C’est un honneur redoutable qu’une pareille taÌ‚che me soit confieÌe. C’est l’amour de mon pays, et une foi ineÌbranlable en la Justice et en la grandeur de la cause que je viens deÌfendre, qui m’aident aÌ€ en supporter le poids.
Mesdames et Messieurs les jureÌs, voyez en moi, un fils du pays et eÌcoutez ce que j’ai aÌ€ dire. Mes paroles viennent du cœur.
L’Avocat qui se preÌsente aÌ€ vous, a fait son stage aÌ€ la DST et aÌ€ la MACA. J’ai eÌteÌ inculpeÌ sous les meÌ‚mes chefs d’inculpations que ceux qui sont aujourd’hui reprocheÌs aÌ€ ma Cliente.
Mais en reÌaliteÌ, mon crime a eÌteÌ d’eÌ‚tre l’Avocat de la PremieÌ€re Dame Simone GBAGBO. Mon crime a eÌteÌ, par devoir et conscience professionnelle, de rentrer de mon lieu d’exil, au risque de ma vie, pour accomplir ma profession d’Avocat.
J’ai, par chance, et graÌ‚ce aÌ€ la mobilisation du Barreau et de la famille judiciaire, beÌneÌficieÌ d’un non-lieu car je n’ai effectivement rien fait de ce pour quoi j’eÌtais accuseÌ.
Mais j’aurais pu eÌ‚tre le 84eÌ€me accuseÌ, et eÌ‚tre assis aux coÌ‚teÌs de ma cliente, mais cette fois comme co-accuseÌ. Je vous explique cela car ma famille, comme bon nombre de familles ivoiriennes, a connu l’exil.
Je vous explique cela car vous ne pouvez-vous imaginer le prix que mes ConfreÌ€res ici preÌsent et moi-meÌ‚me avons payeÌ pour simplement assurer la deÌfense des accuseÌs.
Nous avons perdu bon nombre de clients qui avaient peur de repreÌsailles rien que du fait d’avoir le meÌ‚me Avocat que Madame Simone GBAGBO ou ses co-accuseÌs.
Certains ont meÌ‚me vu leur Cabinet attaqueÌ. Nous avons duÌ‚ deÌfendre les accuseÌs, depuis 2011, sans percevoir de quelconques honoraires de leur part, dans la mesure ouÌ€ ils avaient eux- meÌ‚mes leurs comptes geleÌs.
Nous avons duÌ‚ engager des frais pour aller les voir aÌ€ OdienneÌ, aÌ€ Bouna, aÌ€ Katiola, aÌ€ Boundiali, aÌ€ Korhogo, aÌ€ Man, aÌ€ SeÌgueÌla, dans des conditions de seÌcuriteÌ preÌcaires.
Beaucoup de personnes nous trouvaient fous d’entreprendre ces voyages dangereux. Il nous est arriveÌ plus d’une fois parcourir en voiture toute la CoÌ‚te d’Ivoire, souvent aÌ€ plus de 800 kilomeÌ€tres, pour finalement nous voir empeÌ‚cher de rencontrer nos clients. Juste parce que le Com zone de la ville n’eÌtait pas de bonne humeur…et que sa deÌcision eÌtait supeÌrieure aÌ€ celle de la Justice, aÌ€ la loi, heÌlas. Cela, nous l’avons fait par conscience professionnelle, mais aussi par amour de notre pays.
Ce proceÌ€s, Mesdames, Messieurs les JureÌs ne peut et ne doit donc eÌ‚tre assimileÌ aÌ€ aucun de ceux que peuvent habituellement connaiÌ‚tre nos Tribunaux et Cours.
Il ne s’agit pas ici d’un proceÌ€s de droit commun. Il ne s’agit meÌ‚me pas du proceÌ€s de ces accuseÌs regroupeÌs ici. Il s’agit ici d’un proceÌ€s politique. C’est le proceÌ€s de la politique eÌtrangeÌ€re française, telle qu’elle a eÌteÌ meneÌe par certains de ses dirigeants. Il s’agit ici du proceÌ€s du neÌocolonialisme français qui pratique l’ingeÌrence dans la politique nationale de ses anciennes colonies ;
Qui impose aÌ€ la teÌ‚te de nos Etats qui ils veulent, en fonction de leurs inteÌreÌ‚ts eÌconomiques, financiers, politiques.
Ce proceÌ€s est, si l’on peut dire, pratiquement souhaitable. Car il nous permet de poser devant l’opinion publique nationale et internationale, le probleÌ€me si douloureux de la relation de l’Etat français avec ses anciennes colonies.
En eÌlargissant les limites de ce deÌbat, sans les deÌborder toutefois, je vous demande de consideÌrer qu’elles n’ont pas pour seul but la recherche de la culpabiliteÌ de ces accuseÌs ;
Non, Mesdames et Messieurs les JureÌs, ce proceÌ€s a une porteÌe plus grande. Il porte en reÌaliteÌ sur le respect de la souveraineteÌ des pays africains ; sur le respect des institutions dont les Etats africains se sont doteÌs. Les accuseÌs disparaissent ainsi derrieÌ€re cette grande fresque, ce proceÌ€s les deÌpasse.
De quoi s’agit-il aÌ€ la base ?
D’un contentieux eÌlectoral qui aboutira aÌ€ la mort de milliers d’ivoiriens et au pieÌtinement de notre Constitution. Comme si les vies briseÌes depuis 2002 n’eÌtaient pas suffisantes.
Aujourd’hui, dans cette salle, il n’y a ni avocats, ni magistrats, ni jureÌs. Aujourd’hui, nous sommes entre nous, entre compatriotes astreints aÌ€ un devoir de veÌriteÌ pour nous meÌ‚me, pour nos enfants et pour les geÌneÌrations aÌ€ venir. Le Monde nous regarde. Le Monde entier nous regarde. Mais surtout, nos enfants nous regardent, nos petits-enfants nous regardent, nos heÌritiers nous regardent et ils nous jugeront.
