Cameroun - Politique. Agbor Félix Nkongho : « Si nous bâtissons notre pays, il doit prospérer politiquement, économiquement mais aussi dans le respect des droits humains »

cameroun24.net Lundi le 12 Avril 2021 Opinion Imprimer Envoyer cet article à Nous suivre sur facebook Nous suivre sur twitter Revoir un Programme TV Grille des Programmes TV Où Vendre Où Danser Où Dormir au Cameroun
Avocat en droits humains, président de la Fako lawyers association, fondateur et actuel directeur exécutif du Centre for Human Rights en Democracy in Africa, membre du consortium de la société civile anglophone, aujourd’hui converti dans la formation des défenseurs des droits humains.

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 Emprisonné le 17 janvier 2017 à Kondegui pendant plusieurs mois, il a bénéficié de l’arrêt des poursuites judiciaires  suite à  un décret du Président de la République. Il a pris part au Grand Dialogue National aujourd’hui  s’exprime sur l’évolution  des droits humains au Cameroun et sur la crise dans les régions du Nord-ouest et Sud-ouest (Noso), le  retour définitif  de la paix dans l’ensemble du pays.


Vous-êtes entièrement engagé aujourd’hui dans la défense des droits humains, comment en êtes vous arrivé ?
C’est l’héritage de mon géniteur qui était lui-même dans les mouvements travaillistes. Un  accro de la lecture des grands écrits portant sur les mouvements de libération des peuples. En tant que jeune, je le voyais faire, j’ai grandi de cette manière à s’investir pour les libertés des hommes. Influencé également  par les musiciens comme Fela, Bob Marley bref, les musiques qui plaident pour la fin  des injustices, pour les libertés qui conduisent à la paix durable.  Etudiant à l’Université  à l’époque du retour au multipartisme, je voyais des gens comme Me Tchougang, Cap liberté,  et bien d’autres encore parler du Cameroun. Mais j’aimais beaucoup lire Le Messager  de  Pius Njawé, pour un jeune j’ai été bien influencé par  tous ces grands hommes et tout ce qui m’environnait. C’est ce qui m’a amené à faire le métier d’avocat et après, je me suis spécialisé dans les droits humains.
 

Vous avez été arrêté le 17 janvier 2017, puis libéré par décret du chef de l’état racontez nous ?
J’ai été arrêté, convoyé en prison. J’ai constaté que dès que vous manifesté, on vous colle l’hostilité à la patrie, complot contre la République, on vous arrête, on vous juge au tribunal militaire. Ce sont des pratiques qui ne servent à rien car, ce pays va changer, il est même en train de changer. C’est une réalité parce que c’est le changement qui est la seule chose constante avec les hommes. Le respect des droits humains est pour tous. Je dis que tu ne peux pas défendre ton droit si tu ne le connais pas, connaitre l’histoire du Cameroun et celle des anglophones. Il faut donc savoir qu’il y avait d’autres tribus aussi qui constituaient le cabinet de west cameroun. Le public sait que j’ai toujours été pour la paix, je défends les droits des anglophones mais, je ne suis pas ceux qui pensent qu’on doit violer, insulter les autres. La communauté internationale aime travailler aves les  modérés. Quand tu regardes le monde entier, les radicaux n’ont plus de place. Dans mes discours, je n’exagère pas d’où l’objet de mes problèmes avec les séparatistes, eux ils pensent qu’il faut aller toujours dans les extrêmes que non.
 

Défenseur des droits humains, dans le contexte camerounais, ça rime à quoi concrètement ?
Maintenant que je suis reconnu par cette casquette, je peux dire que cette situation est difficile au Cameroun. La violation de la vie privée, le droit de manifester, de se rassembler  ne sont pas les choses les mieux connues au Cameroun, on utilise ainsi la loi antiterroriste. En tant que responsable du  centre des droits de l’homme et de la démocratie en Afrique, nous avons fait d’abondantes publications à ce sujet. Si nous bâtissons notre pays, il doit prospérer politiquement, économiquement mais aussi dans le respect des droits humains. Voilà le Cameroun de nos rêves. On ne peut pas croiser les bras et regarder  seulement, il faut faire quelque chose pour lutter contre les violations de ces droits. On doit s’engager parce que ces violations nous concernent et nous affectent.
 

Fédéraliste dans l’âme, le grand dialogue avec son statut spécial pour le Noso, quelle évaluation faites-vous maintenant ?
En tant que défenseur des droits de l’homme, tu dois connaitre la réalité politique dans ton pays. Un tiens que deux tu auras, voilà ce qui doit nous guider aujourd’hui, c’est de cela qu’il est question pour le Noso. Je prends d’abord par rapport à ce qu’on avait avant au lieu que les populations continuent à mourir sans solution. En tant que modéré je prends, regarde le Québec au Canada, c’est un statut spécial. Chez nous au Cameroun, le problème réside sur l’application de ce qu’on a dit, qu’on l’applique au moins. Mais, je sais qu’on arrivera un jour à des états fédérés au Cameroun. Je ne suis pas content mais pour le moment, je prends ça et je continue à lutter. On doit être entre le camp des unitaires et celui des fédérés pour jouer l’équilibre. Pour avoir un pays « un » et « indivisible », il faut tenir compte des spécificités des autres c’est l’unité dans la diversité. Les politiciens ont créés la peur dans les esprits des citoyens en les disant que le fédéralisme c’est la fin à l’état, c’est la fin de l’unicité que non, l’Allemagne, Usa, le Canada, le Nigeria pour ne citer que ces pays sont  des états fédéraux.

Photo : Agbor Félix Nkongho, défenseur des droits humains


Propos recueillis par Jacques Pierre SEH
 

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