Il faut comprendre par commerce équitable, ce mode de partenariat certes commercial mais surtout porteur de valeurs humaines, qui remet l’homme au cœur des échanges. C’est un dialogue bienveillant entre le nord et le sud et de façon générale entre les acheteurs et les producteurs. La transparence dans les échanges, dans la fixation du prix d’achat des produits sont le vœu recherché. Ainsi, dans le cadre du jumelage Cra d’Ebolowa- lycée Nantes terre Atlantique de France, les deux établissements de formation professionnelle agricoles ont optés de travailler dans un commerce juste dit équitable. Cette vision de choses sera implémentée avec la mise en place d’une unité pédagogique de transformation des fèves de cacao en chocolat et autres dérivés. Pour Florent Dionizy chargé de l’éducation et du développement durable représentant la partie française, « il faut voir le commerce équitable comme un commerce social, humain où la notion du profit est bannie. C’est un commerce transparent et responsable dans les relations, qui admet l’équité dans le genre. Les conditions de travail sont assouplies, qui respecte les normes de commerce et où on paie un prix juste ». Le produit de lancement ici est le cacao, d’autres comme le café, le thé, tous les fruits secs, les légumes et les produits de l’artisanat pourront suivre. Pour un citoyen de la ville d’Ebolowa, à quoi peut s’attendre Ebolowa en intégrant ce réseau de commerce équitable. D’abord selon Olivier Ntonga chargé de la coopération à la communauté urbaine d’Ebolowa, « c’est d’abord son rayonnement sur le plan national qu’international. L’élargissement du marché que les acteurs pourront capitaliser en augmentant leurs revenus. Le but visé étant, la création des emplois durables et l’amélioration de la balance commerciale. C’est aussi un honneur d’adhérer à la dynamique, en s’inscrivant à ce réseau international des villes labélisées territoire du commerce équitable. Ainsi, avec « keka wongan » en langue locale notre cacao, ce qui confère à notre made in Ebolowa une assurance dans la démarche ». Ce qui passe par l’acceptation à tous, de la charte qui devra régir le fonctionnement entre les membres du réseau. Entre autres selon André Yves Bongo membre du comité de pilotage à la communauté urbaine d’Ebolowa, évoque quelques critères à savoir, « être ceux qui protègent la biodiversité, qui œuvrent pour l’assainissement du milieu de vie et le cadre de travail. Contribue à la cohésion sociale pour exprimer un élan de solidarité. Le travail des enfants est à proscrire et surtout, les produits made in Ebolowa devront plus utiliser les matériaux locaux, et accorde une place de choix aux femmes. Bref, doit porter les valeurs, comme le respect de l’environnement, les droits des enfants et des producteurs surtout met un accent sur la qualité du produit ». Ainsi, pour Guy Roger Zo’olouman délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine d’Ebolowa, le patron de la ville, « heureux ce jour pour la ville d’Ebolowa. J’ai appris, félicitation à l’équipe qui a travaillé sur le label made in Ebolowa, il y’a quelque chose d’importante dans la production. C’est une ouverture d’énormes potentialités et possibilités pour tous les producteurs de la ville et de la région du Sud. A travers ce label, nous ferons la promotion de la destination Ebolowa, veillerons au respect des valeurs d’équitabilité, à procurer du travail et à assurer la transformation locale à travers les variétés qui sont retenues ». Pour Antoine Mbida directeur du collège régional d’agriculture d’Ebolowa, « avec le commerce équitable, il est question de réduire le coût de transaction par l’élagage de certains intermédiaires qui alourdissent la chaîne. L’idée pédagogique étant que les apprenants soient capables de comprendre les concepts du développement durable et du commerce équitable. De raisonner à l’adaptation de la production du cacao pour répondre aux standards du commerce équitable. De mobiliser les connaissances pour la construction d’une filière de cacao équitable. Bref, ils seront les acteurs d’accompagnement du monde rural capables de suivre les structures à la valorisation du cacao dit équitable ». En guise de reconnaissance aux pionniers, des trophées ont été remis aux acteurs de la première heure.
Jacques Pierre SEH