« Il est toujours important de gagner le premier match dans une compétition. Cela permet de garder toutes ses chances pour la suite. Quand on perd, c’est souvent difficile » confiait Enow Ngachu, l’ancien sélectionneur des Lionnes Indomptables du Cameroun, quelques heures avant le début de la rencontre qui opposait le Cameroun au Canada à Montpellier. La sélection féminine camerounaise a manqué son match d’entrée dans ce tournoi auquel elle participe pour la deuxième fois. La capitaine Christine Manie et sa bande n’avaient presque rien montré face aux canadiennes, si ce n’était que défendre comme des crève-la-faim. Une tactique mise en place par le sélectionneur Alain Djeumfa pour contenir le Canada et espérer obtenir le point du match nul. « Nous sommes contents car les filles ont respecté ce que l'on voulait faire sur le plan tactique. Elles ont mis en difficulté le Canada qui n'avait pas de solutions, s’est félicité le coach avant d’affirmer. Sans ce but, on aurait obtenu le nul. On avait prévu de fermer le jeu, On a joué avec une défense renforcée, on a misé sur la vitesse, mais on a manqué de lucidité et d'efficacité». Une sortie d’Alain Djeumfa qui n’était pas du goût de plusieurs observateurs du football qui ont critiqué l’option prise par le sélectionneur camerounais de ne pas faire le jeu. En réalité, avait-il le choix de procéder autrement ? Le Canada qui se présentait face à lui est un favori pour la victoire finale et cette sélection est classée à la 5e place au ranking de la Fifa.
Petit poucet du groupe E, le Cameroun, 46e mondial, ne peut regarder droit dans les yeux ses adversaires de sa poule qui figurent dans le top 20 du classement Fifa. Ceci pour plusieurs raisons évidentes. Nos joueuses sont pour la plupart peu compétitives parce qu’évoluant dans des championnats peu relevés, pour celles qui ont la chance d’être en club. Il est également difficile de dégager quatre Lionnes qui peuvent justifier de 30 matches dans les jambes, au terme d’une saison. La sélection camerounaise est la 3e équipe la plus âgée du tournoi avec une moyenne d’âge de 28 ans et un mois. Seuls les Etats-Unis (29 ans) et le Brésil (28 ans et 5 mois) ont fait mieux. La politique du football féminin est quasi-inexistante au Cameroun pour préparer la relève. Le championnat féminin est l’arrêt depuis presque trois mois, alors qu’on en était qu’à la sixième journée. La ligue spécialisée du football féminin longtemps annoncée gît dans les tiroirs à la fécafoot. Ainsi on ne peut opérer des miracles, tout le temps. Même si on peut reconnaitre que cette sélection nationale a bénéficié d’une longue période de préparation, on peut tout de même s’interroger sur la qualité de cette préparation. Alors que nos adversaires ont chauffé leur batterie face aux grandes nations, le Cameroun, outre le match contre l’Espagne, s’est contenté des matches de petits niveaux face aux clubs de seconde zone. On doit reconnaitre à la vérité que les Lionnes Indomptables se cherchent dans ce mondial. Son huitième de finale accroché lors de la précédente édition de cette coupe du monde était l’arbre qui cachait la forêt. Le sélectionneur Alain Djeumfa n’avait guère de choix que de jouer petit bras face au Canada. Il en sera certainement de même face aux Pays-Bas samedi prochain, à l’occasion de la 2e journée.
Saint-Fabien Mvogo recalé au Cameroun
Lorsque les moyens pour rivaliser sont limités, la tactique est donc une solution pour éviter le ridicule. Cependant un autre aspect a été négligé dans l’encadrement technique des Lionnes Indomptables. Face aux moyens limités sur le plan sportif, force est de reconnaitre que l’aspect psychologique parait être d’une importance capitale, surtout lorsqu’il s’agit du football féminin. Sur les 24 équipes présentes à cette 8e édition de la coupe du monde, le Cameroun est la seule nation qui n’a pas daigné amener un préparateur psychologique pour l’encadrement des joueuses. Longtemps annoncé dans la tanière des Lionnes Indomptables pour booster leur moral, Saint-Fabien Mvogo, membre du comité exécutif de la fécafoot, qui avait aussi été sollicité par Alain Djeumfa n’a finalement pas effectué le déplacement pour la France. On se souvient de son apport dans le sacre des Lions Indomptables au Gabon lors de la CAN 2017.
Le président d’Eding Sport de la Lékié aurait été barré par la mafia qui sévit à Tsinga. Le président Seidou Mbombo Njoya qui avait déjà marqué son accord pour la présence de Saint-Fabien Mvogo dans la tanière s’est rebiffé. Satisfaisant ainsi la volonté de ses « lieutenants » qui ne voyaient pas d’un bon œil la présence du « Buffle de Ngoya » en France. Embrigadé par ses soutiens de la première heure, le fils du sultan roi des Bamouns, peinerait toujours à se décider, surtout lorsqu’il s’agit d’une personnalité dont on attribue son vote à son principal challenger au dernier scrutin à la fédération. Céline Eko et Ballock John dont on consacre une influence sur le président de la fécafoot agirait en dernier recours et leurs avis seraient décisifs sur les dossiers qui arrivent sur la table de Seidou Mbombo Njoya.
Léger Tientcheu
Pourquoi ça sera difficile pour Alain Djeumfa et les Lionnes Indomptables
En perdant lundi dernier face au Canada (0-1), les Lionnes Indomptables du Cameroun ont compromis leur chance de qualification pour le second tour.