Le président américain Donald Trump estime que les principales cotations du marché boursier américain vont, à terme, connaître une croissance grâce à l'introduction de nouvelles taxes douanières par Washington, ces mesures permettant d'attirer des investissements d'une valeur d'environ 6 à 7 trillions de dollars.
"Je pense que tout se passe très bien", a assuré M. Trump en évoquant les conséquences de l'introduction de ces taxes pour le marché boursier américain. Selon le président américain, ces mesures assureront "l'arrivée de 6 ou 7 trillions de dollars" aux États-Unis sous forme d'investissements.
"Il y aura une forte croissance sur les marchés", a déclaré Donald Trump, répondant aux questions des journalistes dans la pelouse sud de la Maison Blanche avant de partir pour la Floride. "Il y aura une forte croissance dans le pays", a ajouté le président des États-Unis.
Plus tôt, les échanges sur le marché boursier américain avaient ouvert sur une baisse des principales cotations, qui a baissé de 2,9 à 4,6%.
Les droits de douane de Trump pourraient forcer les entreprises européennes à délocaliser
L’augmentation des droits de douane imposée par Washington sur certains produits européens pourrait inciter des entreprises des pays de l’Union européenne à déplacer leur production aux États-Unis. C’est l’opinion exprimée par l’économiste français Jacques Sapir, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, lors d’un entretien avec un correspondant de TASS.
"Le véritable problème pour l’UE, c’est en particulier pour l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas, que leur industrie souffre déjà fortement de l’augmentation des prix de l’énergie. Aux États-Unis, le coût de l’énergie est bien plus bas. Les droits de douane que le président américain Donald Trump vient de décider pourraient être la goutte d’eau qui pousse certains industriels européens à déménager aux États-Unis", estime Jacques Sapir.
Selon lui, "les secteurs qui pourraient être concernés par ces délocalisations incluent l’industrie automobile allemande, ainsi que des entreprises de la chimie et de la métallurgie".
L’expert considère que les mesures de rétorsion de l’UE "ne pourront réellement nuire aux États-Unis que si Bruxelles parvient à substituer les produits américains par ceux d’autres pays." Toutefois, il juge que "la réponse de l’Union européenne pourrait bien ne pas suffire".
Évoquant une hausse éventuelle des prix en Europe en raison des droits de douane américains, Jacques Sapir a souligné que l’augmentation du coût des marchandises dans l’UE resterait limitée.
L’économiste estime que ces nouveaux droits de douane pourraient bénéficier à l’économie américaine, mais seulement s’ils restent en vigueur pendant une période prolongée, soit environ deux à trois ans. "Si ces mesures ne sont pas annulées dans l’année, le commerce mondial diminuera, tandis que la production et le PIB des États-Unis connaîtront une croissance significative", a-t-il déclaré.
Le Canada imposera des droits de douane de 25% sur les voitures importées des États-Unis
Les autorités canadiennes imposent des droits de douane de 25% sur toutes les voitures importées des États-Unis qui ne sont pas couvertes par l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM). C'est ce qu'a déclaré le premier ministre Mark Carney.
"Aujourd'hui, j'annonce que le gouvernement du Canada répliquera à ces [taxes américaines] de la même manière que les États-Unis et imposera des droits de douane de 25% sur tous les véhicules importés des États-Unis qui ne sont pas conformes à l'ACEUM", a déclaré M. Carney. Il a précisé que les mesures de rétorsion canadiennes ne toucheront pas les fournitures de pièces détachées en provenance des États-Unis, ni les voitures en provenance du Mexique.
Selon le premier ministre, Ottawa prévoit d'utiliser les montants récoltés (environ 5,2 milliards d’euros) pour soutenir le secteur automobile canadien. "Chaque dollar récolté, environ 8 milliards de dollars [canadiens], ira directement à nos travailleurs de l’automobile et aux entreprises touchées par ces droits de douane", a-t-il promis.
Les mesures annoncées, a déclaré M. Carney, resteront en vigueur tant que les États-Unis n'annuleront pas leurs taxes sur les voitures canadiennes. Le premier ministre a ajouté qu'Ottawa réagirait immédiatement si Washington décidait d'imposer de nouveaux droits de douane à l'égard du Canada.
Macron qualifie de "brutale et infondée" la décision de Trump sur les droits de douane
Le président français, Emmanuel Macron, qualifie de "brutale et infondée" la décision des États-Unis d'imposer des droits de douane élevés sur les produits européens.
"C’est un choc pour le commerce international", a-t-il fustigé lors d'une réunion à l'Élysée avec les représentants de filières exportatrices et du patronat français. "On ne corrige pas des déficits commerciaux en mettant des tarifs", a souligné le chef d'État français, tout en estimant que ces droits de douane étaient "des mesures d'une extrême gravité pour l'économie européenne".
Selon le président français, l'imposition de droits de douane aura un impact négatif sur les États-Unis eux-mêmes. "Une chose est sûre, avec les décisions de cette nuit, l'économie américaine et les Américains, qu'il s'agisse des entreprises ou des citoyens, sortiront plus faibles qu'hier, et plus pauvres", a-t-il ajouté.
Emmanuel Macron a par ailleurs demandé aux entreprises françaises de s'abstenir d’investir dans l'économie américaine jusqu’à ce que la situation des droits de douane imposés par les États-Unis soit résolue. "Ce qui est important, c'est […] que les investissements à venir ou annoncés ces dernières semaines soient un temps suspendus tant qu'on n'a pas clarifié les choses avec les États-Unis d'Amérique", a-t-il estimé. En effet "quel serait le message d'avoir des grands acteurs européens qui se mettent à investir des milliards d'euros dans l'économie américaine au moment où ils sont en train de nous 'taper'", a-t-il avancé.
Mercredi 2 avril, le président américain Donald Trump a annoncé des droits de douane massifs sur les importations en provenance de nombreux pays, dont un taux de 20% aux produits de l'UE.
Macron envisage des mesures contre le numérique américain en réponse aux droits de douane
Le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de prendre des mesures contre le secteur numérique américain en réponse à l'augmentation des droits de douane.
"Il ne faut rien exclure à court terme", a-t-il déclaré lors d'une réunion au palais de l'Élysée avec les responsables du gouvernement et des entreprises de premier plan. "L'augmentation des droits de douane, l'activation de diverses contre-mesures, ainsi que d'éventuelles actions dans le secteur numérique, où les États-Unis tirent des bénéfices importants en Europe".
Selon lui, "la réponse de l'Europe à la décision des États-Unis doit être ferme et unie".
Le 2 avril, Donald Trump a annoncé l'introduction de taxes douanières sur les produits en provenance de 185 pays et territoires. Il a précisé qu'il instaurerait un tarif minimal de 10% sur les produits importés. Pour certains pays, des tarifs individuels ont été définis. De plus, à partir du 3 avril, l'administration américaine a instauré un tarif de 25% sur toutes les voitures importées aux États-Unis.
AN