Il s’agit d’un proceÌ€s historique dans lequel nous sommes tous acteurs. Si malgreÌ les efforts que je veux faire sur moi-meÌ‚me, mes observations vous paraissent empreintes de consternation, je vous prie d’ores et deÌjaÌ€ de m’en excuser.
C’est que la question de la souveraineteÌ de la CoÌ‚te d’Ivoire me tient veÌritablement aÌ€ cœur et me semble primordiale. C’est que Madame la PremieÌ€re Dame Simone GBAGBO n’est pas un personnage anodin. Son parcours devrait eÌ‚tre un exemple pour toutes les ivoiriennes, et pour tous les ivoiriens.
Laissez-moi vous parler de cette grande Dame dont la place n’est certainement pas ici.
PRESENTATION DE SIMONE GBAGBO ET DE SON COMBAT
Issue d’une famille de 18 enfants, Simone EHIVET GBAGBO est neÌe en 1949 sous l’empire colonial français. DeuxieÌ€me de sa fratrie, elle sera comme une meÌ€re pour ses 16 petits freÌ€res et sœurs.
NeÌe d’un peÌ€re gendarme, elle a veÌcu aÌ€ Dakar, puis a parcouru la CoÌ‚te d’Ivoire au greÌ des affectations de son peÌ€re dans les villes de BouakeÌ, BeÌoumi, Sinfra avant de revenir sur Abidjan.
Titulaire d’un CAPES de lettres modernes, elle a soutenu une theÌ€se de 3eÌ€me cycle en litteÌrature orale ivoirienne. Elle a enseigneÌ au LyceÌe classique d’Abidjan, puis aÌ€ l’UniversiteÌ de Cocody, pour ensuite se consacrer aÌ€ la recherche sur les traditions orales ivoiriennes et les langues ivoiriennes ; Ce qui lui permettra aÌ€ nouveau de parcourir la CoÌ‚te d’Ivoire et de la connaiÌ‚tre de l’inteÌrieur.
Son engagement politique tient sa source :
De sa formation de chreÌtienne dans sa famille, puis dans la Jeunesse Etudiante Catholique (JEC). Elle y a acquis les valeurs de Justice, d’eÌquiteÌ, d’inteÌgriteÌ, et de compassion ;
De son militantisme dans les organisations de jeunesse, puis syndicales et politiques. Elle y a appris aÌ€ connaiÌ‚tre l’importance de la deÌmocratie, de la souveraineteÌ nationale, du multipartisme, des droits des femmes, des enfants, du citoyen, la primauteÌ de la nation ;
De ses eÌtudes et recherches sur la Tradition Orale et la linguistique qui l’ont aideÌ aÌ€ connaiÌ‚tre l’aÌ‚me des divers peuples constituant la CoÌ‚te d’Ivoire, aÌ€ les aimer, aÌ€ connaiÌ‚tre leurs probleÌ€mes de deÌveloppement, de vie quotidienne ;
De son rejet pratiquement visceÌral des injustices dont elle a eÌteÌ teÌmoin ;
Son engagement, elle le tient aussi de son amour sans commune mesure de ce pays qu’elle veut voir devenir reÌellement maiÌ‚tre de son destin.
De toutes ses connaissances et expeÌriences sont neÌes sa volonteÌ profonde de voir une CoÌ‚te d’Ivoire libre, indeÌpendante qui n’ait rien aÌ€ envier aux puissances occidentales.
C’est encore son engagement politique qui l’ameÌ€nera aÌ€ rencontrer un certain Laurent GBAGBO.
Tous deux, jeunes, beaux et ideÌalistes, partagent le meÌ‚me reÌ‚ve, celui de voir la CoÌ‚te d’Ivoire devenir veÌritablement indeÌpendante, moderne et deÌveloppeÌe.
Car comme elle le dit, en 1960, la CoÌ‚te d’Ivoire a eu une « indeÌpendance aux oreilles perceÌes ».
Nous avions quitteÌ le systeÌ€me colonial pour entrer dans le systeÌ€me neÌo-colonial de la françafrique. Or, il n’y a aucune indeÌpendance moneÌtaire avec cette monnaie des Colonies Françaises d’Afrique, communeÌment appeleÌes « Franc CFA » ; Pas d’indeÌpendance militaire avec ces accords de deÌfense qui permettent aÌ€ la France de geÌrer militairement ses anciennes colonies ; Aucune indeÌpendance institutionnelle, aucune indeÌpendance diplomatique ; la crise posteÌlectorale nous le deÌmontrera.
Mais voilaÌ€, quand on parle de souveraineteÌ en Afrique, quand on parle de fierteÌ africaine, on est immeÌdiatement stigmatiseÌ ! On fait peur.
Simone GBAGBO sera deÌ€s lors preÌsenteÌe comme la Dame de Fer, la Dame intransigeante, la «Dame de sang du reÌgime ivoirien» par certains meÌdias occidentaux dont notamment le journal Paris Match qui sera condamneÌ pour les propos diffamatoires eÌvoqueÌs aÌ€ l’encontre de Simone GBAGBO.
Mandela dira lors de son proceÌ€s de Rivonia : « Le non-respect de la digniteÌ humaine dont les Africains sont victimes est le reÌsultat direct de la supreÌmatie des Blancs. La supreÌmatie des Blancs implique l’infeÌrioriteÌ des Noirs ».
50 ans apreÌ€s ces propos qui deÌnonçaient une certaine reÌaliteÌ, qui peut taxer MANDELA d’eÌ‚tre anti-blanc ou raciste ?
Mais quand Madame Simone GBAGBO parle de souveraineteÌ, de liberteÌ des peuples africains, on la qualifie immeÌdiatement de « Dame de Fer » ou de « Dame Sanguinaire » de « patronne des escadrons de la mort ».
