir pris une longueur d’avance.
Mais rien n’empêche une riposte. À condition que les États arrêtent de regarder ailleurs.
Mining Sites in Limbo: Extractive Companies Defy BEAC, Block Restoration Funds
The deadline has passed, but the silence is deafening. Despite clear instructions from the Bank of Central African States (BEAC), mining and oil companies operating in the CEMAC region are refusing to comply. According to L’Économie, which made it its front-page headline, not a single extractive company has signed the required escrow account agreements to release the funds meant for restoring degraded mining sites.
April 30, 2025, was the official deadline. The goal was simple: force these companies to deposit, into a blocked escrow account, the financial resources owed for environmental rehabilitation—a long-overdue response to the ecological destruction caused by decades of unregulated exploitation.
But now that the date has come and gone, no funds have been transferred, no agreements signed, and the companies continue business as usual. The money remains offshore. The damaged sites? Still abandoned.
Many observers see this as a blatant show of disrespect toward African institutions. “It’s not about inability to pay. They simply know no one will hold them accountable,” confided a Finance Ministry official in Yaoundé.
Meanwhile, local communities suffer the consequences—polluted land, dried-up water sources, destroyed ecosystems, and long-term health hazards.
This latest standoff raises a crucial question: Where is CEMAC’s authority when it comes to dealing with multinational giants? And more importantly, what are member states waiting for to take concrete action?
At a time when Central Africa is pushing to become a serious player in the global green transition, this clash with extractive companies is more than a technical dispute—it’s a test of sovereignty.
For now, the corporations are winning.
But the game isn't over—unless the region chooses to fold.
Didier Cebas K.