Environ 2,7 millions sur les 11,5 millions d'habitants d'Haïti, dont près d'un million d'enfants, vivent dans des zones où les violences entravent les efforts humanitaires, informe Reliefweb, le service d’information du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (BCAH), en se référant à l’association internationale Save the Children (Sauver les enfants).
Depuis le début de l’année en cours, le nombre de personnes déplacées s’élève à 78.500 civils, y compris 40.000 enfants obligés de fuir les violences. Ce chiffre a plus que doublé par rapport au premier trimestre de l’année passée.
Comme les formations armées contrôlent les principales routes près de la capitale haïtienne et la plupart de ses quartiers, les agents humanitaires ont du mal à transporter l'aide en toute sécurité et à la distribuer aux enfants et à leurs familles.
L’ONG Save the Children, qui exerce ses fonctions en Haïti depuis 1978, s’attend à ce que la communauté internationale augmente d’urgence le financement des opérations humanitaires.
Haïti subit une grave crise sécuritaire après l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 qui a coïncidé avec un tremblement de terre dévastateur.
Haïti: Médecins sans frontières suspend ses activités dans deux centres médicaux
L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a annoncé la suspension de ses activités dans deux centres médicaux en Haïti pour une durée minimale de trois mois, en raison de la détérioration de la situation sécuritaire après l’attaque ciblée du 15 mars contre un convoi de l’organisation. C’est ce qu’elle a indiqué dans un communiqué publié sur son site internet.
"À la suite de l’attaque ciblée du 15 mars contre un convoi de Médecins sans frontières sur l’axe reliant le Centre d’urgence de Turgeau et l’hôpital traumatologique de Carrefour, et face à la détérioration de la sécurité dans le centre-ville de Port-au-Prince, MSF prend la décision difficile de suspendre ses activités dans ces deux structures pour une durée minimale de trois mois, a fait savoir l’organisation. Malgré cette suspension, MSF poursuit ses activités dans d’autres structures médicales de Port-au-Prince ainsi que dans le département du Sud."
MSF a rappelé que, lors de l’attaque du 15 mars, "des véhicules clairement identifiés MSF […] ont été délibérément pris pour cible et ont essuyé quinze tirs par au moins un homme armé, cagoulé et en uniforme".
L’organisation a précisé que la suspension pour trois mois "permettra d’évaluer si l’évolution du contexte sécuritaire offre les conditions nécessaires au retour de ses équipes". "Nous réitérons une fois encore notre appel à toutes les parties concernées pour qu’elles respectent la mission médicale et assurent la protection des structures de santé, des ambulances, des patients et du personnel de santé", a déclaré Benoît Vasseur, chef de mission de MSF en Haïti.
Haïti connaît une crise sécuritaire majeure depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 et un tremblement de terre dévastateur. Les gangs contrôlent une grande partie du pays, notamment 85% de la capitale, selon les dernières informations de l’Unicef. Au moins 8.000 personnes ont trouvé la mort à cause du banditisme rampant.
AN