En reÌaliteÌ, et cela est bien regrettable, l’homme ou la femme noire intellectuellement libre fait peur. Mandela n’a-t-il pas eÌteÌ pendant longtemps consideÌreÌ comme un terroriste ?! Malcolm X ne faisait-il pas peur au pouvoir ameÌricain ?! LUMUMBA n’eÌtait-il pas craint au point que l’on l’eÌlimina ?! Pourtant toutes ces figures n’eÌtaient animeÌes que d’un profond amour pour leur continent et d’un puissant reÌ‚ve de liberteÌ.
ARRIVEE AU POUVOIR DU PRESIDENT GBAGBO
Avec l’arriveÌe au pouvoir en 2000, du PreÌsident GBAGBO, c’est le combat de toute une vie qui se concreÌtise.
Eux, qui ont vu la CoÌ‚te d’Ivoire passer du statut de colonie aÌ€ celui d’Etat qui n’avait d’indeÌpendant que le nom, reÌ‚vent de pouvoir faire de leur pays un Etat veÌritablement indeÌpendant.
Ils reÌ‚vent d’organiser le multipartisme en CoÌ‚te d’Ivoire. Ils reÌ‚vent de reÌaliser le deÌveloppement eÌquilibreÌ de tout le pays avec la deÌcentralisation ;
Ils reÌ‚vent de reÌaliser l’eÌquipement moderne du pays avec l’eÌlectrification geÌneÌraliseÌe, l’eau courante, l’eÌcole gratuite, l’Assurance Maladie Universelle, l’industrialisation.
Ils pensent pouvoir le faire : Simone EHIVET GBAGBO en participant en qualiteÌ de DeÌputeÌ aÌ€ l’eÌlaboration des lois du pays ; et le PreÌsident Laurent GBAGBO par le biais du pouvoir exeÌcutif.
Mais voilaÌ€, quelqu’un qui se reconnaiÌ‚tra certainement, a deÌcideÌ de rendre ce pays ingouvernable … Bref…
Avançons comme dirait Madame Simone GBAGBO.
TENTATIVE DE COUP D’ETAT DU 19 SEPTEMBRE 2002
Comme vous le savez, la CoÌ‚te d’Ivoire connaiÌ‚tra une tentative de coup d’eÌtat en 2002, et voilaÌ€ le PreÌsident Laurent GBAGBO arriveÌ deÌmocratiquement au pouvoir, 18 mois plus toÌ‚t, contraint par les autoriteÌs françaises aÌ€ partager le pouvoir avec les putschistes.
Pendant 8 ans, les rebelles partageront le pouvoir avec le PreÌsident deÌmocratiquement eÌlu Laurent GBAGBO. Pendant 8 ans, le PreÌsident Laurent GBAGBO sera contraint de ceÌder de plus en plus de terrain aux doleÌances des rebelles.
Lui ne demandait qu’une seule chose: le deÌsarmement pour la reÌunification du pays. Il ne l’obtiendra jamais. C’est dans ces conditions qu’auront lieu les eÌlections preÌsidentielles de 2010 sous la pression de la CommunauteÌ Internationale.
LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES
En ce qui concerne les reÌsultats provisoires, Madame Simone EHIVET GBAGBO, l’a dit lors de son intervention. Ils n’existent pas ! Ne refaisons pas l’histoire ! Tous les protagonistes de cette affaire savent bien qu’apreÌ€s le 1er deÌcembre 2010 aÌ€ minuit, la CEI eÌtait forclose.
Tout le monde sait que la Commission Electorale IndeÌpendante ne s’est jamais reÌunie pour proclamer des reÌsultats. Tout le monde sait que la deÌclaration de Monsieur Youssouf BAKAYOKO tout seul aÌ€ l’hoÌ‚tel du Golf, faite au sieÌ€ge de campagne du candidat Alassane OUATTARA, est scandaleuse aÌ€ plus d’un titre :
Il n’y a jamais eu de proceÌ€s-verbal de deÌlibeÌrations eÌmargeÌ par les membres de la CEI ;
Il n’est ni moral ni leÌgal d’aller proclamer de manieÌ€re solitaire, de preÌtendus reÌsultats au QG d’un candidat ; En France, en 2012, un tel acte poseÌ par le SecreÌtaire GeÌneÌral de l’UMP a failli casser le parti en deux.
Seul le Conseil Constitutionnel proclame vainqueur un candidat aÌ€ l’eÌlection preÌsidentielle, et sa deÌcision s’impose aÌ€ tous aÌ€ l’inteÌrieur comme aÌ€ l’exteÌrieur de la CoÌ‚te d’Ivoire, meÌ‚me aÌ€ l’ONU.
Ne nous meÌprenons pas ! La crise est neÌe uniquement du non-respect de la deÌcision du Conseil Constitutionnel. L’acte de reÌbellion du candidat perdant et de ses allieÌs nationaux et internationaux entraineront un deÌferlement des troupes rebelles rebaptiseÌes FRCI, des milices dozo, et divers mercenaires sur les territoires resteÌs sous controÌ‚le du Gouvernement, semant la mort, la violence, les pillages sur leurs passages.
Au bout du compte, l’Etat français acheÌ€vera ce plan d’agression par le bombardement de la reÌsidence preÌsidentielle, du Palais PreÌsidentiel et des quartiers d’Abidjan pendant 11 jours.
LES CONDITIONS DE SON ARRESTATION ET LES HUMILIATIONS
C’est dans ces conditions que Madame la PremieÌ€re Dame Simone GBAGBO a eÌteÌ arreÌ‚teÌe, battue, humilieÌe !
Sa pudeur, et sa volonteÌ de voir la CoÌ‚te d’Ivoire se reÌconcilier et aller de l’avant l’ont ameneÌe aÌ€, aÌ€ peine eÌvoquer les seÌvices graves dont elle a eÌteÌ victime.
