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La gare routière d?Abong-Mbang se meurt

Les transporteurs pointent du doigt la concurrence déloyale qui leur est imposée par les opérateurs clandestins.

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La gare routière municipale d’Abong-Mbang, chef-lieu du département du Haut-Nyong à l’Est est en arrêt d’activités. A longueur de journée, les chauffeurs et les chargeurs dorment carrément dans leurs voitures. Il n’y a plus de passagers pour les destinations de Bertoua ou de Yaoundé. Les rares passagers visibles et prêts à payer un ticket de voyage sont ceux en destination de Mindourou et Lomié, localités situées dans la partie sud du département. «Il est maintenant 14 heures mais je vous rappelle que je suis ici depuis 6heures du matin et on n’arrive pas à décoller pour Bertoua», s’indigne Dieudonné Nkeng, l’un des rares habitants d’Abong-Mbang qui malgré la chute des activités à la gare routière communale accepte encore venir prendre le car dans cette gare routière car «je ne peux pas prendre les petits cars qui font le clando sur l’axe central à cause de leur amateurisme et les surcharges», dénonce-t-il en soutenant que les chauffeurs clandestins (clandos) parviennent à mettre huit personnes dans une voiture de cinq places.



Du côté des tenanciers des bars et des restaurants alentours de la gare routière, la faillite est réelle. «Il n’y a plus de clients à cause du dernier carrefour, on ne vend rien et on ne parvient plus à payer ni le loyer ni l’impôt», explique Aubian Tella, tenancier d’un bar. Pendant ce temps, une vendeuse de nourriture dans un restaurant, commence à remballer ses affaires. Elle est n’a pas eu d’autres choix que de mettre fin à son commerce. Tout comme Gaston Sango, un call boxeur qui déclare que «c’est la mort total ici, se sont les voyageurs qui nous faisaient la recette.»



A l’origine de cette situation qui provoque déjà la tension sociale à Abong-Mbang, la création d’une gare routière dite illégale à la sortir de la ville au lieu-dit dernier carrefour par des propriétaires des petits cars encore appelés «clandos», profitant du bitumage de la route Ayos-Bonis pour vite rallier Abong-Mbang-Bertoua, et parfois Atok et Yaoundé. Une situation décriée par le collectif des transporteurs d’Abong-Mbang qui se dit être victime d’une « injustice » soutenue par les autorités administratives des départements du Haut-Nyong et du Lom et Djerem.



Déjà en date du 12 mai 2015, le collectif des transporteurs de la ville d’Abong-Mbang avait écrit au gouverneur de la région de l’Est pour dénoncer leurs souffrances dues au transfert illégal de la gare routière au quartier Mokolo. «Depuis 3 ans, nous sommes victimes de la concurrence déloyale faite par les taxis clandos au niveau du dernier carrefour. Depuis, nous avons adressé plusieurs correspondances aux autorités du Haut-Nyong et du Lom et Djerem pour qu’ils obligent ces clandos à regagner la gare routière municipale mais il n’y a jamais eu de suite. Aujourd’hui nous sommes en faillite et plus de 1000 personnes sont affectées par cette situation», regrette Alexis Mbida, chef d’agence d’Abong-Mbang Express, l’un des signataires de la correspondance. Alexis Mbida soutient par ailleurs qu’une idée de grève générale avait été initiée mais l’annonce de la construction d’un débarcadère a baissé la tension. «Le débarcadère devait être une solution pour tous nos problèmes puisque tous ceux qui opèrent à la gare routière devraient regagner ce débarcadère et l’économie de la ville devrait connaître un boom.»



Sébastian Chi Elvido, à Abong-Mbang

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