Revolution Abeilles. Villes mortes 3 : No Pitié pour l'homme en costard cravate

cameroun24.net Mardi le 29 Septembre 2020 Opinion Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Pour empêcher la circulation des véhicules et autres engins à travers la ville de Douala pendant les villes mortes de 1991, les « combattants » érigeaient des barricades sur la chaussée en divers points de la ville.

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Ces barricades étaient généralement composées de vieux pneus (qu’on brûlait), de barres de fer, de grosses pierres, de morceaux de bois etc.

Comme les forces de l’ordre sillonnaient la ville pour contrecarrer la pose de ces barricades ou procéder à leur enlèvement, les « combattants » les posaient très souvent à des endroits où il y avait une ruelle sinueuse (« mapan » en argo local) qui entrait dans le quartier, pour pouvoir y « disparaître » en cas d’alerte mbéré.

Les forces de sécurité mixtes (police, gendarmerie, armée) regroupées sous l’appellation « commandement opérationnel » (CO), venaient donc d'atterrir sur la barricade quasi-permanente devant le CETIC D’Akwa. Souvent, probablement pour économiser leur énergie, les soldats du CO arrêtaient toute personne qui se trouvait aux alentours de la barricade, et l’obligeaient à la démanteler et à nettoyer la chaussée. Les riverains de l’avenue du Dr Jamot le savaient, et la route était déserte, bien que des jeunes cachés guettaient à bonne distance les mouvements des militaires.

Voilà un monsieur tiré à 4 épingles, costume 3 pièces, cravate, et cartable en simili-cuir à la main, qui arrive de Mobil Bonakouamouang, direction « ancienne porte Laquintinie ». Des jeunes guetteurs le préviennent clairement : « n’allez pas là-bas, les mbérés vont vous arrêter ». Il répond aussitôt, sûr de lui : « est-ce que je ressemble à quelqu’un qui brûle les pneus (il prononçait « peneus ») en route ? » Et il  poursuit son chemin. Au niveau de l’entrée nouvelle route Bessenguè, d’autres guetteurs l’avertissent à nouveau du risque qu’il courait : « ça ne me concerne pas » a-t-il réagi.

Deux minutes après, il est au niveau de la barricade, et à distance, on le voit échanger des propos avec les soldats du CO. Puis, soudain, son cartable lui est violemment arraché et jeté sur le trottoir. Ses grands gestes de protestation sont visiblement ignorés par ses interlocuteurs en treillis qui le poussent brutalement vers la barricade. Il commence alors à ramasser ce qui reste des pneus brûlés, les barres de fer, etc. Il croit en avoir terminé quand il a dégagé tous les objets : erreur ! On le voit subitement se rouler dans la cendre des pneus brûlés, puis se la verser sur le corps en mimant les gestes du bain.

Au terme de cette humiliation, le monsieur ramasse son cartable et commence à courir, obéissant ainsi aux soldats qui lui intiment l’ordre de quitter les lieux à la 4ème vitesse. Et quand ces soldats partent, les guetteurs sortent de leurs cachettes en se tordant de rire : « un mboutoukou comme ça ! On l’avertit même, il croyait que le CO n’a jamais vu le costume ? Il s’est bien lavé avec la cendre ! »

Eh oui, la répression aveugle ne vient pas de commencer dans notre pays !
 

Charles MONGUE-MOUYEME

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