Des exécutions de ce genre, on peu en dénombrer une bonne brochette dans la genèse de la guerre du NoSo.
Dans d'autres régions aussi, c'est devenu le fait divers le plus banal qui soit. Et ce n'est qu'une question de temps avant que le vase n'y déborde aussi un de ces quatre matins.
Alors je vous le demande encore :
Quel peut bien être le contenu de la formation inculquée à des FDS chez nous? Que leur prêche t-on donc pour qu'ils se comportent de la sorte vis-à-vis des populations qu'ils sont sensés protéger ?
Ils appellent cela "des bavures"...
Mais au regard des statistiques de ces "bavures" et des zones de prévalence, on est fondé à faire le malheureux constat de l'instauration de la jungle en République.
Que dis-je. Non c'est pire que la jungle. Parce-que dans la jungle, chacun est sur ses gardes car chacun sait que ça peut venir de n'importe où.
Or ici, on baisse la garde car on croit être en République. Seulement ici, c'est celui-là même dont on vous a dit qu'il est payé par vous pour assurer votre sécurité qui vous abat en plein jour. Pour un oui ou pour un non, un gars dégaine et vous arrache la prunelle de vos yeux et voilà une famille déchirée, une communauté horrifiée.
Quand ce n'est pas un contrôle de police qui vire à l'exécution sommaire, c'est des cas de litiges fonciers qui dégénèrent vite en chasse à l'homme au faciès et au patronyme comme on l'a vu à Essok, une banlieue de Yaoundé, où le temps semble s'être arrêté.
Tout se passe comme si d'aucuns s'étaient passés le mot. Des gens se fondant sur l'autorité tribale vous dénient vos droits citoyens et civiques en vous crachant sur le visage, "va te plaindre où tu veux".
Ici, des individus ont inventé leurs propres lois, leurs propres républiques dans la République. En somme, de véritables sécessionnistes en actes qui crient pourtant au sécessionnisme plus que tout le monde.
Personne n'a encore été tué là bas. Car les FDS n'y ont pas la gâchette aussi légère. Quand bien même des machettes seraient brandies, des locaux administratifs incendiés, des routes barrées et des ponts cassés.
Se taire ne signifie pas qu'on est aveugle.
En clair,
Le NoSo, l'exécution de cette enfant, ne sont que la partie visible du monstre entretenu par une certaine racaille villageoise, ennemie déclarée de la République, qui n'a rien compris du sens et de l'essence de l'Etat-Nation. Du caractère sacré des droits de l'homme qui securiseraient tout le monde, que l'on soit riche ou pauvre.
Toutefois, à mesure que cette jungle s'installe, je crains qu'à terme, l'instinct de survie aidant, personne n'ait le monopole de la terreur le jour où s'embraseront ces petites étincelles que certains esprits diaboliques allument de parts et d'autres dans ce pays.
Alors que l'on nous dise une bonne fois pour toute: devons-nous toujours poursuivre ENSEMBLE le projet d'élévation de l'État-Nation ou faut-il que chacun tire toutes les leçons qui s'imposent et rentre dans sa part de brousse tribale pour en faire une républiquette du Gro-Magnon ? Ça urge!
Ce régime est ce qu'il est arrivé de pire à ce pays depuis qu'il existe. Le jour où le "Renouveau" disparaîtra, la guerre du NoSo s'estompera. Le tribalisme aussi. Pour céder la place à l'État de droit.
Et ça, tout le monde le sait.
Envole toi petite colombe. Loin, très loin d'ici.
Alice Sadio
Une citoyenne meurtrie...