Albert Thierry Nkili Abou : « Il faut qu’on se regarde dans les yeux et que les camerounais puissent trouver une solution »

. Albert Thierry Nkili Abou : « Il faut qu’on se regarde dans les yeux et que les camerounais puissent trouver une solution »

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Il est connu dans son pays et à l’étranger pour son intense activité littéraire et artistique, « carton rouge » roman publié à l’Harmattan, Paris en 1995 un best seller.

 Membre des sociétés de gestion collective du droit d’auteur. Membre de plusieurs associations  littéraires en Afrique Promoteur du centre culturel sa majesté Evina Minko’o, inauguré par le ministre des arts et de la culture à Azem non loin d’Ebolowa en 2017.  Promoteur également du concept « one Cameroon one culture » pour la célébration du vivre-ensemble et l’unité nationale. Il revient à double titre avec sa dernière trouvaille « Et la fête pouvait commencer » une pièce de théâtre et un opus baptisé « Sur les traces de mon passé ». Un globe-trotter en somme qui durant  sa carrière professionnelle comme contrôleur  agrée et assermenté à la caisse nationale de la prévoyance sociale (Cnps), il se sent à lèse  dans les 10 régions du Cameroun où il dit avoir ses frères. Il évoque cet entretien, la valeur de la culture dans l’édification d’une nation forte et prospère, la sécurité sociale telle que vécue au Cameroun, et la triste  situation qui se vit  dans la zone anglophone.


Vous êtes un homme multiculturel, quel peut être l’apport de la culture dans le fonctionnement harmonieux d’une  société ?
On peut tout faire avec la culture, parce que tout est culturel, la culture est la base de tout. Il faut rentrer au fond de soi-même, vivre sa culture dans sa généralité et en ce moment, elle devient alors un facteur véritable du vivre-ensemble de chez nous, un facteur de développement économique. Hormis de cela, on n’est hybride et on assume les autres influences culturelles.
 

Que vaut votre présence en ce moment à Azem votre terre natale ?  
Je suis là présentement pour une rencontre culturelle, échanger avec les autres qui peuvent toujours être une source d’inspiration pour toute œuvre. Là, je viens avec une œuvre théâtrale « Et la fête pouvait commencer » et un opus « sur les traces de mon passé » avec les chansons qui ont marquées  leur époque. Ainsi, les gens découvrent qu’autant j’écris, autant également je peux interpréter, mais surtout être capable de donner un avis sur une situation dans mon pays entant qu’homme de culture.
 

Que retenir de l’ouvrage « Et la fête pouvait commencer » que vous venez de commettre ?
C’est l’histoire qui se déroule dans un coin du Cameroun, et la problématique centrale reste la situation des travailleurs  en milieu social. La méconnaissance des textes, des pratiques de l’organisme en charge de la sécurité sociale pour que ceux qui y travaillent, afin qu’ils puissent bénéficier de quelque chose. Et c’est dans ce cadre là, comme on a pu le constater que les patrons piétinent les règles. C’est un peu les péripéties  d’une carrière professionnelle caractérisée par des frustrations  compilées dans cet ouvrage. Ainsi, le titre aurait pu être alors, les mésaventures de ces innocents, de ces travailleurs sociaux abusés qui vont qu’en même dans leurs droits. Et c’est bien en ce moment que la fête peut commencer.
 

Pourquoi sur les traces de mon passé, le titre de l’album ?
J’aurai pu dire, sur les traces de ma jeunesse aussi. Mais en fait c’est la même chose. J’ai juste voulu revivre  ces moments qui ont marqués ma vie d’une manière intense, où on écoutait les belles mélodies assorties de belles paroles  qui faisaient rêver, on ne chantait que l’amour en ce moment. L’amour est une solution à tout, raison pour laquelle beaucoup de chanteurs écrivent plus les textes d’amour.
 

Vous avez parcourue presque tout le pays dans le cadre de service, quelle comparaison pouvez-vous faire avec la situation actuelle dans la zone anglophone ?
Je suis triste, je suis  en lambeau quand  je constate ce qui se passe aujourd’hui, je me demande ce qui s’est passé concrètement. J’ai eu la chance de travailler dans le grand-nord pendant 7 ans, dans le littoral,  l’Est, le  Nord-ouest, le Sud-ouest où j’ai passé les plus beaux moments de ma carrière. Je suis déchiré parce que, ceux qui survolent le pays n’y maîtrise pas grand-chose et n’y connaissent rien du pays. Face à cela, je ne peux souhaiter que ce désordre puisse s’arrêter car, rien ne peut  expliquer cette haine qui existe aujourd’hui entre les citoyens. Il faut qu’on se regarde dans les yeux et que les camerounais puissent trouver une solution. Comme je l’ai toujours dit, la culture est un socle de tout. Que ceux qui cherchent la solution à cette crise, changent la vision des choses pour que notre diversité ne soit pas un sujet de haine mais plutôt d’épanouissement pour l’ensemble des citoyens. Parce que, de Bamenda à Kousseri, de  Buea à Ebolowa, Sangmélima, N’Gaoundéré pour ne citer que ces villes, j’ai des amis partout, je suis triste de voir ce qui se passe aujourd’hui. Alors, arrivera t’on, il faut qu’on ait une dose de courage et parler de nos propres problèmes en tant que citoyens de cette nation et d’y trouver des solutions. C’est vraiment mon appel à tous les camerounais.
 

Propos recueillis par
Jacques Pierre SEH

 

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