Nous avons tous eÌteÌ teÌmoins de la barbarie de ses geoÌ‚liers !
Au-delaÌ€ de sa personne, c’est la ReÌpublique ivoirienne, une et indivisible, qui a eÌteÌ malmeneÌe !
Croyez-vous un seul instant que, pour un contentieux eÌlectoral, on aurait pu malmener la
Première Dame des Etats-Unis ?
Croyez-vous que l’on aurait pu montrer dans les meÌdias du monde entier la PremieÌ€re Dame de n’importe quel pays occidental dans une position aussi humiliante que celle infligeÌe aÌ€ la PremieÌ€re Dame Simone EHIVET GBAGBO ?
Nous avons tous vu ces images eÌcœurantes qui creÌent un malaise… aujourd’hui encore.
Oui, car lorsque l’on aime son pays, et quelque soit les divergences politiques que l’on peut avoir avec Madame la PremieÌ€re Dame Simone GBAGBO, on ne peut qu’eÌ‚tre choqueÌ face aux images humiliantes diffuseÌes aÌ€ profusion sur les médias français et sur internet.
Il est d’ailleurs surprenant de voir que les meÌdias occidentaux qui prennent tant de soin aÌ€ respecter la digniteÌ de tous leurs ressortissants se trouvant en situation de difficulteÌ notamment en tant qu’otage ou victime d’exaction, en refusant de diffuser les images ou en les grimant, et n’ont pas heÌsiteÌ un seul instant aÌ€ diffuser des videÌos humiliantes de celle qui fut la PremieÌ€re Dame de la ReÌpublique de CoÌ‚te d’Ivoire.
Je me souviens de toute la poleÌmique qu’il y a eu en France lors de la diffusion de l’arrestation de Dominique STRAUSS KAHN alors PreÌsident du Fonds MoneÌtaire International.
Certains meÌdias français et politiques s’eÌtaient eÌmus du fait qu’il ait eÌteÌ preÌsenteÌ devant le monde entier menotteÌ. Dommage que cette eÌmotion soit aÌ€ geÌomeÌtrie variable en fonction de ce que l’on parle d’occidentaux ou d’africains !
En tout eÌtat de cause, les humiliations et les seÌvices subis par la PremieÌ€re Dame furent nombreux… Mais tournons la page et avançons, comme elle a tenu aÌ€ le dire… La violation de ses droits : deÌtention arbitraire ; Violation de son immuniteÌ
Au-delaÌ€ de ces seÌvices, Madame Simone GBAGBO a vu tous ses droits bafoueÌs :
EnleÌ€vement et seÌquestration ;
ImmuniteÌ parlementaire pieÌtineÌe !
En effet, aÌ€ tour de roÌ‚le, Procureur, Juge d’Instruction, et Chambre d’Accusation, refuseront de prendre en compte sa qualiteÌ de parlementaire, preÌtextant du fait que son mandat aurait pris fin en 2005.
Et pourtant tout en contestant sa qualiteÌ de parlementaire, des DeÌcrets d’application sont pris se fondant sur des lois voteÌes posteÌrieurement aÌ€ 2005 par la DeÌputeÌe Simone GBAGBO !
Cela est notamment le cas de la Loi du 27 DeÌcembre 2007 portant statut du corps diplomatique, voteÌe par Madame Simone GBAGBO, et dont le DeÌcret d’application sera pris le 21 deÌcembre 2011 par Monsieur Alassane OUATTARA. Nous ne sommes malheureusement pas aÌ€ la premieÌ€re contradiction dans ce dossier, ni aÌ€ la premieÌ€re aberration ! Les infractions qui lui sont reprocheÌes en teÌmoignent.
LES INFRACTIONS : ABSENCE DE FAIT
Pendant 4 ans, il a eÌteÌ expliqueÌ au peuple ivoirien et aÌ€ l’opinion publique internationale que la PremieÌ€re Dame Simone GBAGBO est une sanguinaire !
On a meÌ‚me affirmeÌ de façon peÌremptoire, au Peuple ivoirien que le couple preÌsidentiel avait occasionneÌ preÌ€s de 3000 morts pendant la crise posteÌlectorale !
On a tenteÌ de faire croire que le PreÌsident Laurent GABGBO, son Gouvernement et la PremieÌ€re Dame massacraient les populations civiles.
On a tenteÌ de faire croire, que la PremieÌ€re Dame avait les mains pleines de sang, qu’elle avait mis aÌ€ mal l’Etat.
On a tenteÌ de faire croire que son eÌpoux et elles, avaient ordonneÌ le viol de femmes, de jeunes filles pendant cette peÌriode violente et douloureuse.
On a tenteÌ de faire croire qu’elle avait recruteÌ et armeÌ de jeunes nationaux et eÌtrangers pour tuer des ivoiriens ;
Pendant 4 ans, la Justice ivoirienne a eÌteÌ endormie par ces alleÌgations dont on attend encore les preuves !
Quel est donc ce proceÌ€s sans aucun fait preÌcis ?!
Quel est donc ce proceÌ€s sans aucun eÌleÌment mateÌriel constitutif d’une infraction ?
Quel est donc ce proceÌ€s peÌnal ouÌ€ la partie civile est l’Etat de CoÌ‚te d’Ivoire ?
Un Etat de CoÌ‚te d’Ivoire repreÌsenteÌ ici doublement par le MinisteÌ€re Public et par des Avocats !
Comment peut-on appeler autrement ce proceÌ€s que par ce qu’il est, aÌ€ savoir un proceÌ€s politique ! Ce proceÌ€s, aboutissement d’une instruction qui a dureÌ des anneÌes, met en eÌvidence une chose :
C’est que pendant toute l’instruction, et au travers de toutes les discussions devant la Chambre d’accusation, ce n’est pas le droit qui semble avoir primeÌ sur toute autre consideÌration.
