Cameroun - Politique. Paul Atanga NJI et Louis Yinda accusés de vouloir détourner la chefferie de NGOMPEN

cameroun24.net Mardi le 11 Aout 2020 Société Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Les populations de cette localité ont adressé une lettre ouverte que cameroun24 a pu consulter au Chef de l'Etat.

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A SON EXCELLENCE PAUL BIYA
Président de la République République du Cameroun Yaoundé
Ngompem, ce 8 Aout 2020

Dénonciation du détournement de la succession à la Chefferie



Excellence,
Nous les enfants du défunt Chef Traditionnel de Ngompem, Sa Majesté Gervais Yinda, décédé le 25 mars 2020 à Douala, solidaires de l’immense majorité des 5200 ressortissants de Ngompem au village, sur le territoire national et résidents à l’étranger, sollicitons publiquement votre intervention expresse pour faire cesser une forfaiture qui est en train de se préparer sous la houlette de Monsieur ATANGA NJI, le Ministre de l’Administration territoriale, à la demande de notre oncle Monsieur Louis Yinda qui n’en est pas à son premier forfait dans ce village.
En effet, alors que les obsèques officielles n’ont pas encore eu lieu, celles-ci ayant été fixées au 17 octobre 2020 par la Famille du défunt contre la volonté de Sieur Louis Yinda qui a tenté en vain de les instrumentaliser à dessein, alors que la vacance à la tête de le chefferie de Ngompem n’est même pas encore déclarée, au sens de l’article 9 du Décret n°77/245 du 15 juillet 1977 portant l’organisation des chefferies traditionnelles, Monsieur le Sous-préfet de Pouma, agissant semble-t-il sur ordre expresse et direct de son Ministre de tutelle, a décidé depuis ce matin 07 Août 2020 de procéder manu militari à la désignation du nouveau Chef traditionnel de Ngompem. Le 12 Août 2020, l’objectif à peine dissimulé est d’imposer Monsieur Wilfried Yinda, fils de Monsieur Louis Yinda, après un simulacre de consultation publique avec la complicité de quelques notables non représentatifs, préalablement choisis et grassement payés pour la cause.
Il faut bien prendre la mesure du fait que, si elle est menée comme telle, cette procédure de désignation sera entachée d’irrégularités en raison du non-respect des formes de procédure prescrites par la loi, parce qu’elle bafoue de manière flagrante le décret cité, en particulier l’article 8 qui énonce clairement ce qui est la règle en matière de succession : « les chefs traditionnels sont, en principe, choisis au sein des familles appelées à exercer coutumièrement le commandement traditionnel. » Par des interprétations abusives, tous les imposteurs ont pris la triste habitude de faire du forcing en faisant croire que n’importe qui peut être candidat à la succession dans une chefferie de 3ème degré. Or ce que disent les textes, de nombreux cas de jurisprudence, l’histoire particulière de la succession dans chaque famille ainsi que ses propres us et coutumes est d’une clarté incontestable dans l’histoire de la Chefferie traditionnelle à Ngompem et de manière générale dans le Pays Bassa : le successeur est issu de la lignée directe du Chef défunt, choisi parmi ses enfants, sauf si le candidat désigné et les candidats potentiels ne disposent pas des facultés mentales requises pour exercer la fonction ou y renoncent explicitement.
Outrée par ces méthodes de gangster, l’Association des Chefs traditionnels de Pouma a pris la peine de mettre le Sous-préfet en garde, via une correspondance officielle, lors des réunions publiques et de vive voix, l’enjoignant de ne pas céder aux sirènes de la corruption, du trafic d’influence, et surtout de respecter la loi ainsi que les us et coutumes en matière de succession à la chefferie dans la région.
De même, une immense majorité des élites et des membres influents de la société civile de la Sanaga Maritime ont beau interpellé les concernés et essayer de faire entendre raison à celui qui est à l’origine de cette mascarade, ils n’ont rencontré que mépris et arrogance.
