Il est question d’outiller les femmes conseillers municipaux à assumer le rôle qui est le leur dans l’exécutif municipal pour améliorer leurs conditions sociales. D’où le renforcement de leurs capacités en vue de mieux défendre les intérêts non seulement de la femme mais également de la jeune fille. De nombreuses conférences qui ont suivi la décennie de la femme tant au niveau international que régional, il ressort que les femmes jouent un rôle social, économique et culturel d’une grande importance. Malgré les recommandations et résolutions à l’issue de ces rencontres, force est de constater que les besoins, les intérêts des femmes sont encore trop souvent ignorés à tous les niveaux de planification des politiques et programmes mis en place, en vue d’une participation plus équitables des deux sexes au développement. Pour Come Zoa Mbida inspecteurs des services n°1 au Minproff, « les plans de développement communaux ont un impact significatif sur la vie des populations surtout les femmes. A ce titre, les femmes conseillères municipales doivent veiller à ce que les projets retenus dans ce cadre là soient matures et susceptibles d’améliorer leurs conditions de vie. Que dans la priorisation de ces différents projets, qu’elles puissent veiller dans la prise en compte de l’aspect genre ». Dans un dispositif participatif afin de mieux renforcer les capacités des uns et des autres, les cas pratiques ont été axés sur le genre et le développement, sur la budgétisation sensible au genre et enfin sur l’élaboration des indicateurs genre sensibles au niveau des communes. Un moment fort édifiant pour Merry Padimatou conseillère municipale à la commune d’arrondissement d’Ebolowa 1 er. Pour elle, « c’est éveil de conscience afin de savoir le rôle premier des femmes dans un exécutif communal. Car, plus les problèmes des femmes sont pris en compte dans un exécutif, plus encore les familles sont paisibles et rayonnantes. Il est donc question de souligner à grand trait ici, l’équité du genre qui s’exprime dans le contrôle des ressources, la responsabilité et la prise de décision. C'est-à-dire permettre aux hommes et femmes de jouir des mêmes opportunités, droits et obligations dans toutes les sphères de la vie quotidienne. Permettre aux femmes et aux hommes d’avoir un accès égalitaire à l’éducation, d’acquérir une indépendance financière, de partager les responsabilités familiales ». Au terme des travaux, il a été dit que l’approche genre est, un concept sociologique qui analyse les rapports sociaux entre les femmes et les hommes et leur caractère inégalitaire. Un objet politique pour réaliser les droits humains. De ce qui précède dans les caractéristiques de l’approche genre, les femmes forment un groupe désavantagé par rapport aux hommes, en terme de bien-être, d’accès au contrôle des moyens de production, de pouvoir et de prise de décision, ainsi que des avantages qui en découlent. Les femmes et les hommes ont des besoins différents et spécifiques, compte tenu des rôles naturels et responsabilités socioculturelles. Pour Benjamin Yene délégué régional du Minproff, « la promotion du genre est une affaire de tous, les hommes doivent donc être impliqués à la promotion active de l’égalité des sexes de plusieurs façons à savoir, le partage des tâches domestiques et des responsabilités dans l’éducation des enfants, le partage des ressources et du revenu familial. La contestation en milieu de travail lorsque certaines décisions ou attributions de responsabilités ne semblent pas égales. Ainsi, cet atelier s’inscrit dans la continuité des actions de la responsabilité des femmes au niveau des interventions en faveur du développement local. Il a été question pour les femmes d’avoir une idée claire sur les indicateurs de suivi de la prise en compte du genre dans nos communes. Il faudra dorénavant que dans le budget qu’on soit en même de dire qu’est ce qui va en direction de la jeune fille, de la femme spécifiquement, qu’on ait une vision claire sur l’élaboration de ces indicateurs ». Quant à François Awounken représentant national de Cuso international, c’est une contribution à l’outillage des maires à travers le suivi des indicateurs de l’égalité et de l’inclusion. Parce que mieux outillé, on peut évaluer le budget mis pour la cause de la femme, de la jeune fille à partir de la planification.
Jacques Pierre SEH
Interview
Handjou Anne-Chantal
« Ainsi, les communes doivent pouvoir être fortes car, un développement qui part du bas va fortement influencer partout parce que, les communes sont supposées être proches des communautés »
Travailleuse sociale, conseiller technique n°2 au ministère de la promotion de la femme et de la famille (Minproff), spécialiste des problèmes du genre. Avec l’Ong canadienne Cuso international, il a été question d’outiller les maires au suivi des indicateurs de l’égalité et de l’inclusion. Elle pense qu’il est possible que les problèmes du genre trouvent une issue favorable pour que la femme deviennent autonome dans un esprit de complémentarité et de participer mieux à l’épanouissement de la famille, de la communauté bref de la société.

Comment peut-on mieux prendre en compte les problèmes du genre dans notre société ?
Parlant de ces problèmes des indicateurs communaux du genre sensibles, c’est un accompagnement que le Minproff apporte à son partenaire Cuso international qui donne des outils à ce conseil communal proche des communautés. Il est question de comprendre qu’il faut prendre en compte, le genre dans tout ce qu’il fait. Quand je dis genre, je fais allusion à la fille, à la femme en ce qui concerne l’éducation, la santé, la protection contre les violences, l’accès à l’eau, à l’hygiène bref, pour toutes les questions de développement. Les maires, les élues doivent être au courant pour toutes les discriminations vécues par les femmes au sein de leurs communautés, leurs communes pour pouvoir organiser la lutte. Qu’elles soient à lèse pour pouvoir participer au prorata de tout le potentiel qu’elles ont.
Les problèmes de genre peuvent ils trouver une solution dans une société au fort pouvoir traditionnel dominant et où les hommes ne cèdent pas ?
C’est bien possible dès que l’homme comprend qu’il n’est pas en concurrence avec la femme, qu’il comprend que la femme ne veut pas sa place par exemple, ce n’est pas de ça qu’il est question. Par exemple dans un ménage il faut comprendre qu’il y’a l’homme, il y’a la femme que lorsque les deux participent à 2 ou 3 petites choses, ça pèse moins à l’homme. Quand l’homme travaille seul dans un ménage, il s’occupe de tout ce qui devient extrêmement lourd quel que soit son niveau de revenus. Mais lorsque la femme sort aussi, la pression est allégée la femme peut aider même pour achet du gaz à la maison par exemple. Il est question pour l’homme de comprendre que la femme est une partenaire naturelle parce que voulu par le bon Dieu. Ce sont des êtres complémentaires, c’est dans cet esprit que l’on peut construire une meilleure famille, une meilleure communauté bref, une meilleure société.
Dans ce contexte où les femmes sont sous-utilisées, comment faire pour qu’elles prennent conscience et qu’elles puissent agir ?
Pour que les femmes soient fortes, il faudra que chaque commune soit en même de pouvoir identifier les problèmes des femmes en ce moment où on parle de la décentralisation, être en même d’évaluer l’implication des femmes dans les activités. Savoir avec le budget quel est la part à réserver aux activités féminines des jeunes filles par exemple, aux formations pour que chaque fille soit autonome et puisse participer à la vie du ménage. Ainsi, les communes doivent pouvoir être fortes car, un développement qui part du bas va fortement influencer partout parce que, les communes sont supposées être proches des communautés. Que les maires puissent s’organiser dans chaque domaine du développement qui implique directement les populations.
Propos recueillis par
Jacques Pierre SEH