Ce dossier a eÌteÌ construit aÌ€ l’envers ! On a arreÌ‚teÌ des personnaliteÌs parce qu’on les trouvait geÌ‚nants, et on a tenteÌ de justifier leur deÌtention par une inculpation intervenue tardivement et collectivement mais qui ne repose sur aucun fait preÌcis et personnel !
Qu’est-il reprocheÌ aÌ€ la PremieÌ€re Dame ? D’avoir respecteÌ la Constitution et les Institutions ivoiriennes ?
Mais ce n’est pas 83 personnes qui devraient alors eÌ‚tre sur le banc des accuseÌs, mais 22 millions de personnes !
Tous les ivoiriens devraient donc eÌ‚tre sur le banc des accuseÌs ! Tous les fonctionnaires de ce pays devraient se trouver sur le banc des accuseÌs !
Car il faut eÌ‚tre seÌrieux ! Si l’on estime que le PreÌsident Laurent GBAGBO et son Gouvernement eÌtaient illeÌgitimes, si tous les actes poseÌs par eux eÌtaient illeÌgaux ! Les fonctionnaires ne se sont-ils pas rendus complices de cette preÌtendue forfaiture ? Ne se sont-ils pas rendus coupables de recel en encaissant les salaires qui leur eÌtaient reÌgleÌs par le Gouvernement GBAGBO de DeÌcembre 2010 aÌ€ Mars 2011 ! Soyons seÌrieux !!!
Il n’y a, aÌ€ l’encontre de la PremieÌ€re Dame Simone GBAGBO, aucune infraction peÌnale ! Aucun fait preÌcis qui serait constitutif d’une infraction !
Par ailleurs, meÌ‚me dans l’hypotheÌ€se absurde où il y aurait existeÌ des faits, l’intention criminelle indispensable aÌ€ la constitution de l’infraction aurait forceÌment fait deÌfaut. Oui car la PremieÌ€re Dame Simone Gbagbo n’a fait que respecter la deÌcision du Conseil Constitutionnel deÌclarant son eÌpoux vainqueur et recevant son serment en audience solennelle comme l’exige la Constitution. Elle a donc agit de bonne foi convaincu que la veÌriteÌ et la loi sont avec elle.
Alors que reproche-t-on à la Première Dame Simone EHIVET GBAGBO ?
CONSTITUTION DE BANDES ARMEES – MASSACRE DE CIVILS : DES TEMOINS PEU CREDIBLES ET SUSCITES
L’audition devant la Cour d’Assises de Mme Gbagbo a eÌgalement deÌmontreÌ qu’elle n’eÌtait coupable de rien et qu’elle doit eÌ‚tre deÌclareÌe non coupable de tous les chefs d’accusation, oui tous les chefs d’accusation.
Nous en voulons pour preuve les questions du Parquet GeÌneÌral qui eÌtaient vagues, et ne faisaient allusion aÌ€ aucun fait aÌ€ elle alleÌgueÌ, sinon plutoÌ‚t des questions sur ce qu’elle pense de la CEI, du Conseil Constitutionnel et autres, mais jamais de faits aÌ€ elle personnellement reprocheÌs. Question alors: Comment le Parquet a-t-il eu connaissance des teÌmoins? Car tous les teÌmoins disent qu’ils ont eÌteÌ appeleÌs par le Parquet pour venir teÌmoigner.
Pourquoi le Parquet qui avait connaissance desdits teÌmoins n’a poseÌ aucune question aÌ€ Mme Gbagbo sur les faits que devaient raconter les teÌmoins, afin de mieux la confondre. Le Parquet repreÌsente t-il le peuple ou le reÌgime au pouvoir pro RDR?
Je pensais que le parquet repreÌsentait le peuple et par conseÌquent se devait de rester juste et eÌquitable. On pourrait penser que tous les teÌmoins ont eÌteÌ susciteÌ par le RDR pour tenter de salir Mme Gbagbo, oui car tous les teÌmoins sont du RDR ou sympathisants.
Des TeÌmoins qui n’ont jamais eÌteÌ une seule fois entendus au cours de cette longue instruction.
TeÌmoins qui n’ont jamais eÌteÌ confronteÌs aÌ€ Mme Gbagbo pendant cette longue instruction.
Ces teÌmoins viendront deÌclarer faussement sous serment ici aÌ€ la barre heÌlas.
Faute de faits constitutifs d’infraction, il a eÌteÌ annonceÌ par l’Accusation un rattrapage, graÌ‚ce aÌ€ 16 teÌmoins aÌ€ charge, pour finalement n’en preÌsenter que 5.
En eÌcoutant les discours des teÌmoins, on en conclut que le Parquet GeÌneÌral, tentait visiblement d’apporter enfin des faits incriminant l’accuseÌe, et deÌmontrant sa culpabiliteÌ au moins dans ces deux domaines.
Contre Madame GBAGBO, l’accusation produira tout d’abord le teÌmoignage de Monsieur Issa BOCOUM.
Ce Monsieur expliquera avoir vu 8 veÌhicules DAKOTA, ayant de nouvelles plaques d’immatriculation « ww », rentrer dans une eÌglise aÌ€ ABOBO, pour deÌcharger des armes se trouvant dans des caisses.
Il preÌtendra y avoir vu Madame GBAGBO, en lunettes fumeÌes de marque « Ray Ban », donnant des instructions aÌ€ cette fin mais sans jamais parler, se contentant, selon lui, de faire des gestes.
Ce teÌmoignage est eÌvidemment peu seÌrieux dans la mesure ouÌ€ il n’est corroboreÌ par aucun eÌleÌment de preuves ! Monsieur Issa BOCOUM se limitant aÌ€ preÌsenter deux photos, prises il y a juste 3 mois, d’une montrant l’eÌglise meÌthodiste en question, et l’autre une mosqueÌe qui se situerait selon lui, en face de ladite eÌglise.