Mais ce qu’il y a de singulièrement scandaleux dans cette démarche, c’est qu’il s’agit d’une réelle imposture. Le candidat qu’on prépare à la succession au forceps, Wilfried Yinda, est un individu sans pedigree connu. Il traîne une sulfureuse réputation de délinquant financier international depuis qu’il a été cité nommément dans le scandale des « Panama papers » qui avait mis à nu une gigantesque opération frauduleuse de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. Cet individu ne connaît rien de l’histoire, de la géographie, des ressources, du patrimoine ancestral, des us et coutumes de Ngompem. Il ne parle même pas la langue bassa, la langue des administrés de la Chefferie traditionnelle. Il ne réside pas de façon permanente sur le territoire de commandement du Chef, en violation de l’article 17 du même décret. Il se prévaut de la nationalité camerounaise alors qu’il est suspecté d’être de nationalité française, en violation de l’article 31, a, de la loi loi n°1968-LF-3 du 11 juin 1968 portant code de nationalité camerounaise. Il ne remplit pas de toute évidence les conditions minimales pour être candidat à la Chefferie traditionnelle à Ngompem. Par conséquent, il ne peut pas être imposé, qui plus est de manière aussi cavalière, comme le Chef d’un Village qui n’en veut pas.
En réalité, quand on creuse un peu plus en profondeur, il apparaît clairement que cette tentative de détournement de la Chefferie à Ngompem n’est que la partie visible de l’iceberg qui dissimule le projet une double opération économique frauduleuse et égoïste de très grande envergure :
1. L’accaparement de 1300 hectares de la Forêt communautaire dont M. Louis Yinda est soupçonné d’avoir entrepris l’immatriculation à titre personnel alors qu’il s’agit de la forêt des Log Mboui, la Grande Famille duquel est coutumièrement issu le Chef du village. Cette tentative de spoliation de cet immense terrain communautaire s’est faite à l’insu et au détriment du défunt chef, de ses enfants, de tous les Log Mboui et surtout des ressortissants de Ngompem qui sont entrés dans une vive colère collective une fois le pot aux roses découvert ;
La préemption égoïste de l’opération d’indemnisation des terrains ainsi acquis estimée à plusieurs centaines de millions FCFA à percevoir auprès de la Société Hydromine qui est en charge du projet de construction du Barrage du Grand Eweng sur la partie de la Sanaga qui traverse la terre de nos ancêtres. Des études géologiques font état, semble-t-il, de gisement de pétrole et de métaux précieux, alors que les habitants de Ngompem sont tenu dans la totale ignorance de l’existence de cette richesse.
Ces agissements qui datent relèvent d’une délinquance de haut vol et beaucoup d’autres méfaits qu’il n’est pas nécessaire de détailler ici, constitue une véritable infamie digne de l’époque coloniale. C’est inadmissible. Et cela entraine des conséquences perceptibles : c’est par exemple la raison pour laquelle Monsieur Louis Yinda et son épouse n’ont cessé d’accumuler des déconvenues à répétition dans toutes leurs actions sociales et politiques de ces dernières années. Les gens ont marre de cet égocentrisme primaire qui consiste à toujours penser : « tout pour moi, rien pour les autres ». Les gens de Ngompem en ont assez de cet appétit d’ogre qui confine à une forme de cupidité sauvage et sans limite. Après avoir parlementé en vain, il est temps afin faire cesser cette forfaiture.
Excellence Monsieur le Président de la République, il vous appartient en dernier ressort d’ordonner le contrôle de la procédure en cours dans le strict respect des règles administratives et coutumières en vigueur. Il est de votre responsabilité d’entendre la volonté de vos administrés de Ngompem. Il y a lieu de faire droit à la présente demande non seulement parce que ce sont les lois de la République qui sont bafouées et la morale publique piétinée mais aussi et surtout parce qu’il y a de sérieuses raisons de penser qu’il existe un risque réel que cela entraîne des troubles à l’ordre public local, des tensions communautaires et une guerre des clans de très longue durée pouvant être de nature à mettre en péril aussi bien le projet de barrage hydroélectrique de Grand Eweng que la paix entre les membres d’une même communauté. In fine, il n’est pas superflu de souligner que cette affaire est de nature à entacher votre propre image dans la région de la Sanaga Maritime et au-delà dans la mesure où le principal bénéficiaire de cette forfaiture est bien connu pour se prévaloir de votre amitié personnelle afin d’agir en toute impunité.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, les assurances de notre déférente considération.


Fait à Ngompem, ce 08 Aout 2020

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