Cameroun - France. Un témoin du massacre des Bamilékés au quartier Congo à Douala raconte

cameroun24.net Lundi le 04 Janvier 2021 Opinion Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
CHOULEOM Raphaël, un témoin vivant, âgé de 85 ans aujourd'hui narre les scènes d'horreurs qu'il a vécu à cet époque.

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L’incendie du quartier Congo à Douala : un témoin raconte
Arol KETCH
04.01.2020


Nous avons décidé désormais d’aller rencontrer les hommes et femmes qui ont vécu l’Histoire afin qu’ils ou elles nous la racontent. Le camarade CHOULEOM Raphaël aujourd’hui âgé de 85 ans est un témoin privilégié de l’Histoire du Cameroun,  UPECISTE convaincu et convaincant, il a vécu des moments déterminant de l’Histoire du Cameroun. C’est une bibliothèque vivante. Le camarade CHOULEOM Raphaël a vécu l’incendie du quartier Congo, quartier dans lequel il vivait avec son frère aîné. Il s’en souvient comme si c’était hier.

Le quartier Congo était un quartier de la ville de Douala  majoritairement peuplé de nationalistes camerounais originaires de l’ouest Cameroun ( Bamiléké). En face, se trouvait le quartier « sénégalais » où vivait la communauté musulmane ; des individus venus du Nord Cameroun, du Nigeria et des pays d’Afrique de l’Ouest.  

Nous sommes le dimanche 24 avril 1960; ce matin là le jeune CHOULEOM Raphaël amateur de football quitte la maison qu’il occupait avec son frère aîné pour se rendre au stade Akwa pour suivre des rencontres de football. Aux alentours de 15 heures, il aperçoit depuis le stade  une épaisse couche de fumée et d’immenses flammes se dégageant du quartier Congo.

 Le jeune homme entame une course folle à destination de son quartier pour s’enquerir de la situation. A quelque 50 mètres du quartier, il trouve des soldats blancs portant des rangers avec des képis; ceux-ci occupent la place principale du quartier avec des fusils pointés devant. Le quartier était en flammes, ceux qui sortaient des flammes pour s’échapper  trouvaient face à eux des armes à feu pointés. Il ne leur restait plus qu’à choisir entre mourir calciner dans les flammes ou périr criblés de balles.

Et de l’autre côté du quartier non loin du camp Berteau, les ressortissants du Nord Cameroun (Haoussas) occupaient l’espace avec des flèches pointées. Ici encore, ceux qui voulaient s’échapper des flammes devaient choisir entre mourir calciner dans les flammes ou périr criblés de tirs de flèches. Le quartier était donc bouclé d’un côté par des soldats français, des suppléants camerounais et de l’autre côté par des Haoussas.

Le jeune CHOULEOM Raphaël qui voulait s’approcher pour mieux observer la scène est vigoureusement chassé par un français.

Des témoins affirment même avoir aperçu un hélicoptère survoler le quartier y déversant un liquide inflammable. La majorité des constructions du quartier étant en carabotte ( planche), cela va favoriser l’incendie du quartier. Cet incendie criminel fera des milliers de morts. Le bilan exact n’a jamais été établi.

Le camarade CHOULEOM Raphaël a survécu parce qu’il était allé ce matin-là au stade Akwa. Son frère aîné a survécu parce qu’il était sorti très tôt ce matin-là. Les voisins et autres riverains du quartier n’ont pas eu cette même chance puisqu’ils ont péri dans les flammes pour certains et criblés de balles ou de flèches pour d’autres. C’était un triste spectacle.

Le camarade CHOULEOM Raphaël se souvient encore du quartier entièrement calciné et rasé,  des corps carbonisés. Vers 19 heures , le jeune CHOULEOM se rend à l’hôpital à Laquintinie et il va y découvrir  des scènes surréalistes. Il y trouve un camion militaire dans lequel les brûlés du quartier Congo étaient entassés afin d’être jetés dans des cours d’eau.

Ces souvenirs morbides ne le quittent plus depuis plusieurs décennies. Il se souvient de tout comme si c’était hier.

