Le cacao est l’une des plus importantes sources de devises, il compte pour près de 15% des revenus d’exportation au Cameroun et représente près de 2.1% du produit intérieur brut. Il constitue la principale source de revenus pour 500 à 600.000 familles concentrées dans les zones rurales, avec une superficie d’environ 500.000 hectares de plantations et confère ainsi au Cameroun, la 5 ème place mondiale. Mais sa production est stagnante et reste depuis plusieurs années autour de 270.000 tonnes annuelles. Mais, l’état actuel du mythique champ semencier de Nkoemvone créé en 1959 grâce à la coopération belge confirme l’histoire de la cacao-culture au Cameroun.
L’état actuel de ces champs selon Jean Claude Eko’o Afouafan directeur général de la Sodecao depuis août 2018, « une évaluation faite de la situation de la cacao-culture impose le cadrage des actions à mener en vu d’une relance de la filière. La baisse de l’offre en matériel végétal à cause de l’abandon des champs semenciers, les ressources humaines inadaptées et démotivées, délabrement des bâtiments. Sans oublier l’insatisfaction des producteurs pour l’accompagnement de la Sodecao et les acheteurs pour la qualité des fèves. Il y’ a également l’enclavement des bassins de production, des rendements bas ».
Ce constat est l’élément déclencheur du processus d’élaboration d’un plan stratégique d’où l’atelier d’Ebolowa qui vise à fixer le cap en vu d’un nouveau départ pour une place stratégique suite à la validation par les experts et acteurs de la filière cacao. Le plan qui devra servir à relever le défi de devenir un acteur majeur du système de promotion et du développement de la filière, du matériel végétal et de la structuration des producteurs. Au désenclavement des bassins de production et à l’amélioration de la qualité. Pour le Dg de la Sodecao, « il s’agit d’une feuille de route pour les 08 prochaines années. D’enrichir la cartographie des activités proposées et d’évaluer les coûts y afférents ».
C’est une occasion idoine de finalisation et validation du plan stratégique du top management de la structure dirigeante. Pour Félix Nguelé Nguelé gouverneur de la région du Sud, « le cacao est ancré dans la culture des populations de la région. La cacao-culture nourrit de nombreuses familles, une source importante de revenus pour le producteur et pour l’état, une source importante de devises. C’est donc un levier important pour l’amélioration des conditions de vie des populations, le développement local et le développement du pays en général. Cette filière connait alors d’importantes difficultés depuis un temps entre autres, la baisse du budget alloué à la filière, le vieillissement des plantations et des planteurs. Une faible productivité des exploitations cacaoyères et des revenus des producteurs. Ainsi, ces défis en appellent alors à des réponses ciblées et cohérentes.
D’où l’occasion d’enrichir et de valider le plan stratégique d’action que la Sodecao se propose de réaliser en vu d’améliorer sa contribution à la production nationale du cacao qui oscille autour de 350 kilogrammes à l’hectare pendant qu’ailleurs on tourne autour de 1.000 kilogrammes pour le même hectare ». Une vision qui impose une action appropriée sur l’itinéraire technique de production, de la fermentation et naturellement de la commercialisation. Les attentes étant qu’à l’horizon 2035 qu’il puisse transformer localement au moins 40% de la production nationale. Il faut également savoir que, le secteur agricole est en effet, le 1 er pourvoyeur en emplois. Ainsi, il emploie 70% de la population active et contribue à 30% du produit intérieur et que, 08 régions sur 10 sont impliquées dans la production du cacao.
Jacques Pierre SEH