Or, aucune des photos nous permet de savoir que les 2 baÌ‚timents dont il parle, se trouvent face aÌ€ face, vu que l’une montre uniquement une eÌglise et l’autre uniquement une mosqueÌe. On ne voit nulle part Mme Simone GBAGBO preÌsente et en action, sur ces photos.
Qui peut seÌrieusement croire que Madame Simone GBAGBO, qui n’a au demeurant aucune formation militaire, se serait rendue en plein jour dans la cour d’une eÌglise meÌthodiste, pour aller y deÌposer des armes, habilleÌe comme une heÌroïne de films policiers de seÌrie B ?
Par ailleurs, ce teÌmoin jure mordicus que sa maison a eÌteÌ bombardeÌe par un obus tireÌ depuis le camp commando d’Abobo et qui l’aurait meÌ‚me personnellement blesseÌ.
Il poursuit en deÌclarant que le bombardement de sa maison par le camp Commando a eÌteÌ fait sur ordre de la PremieÌ€re Dame Simone GBAGBO, mais il en rapporte toujours aucune preuve :
Aucune preuve sur le fait que sa maison a eÌteÌ effectivement bombardeÌe par un obus et qu’il en aurait eÌteÌ blesseÌ ;
Aucune preuve sur le fait qu’il y a eu un bombardement et que cela provenait du Camp Commando ;
Aucune preuve sur le fait que le preÌtendu bombardement, aÌ€ supposer qu’il soit aveÌreÌ, aurait eÌteÌ effectueÌ sur ordre de Madame Simone GBAGBO.
Il est bon de rappeler que la PremieÌ€re Dame n’avait pas de veÌhicules de marque DAKOTA dans son corteÌ€ge et cela aurait pu eÌ‚tre veÌrifieÌ par un simple transport sur les lieux, aÌ€ la reÌsidence PreÌsidentielle.
Il est bon d’indiquer que Mme Gbagbo n’a jamais porteÌ de lunettes fumeÌes Ray Ban. Elle porte juste des verres pharmaceutiques et uniquement lorsqu’elle a besoin de lire. Ce teÌmoignage, qui n’est corroboreÌ par aucun eÌleÌment seÌrieux, ne pourra eÌ‚tre qu’eÌcarteÌ.
Que dire du second teÌmoin, Monsieur DIALLO Souleymane, dont les dires eÌtaient incompreÌhensibles et qui eÌtaient venu expliquer qu’il n’avait vu que 2 fois la PremieÌ€re Dame : Une premieÌ€re fois en 2008, et la seconde fois, le jour meÌ‚me de l’audition de Madame Simone GBAGBO devant la Cour d’Assises, le 23 feÌvrier 2015 ! Ce teÌmoignage n’avait aucun inteÌreÌ‚t !
L’accusation preÌsentera encore le teÌmoignage de Monsieur KONE Amara. Ce teÌmoignage preÌ‚terait aÌ€ sourire si ce dossier n’eÌtait pas aussi grave ! VoilaÌ€ un Monsieur qui reconnaiÌ‚t n’avoir jamais vu Madame la PremieÌ€re Dame Simone GBAGBO, ne l’avoir jamais rencontreÌ, tout en eÌtant persuadeÌ qu’elle aurait remis des armes au fils de son ami deÌnommeÌ LamteÌ !
Il aurait meÌ‚me affirmeÌ que le Sieur LamteÌ eÌtait le Chef de la SeÌcuriteÌ de Mme Gbagbo aÌ€ Abobo. Mme Gbagbo n’a jamais eu de seÌcuriteÌ priveÌe et tout le monde le sait. La seule seÌcuriteÌ dont elle disposait eÌtait celle de Groupement et seÌcuriteÌ preÌsidentiel et de la Garde ReÌpublicaine. Le teÌmoin qui ment sans coheÌrence en eÌtait suÌ‚r mais n’avait rien vu de tout cela !
Quant au teÌmoignage de Monsieur TRAORE Ibrahim, il ne peut qu’eÌ‚tre releveÌ des contradictions flagrantes. En effet, le 26 janvier 2015, ce Monsieur va deÌclarer qu’alors qu’il eÌtait superviseur dans un bureau de vote, Madame Simone GBAGBO a eÌchangeÌ avec lui, et qu’apreÌ€s son deÌpart, son aide de camp, le Commandant SEKA, lui aurait remis une enveloppe d’argent pour « boire de l’eau », ce qu’il aurait refuseÌ par soucis de neutraliteÌ.
Puis, dans son teÌmoignage du 23 FeÌvrier 2015, voilaÌ€ qu’il deÌclare subitement que Madame GBAGBO, lui aurait envoyeÌ 2 personnes preÌnommeÌes Alain et Maxime, et non plus le Commandant SEKA, lui remettre une enveloppe d’argent pour bourrer les urnes et en modifier les contenus, le soir apreÌ€s 23 h, au moment de transporter les urnes au CMA.
Or, les urnes ne sont enleveÌes qu’apreÌ€s le deÌpouillement, et la proclamation des reÌsultats des votes sur place, et un proceÌ€s-verbal de deÌlibeÌration ait remis aÌ€ chaque repreÌsentant des Candidats. Ce n’est qu’apreÌ€s cela que lesdites urnes sont transporteÌes pour le centre de collecte de la circonscription.
En 90 et 95, Madame Simone GBAGBO et le FPI avaient meÌ‚me meneÌ des neÌgociations avec le pouvoir pour que dans chaque bureau de votes, les proceÌ€s-verbaux de deÌlibeÌration soient remis aÌ€ chaque repreÌsentant de candidat pour eÌviter ce type de fraudes, notamment le tripatouillage des urnes pendant leur transfert au centre de collectes.