Que s’était-il passé au juste ? Comment en est-on arrivé à ce massacre ?
Cet incendie survient après des élections locales à libre candidature.  KACHE, le candidat des musulmans était soutenu par le BDC d'Ahmadou Ahidjo et du Dr Louis Paul  Aujoulat.
 DEFFO Sébastien, se déclare candidat de l’UPC ( Union des Populations du Cameroun) et remporte haut la main les élections. Ce qui ne plut pas aux « musulmans » soutenus par les colons. Il s’en suivit des heurts entre les haoussas du quartier musulman (aussi appelé quartier haoussa) et les habitants du quartier Congo.

Le Vendredi 22 avril, des combattants de l’ALNK (Armée de Libération Nationale Kamerunaise) assassinent un Haoussa soupçonné de collaboration active avec l’ennemi. Le même jour, l’ALNK blesse un Européen, et brise également les vitres de plusieurs magasins de Français, dont « monoprix », « La Frégate », la boucherie « Dussault », les « Champs Elysées », la « Belle France ». Les populations seront manipulées et les Bamiléké seront présentés aux haoussas comme étant ceux-là qui voudraient arracher le pouvoir entre les mains de leur frère Ahmadou Ahidjo.
La suite sera tragique comme le raconte l’historien Enoh Myomessé : « L’assassinat de l’Haoussa est très mal perçu par les membres de cette communauté, qui crient vengeance. De leur côté aussi, les Français sont très en colère face aux attaques dont ils viennent d’être l’objet. Les nouvelles autorités camerounaises soupçonnent, depuis un moment, le quartier Congo d’être le repère des combattants de l’Alnk à Douala.

Dimanche 24 avril, une bagarre se déclenche en début d’après-midi entre Bamiléké et Haoussa au quartier New- Bell, non loin du quartier Congo. Subitement, autour de 14-15 heures, ce dernier s’embrase, le feu prend simultanément à plusieurs endroits. Le quartier Congo est habité en majorité par les Bamiléké. Au moment où le feu prend, curieusement, l’armée, arme au poing, tout comme les Haoussa, a déjà entièrement bouclé le quartier. On assiste alors à des scènes d’apocalypse. Les personnes, surprises par le feu et qui tentent de s’en échapper, sont abattues, froidement, soit par les militaires, soit par les Haoussa, armés de leurs arcs et de flèches.
Lorsque le feu prend fin vers 17 heures, il ne reste plus rien des baraquements de ce quartier, et le nombre de morts par le feu, se dispute avec celui par les balles et par les flèches. Les statistiques officielles font état de 5.000 personnes sans abri. S’il y a eu tant de sans-abri, à combien pourrait s’élever le nombre de morts ? »

En effet, le quartier fut encerclé par l’armée et leurs complices haoussas pour empêcher les habitants de sortir. Ceux qui s’y osaient étaient froidement abattus à coup d’armes à feu, avec des lances et des flèches empoisonnées ou des machettes offertes par les commerçants expatriés.
Dans l’impossibilité de sortir de cette zone de flammes, des hommes, femmes et enfants plongeaient dans des puits profonds et s’y noyaient. C’était l’horreur.

Sur les lieux, on aperçut : le terrible Jean Fochivé, le préfet Nséké, le lieutenant Bouba Kaélé, les policiers Manga et Minlo. Certains ont affirmé avoir vu ce jour des hélicoptères canadair pilotés par des militaires français déverser du carburant pour attiser les flammes.

Ahmadou Ahidjo vint à Douala, lui-même en personne pour calmer les esprits. Traumatisé par cet événement, le préfet Guillaume Nséké fut évacué en France pour causes de maladie. Aucun préfet camerounais ne souhaitant venir à Douala, Jean Fochivé fut chargé sur proposition du ministre Njoya Arouna, des fonctions de Préfet du Wouri par intérim cumulativement avec celles de coordinateur de la police.

C’est notre Histoire et nous devons la connaître. J’adresse des remerciements particuliers au camarade CHOULEOM DETBOUE  Raphaël pour sa contribution à la vulgarisation de la vraie Histoire du Cameroun.
 

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