Les pays d’Afrique centrale ont des richesses énormes qui devraient leur permettre de reconsidérer leur système éducatif en revalorisant la qualité et les conditions d’accès aux enseignements. Loin d’être une réalité, les slogans de professionnalisions et de mobilités introduits dans le vocable des universitaires d’Afrique centrale tarde à prendre corps.
Les universités du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la République centrafricaine et du Tchad ont vu le jour après la disparition de la FESAC (Fondation de l’enseignement supérieur en Afrique centrale) mise en oeuvre par l’Unesco pour la formation des enseignants du secondaire de la région. Après plusieurs décennies, ces universités restent en général marginalisées dans les programmes de développement socioculturel élaborés par les gouvernements qui se sont succédé dans ces régions.
Pourtant, bien de compétences originaires de l’Afrique centrale et bien connues du monde universitaire, sont devenues Français, Britanniques, Canadiens et Américains. Une enquête faite au niveau des compétences de la diaspora de l’Afrique centrale révèle qu’il y a des universitaires bien formés et capables de revenir rehausser le niveau de formation dans leur pays. Pour certains d’ entre eux, l’idée d’un retour est conditionnée par la révision des conditions de travail des universitaires. Une révision qui passe forcément par la revalorisation des salaires, qui d’ après eux ne permettraient pas de mener à bien leurs projets d’enseignements et de recherches. Et cette situation n’encourage pas certaines compétences de rentrer à Ndjaména, Brazzaville, Bangui ou Libreville où ils seront plus nécessiteux que dans les pays du Nord où certains se sont donnés à des petits métiers qui leur donnent le minimum vital malgré la « mise au placard » de leurs diplômes.
Pour ceux qui ont eu le courage de revenir, la reconversion d’universitaire à homme politique ou en administrateur est très vite faite. Résultat: les universités se vident de leurs matières grises, coptées par une administration encore hantée par les directives de l’éducation coloniale, et qui n’offre aucune perspective vers une université innovante, aux services du développement.
Revaloriser l’université en Afrique centrale Des pays comme le Cameroun et la Guinée Equatoriale devraient profiter de leur quiétude sociale et de l’ingéniosité de leurs jeunesses pour revaloriser leurs universités par rapport aux autres encore secouées par des guerres civiles et des conflits post-électoraux. Mal rémunérés et travaillant dans des conditions aléatoires, les enseignants de ces pays, en attente des directives administratives, ont eu du mal à s’extérioriser et à s’arrimer aux nouvelles donnes de l’enseignement et de la vision universitaire.
Les bibliothèques universitaires sont absentes et ne sont pas mises à jour quand elles existent comme au Congo-Brazzaville et au Cameroun.