A quoi donc aurait servi le bourrage d’urnes posteÌrieurement au deÌpouillement ? Ces contradictions dans ces 2 deÌclarations, eÌtayeÌes par aucune preuve, discreÌditent totalement ce teÌmoin qui a manifestement fait une fausse deÌclaration sous serment.
Il est bon de rappeler que c’est ce teÌmoin qui, le 26 Janvier 2015, s’eÌtait lui- meÌ‚me identifieÌ comme un rebelle formeÌ aÌ€ BOUAKE depuis 2002, et convoqueÌ au Golf pour s’y faire remettre une arme par SORO Guillaume et aller combattre dans la ville d’Abidjan contre les Forces de DeÌfense et de SeÌcuriteÌ.
Au vu de tout ce qu’il a deÌclareÌ lui-meÌ‚me, tout porte aÌ€ croire que ce teÌmoignage a eÌteÌ susciteÌ dans le seul but de servir la cause aÌ€ laquelle il a toujours adheÌreÌ depuis 2002 : celle de la reÌbellion armeÌe contre Laurent GBAGBO, celle de discreÌditer Mme Simone Gbagbo aÌ€ dessein.
Que dire encore de Monsieur CISSE Drissa, gardien au sieÌ€ge du RDR, qui dit qu’on lui aurait rapporteÌ la preÌsence du corteÌ€ge de la PremieÌ€re Dame chez BAH BIENTO et qui en deÌduit qu’elle serait aÌ€ l’origine des barrages et des coups de feux qu’il aurait entendu par la suite !
En effet, Monsieur CISSE Drissa dit que le 16 deÌcembre 2011, il a vu passer un corteÌ€ge de voitures. On lui aurait dit qu’il s’agissait du corteÌ€ge de la PremieÌ€re Dame. Il reconnaiÌ‚t n’avoir jamais vu, de ses yeux, Madame Simone GBAGBO, ce jour-laÌ€, et encore moins l’avoir vue deÌposer des armes.
Bien que ne l’ayant jamais vue, il maintiendra que les agressions ont commenceÌ ce jour-laÌ€, parce qu’elle aurait deÌposeÌ des armes dans la maison de Monsieur BAH BIENTO, dans la mesure ouÌ€ c’est apreÌ€s cette preÌtendue visite que les agressions armeÌes ont commenceÌ.
La seule chose dont se teÌmoin soit suÌ‚r sans qu’il ne lui ait eÌteÌ rapporteÌ, c’est que ces eÌveÌ€nements se sont deÌrouleÌs le 16 DeÌcembre 2011…
4 ou 5 fois, le Juges et les avocats de la partie civile, et les Avocats GeÌneÌraux l’ont interrogeÌ sur la date du 16 DeÌcembre 2011.
A chaque fois, il a confirmeÌ cette date.
Il lui a meÌ‚me eÌteÌ fait remarquer que Madame Simone GBAGBO a eÌteÌ arreÌ‚teÌe le 11 avril 2011, et qu’elle se trouvait aÌ€ ODIENNE depuis le 22 avril 2011.
Mais ce teÌmoin a persisteÌ dans cette deÌclaration, jusqu’aÌ€ ce que les multiples suggestions des Avocats de la Partie Civile l’ameÌ€nent aÌ€ revenir sur ce point pour enfin se limiter aÌ€ affirmer que ces eÌveÌ€nements ont eu lieu le « 16 deÌcembre » !
Plus de date preÌcise donc, plus de date !
A partir du moment ouÌ€ il n’a pas vu Mme Gbagbo, de surcroit deÌposer des armes chez Mr Bah Biento, de quoi est-il teÌmoin pour que le Parquet le fasse comparaiÌ‚tre en qualiteÌ de teÌmoin. Il est eÌvident que tous ces teÌmoignages sont des mensonges, des teÌmoignages inventeÌs de toute pieÌ€ce. Et cela tombe sous le sens.
Il est bon de noter que depuis l’embargo sur les armes en CoÌ‚te d’Ivoire, les forces armeÌes ne disposaient de plus d’effectif qu’il n’y avait d’armes disponibles. MeÌ‚me la Garde ReÌpublicaine manquait d’armes. Toutes les frontieÌ€res de la CoÌ‚te d’Ivoire eÌtaient surveilleÌes par l’ONU pour veiller aÌ€ ne pas laisser violer l’embargo sur les armes. OuÌ€ et comment Mme Gbagbo meÌ‚me si elle le voulait, aurait pu se procurer des armes pour les distribuer. C’est absurde et simplement diffamatoire.
Il n’y a aucune preuve, et il ne peut pas y en avoir, parce qu’aÌ€ aucun moment, Madame Simone GBAGBO n’a constitueÌ de bandes armeÌes, n’a armeÌ personne, n’a inciteÌ au massacre de personnes civiles ou militaires, n’a engageÌ d’actions contre une communauteÌ quelconque.
Ce ne sont simplement que des faux teÌmoignages, des inventions de toutes pieÌ€ces.
CONCLUSION
Mesdames et Messieurs les JureÌs, je vous l’ai dit au deÌbut de mon intervention, ce proceÌ€s nous deÌpasse ! Vous avez un dossier sans faits ! Car en reÌaliteÌ, les infractions n’existent pas et ne sont qu’un preÌtexte aÌ€ ce proceÌ€s.
Il ne s’agit donc pas, dans ces douloureux deÌbats, d’appreÌcier veÌritablement la culpabiliteÌ ou l’innocence des accuseÌs. Il ne s’agit meÌ‚me pas de savoir de qui de GBAGBO ou de OUATTARA est le veÌritable PreÌsident de la ReÌpublique de CoÌ‚te d’Ivoire. Il a effectivement deÌjaÌ€ eÌteÌ reÌpondu aÌ€ cette question : La CoÌ‚te d’Ivoire a eu un PreÌsident eÌlu et proclameÌ vainqueur par le Conseil Constitutionnel ; et un PreÌsident reconnu par la CommunauteÌ internationale et proclameÌ PreÌsident de la ReÌpublique apreÌ€s une violente crise, une agression armeÌe de la CoÌ‚te d’Ivoire.
Il s’agit de dire, par votre verdict, si oui ou non les peuples africains ont le droit de faire respecter leurs institutions. Vous avez la lourde mais noble mission de proclamer, une fois pour toutes, le droit de l’Homme africain au respect de sa personnaliteÌ, de sa digniteÌ, et de sa souveraineteÌ.
Madame Simone GBAGBO l’a treÌ€s justement dit. La Constitution, le Conseil Constitutionnel, organes supreÌ‚mes de notre ReÌpublique sont nos totems. Si nous ne les respectons pas, qui le fera aÌ€ notre place ?
Mesdames et Messieurs les JureÌs, je vous rappelle que conformeÌment aÌ€ l’article 90 de notre Constitution, le PreÌsident du Conseil Constitutionnel preÌ‚te serment en ces termes : Je m’engage aÌ€ bien et fideÌ€lement remplir ma fonction, aÌ€ l’exercer en toute indeÌpendance et en toute impartialiteÌ dans le respect de la Constitution, aÌ€ garder le secret des deÌlibeÌrations et des votes, meÌ‚me apreÌ€s la cessation de mes fonctions, aÌ€ ne prendre aucune position publique dans les domaines politique, eÌconomique ou social, aÌ€ ne donner aucune consultation aÌ€ titre priveÌ sur les questions relevant de la compeÌtence du Conseil constitutionnel ».
Les Membres du Conseil Constitutionnel preÌ‚tent eux, conformeÌment aÌ€ l’article 91 de la Constitution, le serment suivant : « Je jure de bien et fideÌ€lement remplir mes fonctions, de les exercer en toute impartialiteÌ dans le respect de la Constitution et de garder le secret des deÌlibeÌrations et des votes, meÌ‚me apreÌ€s la cessation de mes fonctions.
La deÌcision du Conseil Constitutionnel du 4 deÌcembre 2010 a eÌteÌ rendue conformeÌment aÌ€ ces textes.
L’absence de poursuites diligenteÌes par le MinisteÌ€re Public aÌ€ l’encontre des Membres et du PreÌsident du Conseil Constitutionnel n’est-il pas l’aveu meÌ‚me de ce que cette deÌcision ne saurait seÌrieusement eÌ‚tre remise en question ? Le Parquet une fois de plus a montreÌ qu’il ne repreÌsentait pas le peuple mais plutoÌ‚t le parti au pouvoir et je m’explique. Le Parquet sur la base de ces faux teÌmoignages demande que Mme Gbagbo soit condamneÌ aÌ€ 10 ans de prison et soit priveÌ de ces droits civiques Curieusement, parmi les 80 accuseÌs, Mme Gbagbo est la seule pour qui il soit demandeÌ la privation de ses droits civiques.
Mais alors pourquoi pourrait se poser le citoyen lambda. Alors je vous reÌpondrai, c’est uniquement pour empeÌ‚cher Mme GBAGBO de reprendre sa place au FPI et leur tenir la drageÌe haute sur les tous les probleÌ€mes qui minent la CoÌ‚te d’Ivoire qui semble-t-il eÌmerge. Mais faire de la politique n’est pas un crime. Pourquoi donc manipuler le Parquet aÌ€ cette fin. VoilaÌ€, la raison. Je pensais que le Parquet repreÌsentait le peuple, mais que je me suis trompeÌ.
Le preÌsent Parquet repreÌsente le pouvoir ivoirien et ne travaille qu’uniquement dans leur inteÌreÌ‚t, meÌ‚me quand il est en contradiction avec le mandat que le peuple leur a confieÌ. DeÌ€s lors entrer en voie de condamnation contre Mme GBAGBO, serait approuver le comportement de tous ceux qui meÌprisent nos institutions. Condamner, ce serait dire que l’on veut perdurer dans un systeÌ€me neÌo-colonisant ouÌ€ notre Constitution ne serait en reÌaliteÌ qu’un bout de papier, sans valeur.
Condamner ce serait dire que l’on est incapable de se respecter et que l’on aura toujours besoin de l’intervention preÌtendument civilisatrice de nos anciens colons pour distribuer les bons et les mauvais points. Condamner, ce serait accepter que nos Chefs d’Etat ne soient choisis par le peuple souverain mais par d’autres. Acquitter, au contraire c’est affirmer notre volonteÌ d’indeÌpendance. Acquitter c’est dire notre attachement aÌ€ notre Constitution. Acquitter, c’est aussi faire œuvre d’apaisement; C’est deÌtruire les ferments d’amertume et de rancœur dans le cœur de nos compatriotes qui sont bien conscients du caracteÌ€re politique de ce proceÌ€s. Acquitter, c’est reÌiteÌrer sa volonteÌ de voir une Justice indeÌpendante du pouvoir politique. Acquitter enfin, c’est montrer le vrai visage de la CoÌ‚te d’Ivoire eÌprise d’ideÌal, de Justice et de Paix ; et surtout de reÌconciliation entre tous ses enfants.
Monsieur le PreÌsident, Messieurs de la Cour, Mesdames et Messieurs les JureÌs, ne vous faites pas complices des politiciens car ils ne sont pas bons. Ne contribuez pas construire une CoÌ‚te d’Ivoire de haine et de vengeance perpeÌtuelle, ce ne serait bon pour personne. ReÌconciliez les ivoiriens en rendant des deÌcisions justes fondeÌes sur les principes eÌleÌmentaires du droit peÌnal.
Pas de faits preÌcis, pas de preuves concreÌ€tes : pas de condamnations et j’ai plaideÌ.
Je vous en remercie
Maître Ange Rodrigue DADJE /Maître Habiba TOURE