Washington durcit le ton contre la Longévité au pouvoir

Afrique. Washington durcit le ton contre la Longévité au pouvoir

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Le nouveau secrétaire adjoint chargé des affaires africaines au département d’Etat américain met en garde les dirigeants qui s’éternisent à la magistrature suprême peut-on lire dans les colonnes du quotidien privé Mutations.


Tibor Nagy n’a prononcé le nom de personne. Mais jeudi 14 mai dernier, face à la commission des relations étrangères du Sénat, le nouveau secrétaire adjoint chargé des affaires africaines du département d’Etat américain a clairement désigné une cible. Proposé à ce poste par le président Donald Trump, il est revenu sur le cas des chefs d’Etat africains qui brillent par leur longévité au pouvoir. Des « dinosaures corrompus » selon lui. Lesquels veulent présider aux destinées de leur pays respectif à vie, sans se soucier du tort qu’ils causent à leurs populations.Dans ce sens, le diplomate relève que l’aide américaine en Afrique devrait être orientée vers la jeunesse du continent noir, et non pour servir les intérêts de ces dirigeants « autocrates » qui croulent sous le poids de l’âge. Tibor Nagy croit savoir de quoi il parle, puisqu’il a été ambassadeur des Etats-Unis en Ethiopie et en Guinée Conakry. Ce qui lui confère une certaine expérience du continent africain.

Même s’il n’interpelle nommément personne, le nouveau patron des affaires africaines confirme la position des Etats-Unis vis-à-vis de Paul Biya notamment, – 36 ans passés à la tête du pays -, lorsqu’il évoque la question de la longévité au pouvoir. En effet, le 17 mai dernier, au terme d’une audience avec le chef de l’Etat camerounais, Peter Henry Barlerin, l’actuel ambassadeur du pays de Donald Trump au Cameroun, publiait un communiqué qui avait eu le don d’irriter les cerbères du régime. Le diplomate disait avoir invité le locataire d’Etoudi à songer à passer la main.

« Le président et moi avons discuté des prochaines élections. J’ai suggéré au président qu’il devrait penser à son héritage et à la façon dont il veut se souvenir dans les livres d’histoire pour être lus par les générations à venir, et ai proposé que George Washington et Nelson Mandela soient d’excellents modèles », avait-t-il écrit. Sur un tout autre aspect, Tibor Nagy est revenu sur la situation au Sud-Soudan en condamnant les violences et exactions qui y ont cours. S’il est confirmé à son poste par le Sénat, il promet de faire tout ce qu’il faut pour que les responsables de ces « tragédies » soient punis. Ils « n’auront nulle part où garder leur argent, profiter de leurs vacances ou faire des courses pendant que les populations meurent, les femmes sont violées, le peuple a faim et est chassé de sa maison », prévient-il.

Cela dit, le tableau n’est pas totalement sombre en Afrique et Tibor Nagy le relève. Car, même si le terrorisme a gagné du terrain – une tendance mondiale -, ce continent a largement progressé dans divers domaines selon lui. A cet effet, il mentionne l’éducation ; celle de la jeune fille notamment, qui est en nette amélioration. Par ailleurs, le taux d’infection au Vih/Sida a reculé et des efforts sont enregistrés au niveau de la lutte contre la corruption. Dans les jours à venir, la proposition de Tibor Nagy au poste de secrétaire adjoint chargé des affaires africaines du département d’Etat américain doit être validée ou rejetée par le Sénat. Le concerné se dit déjà très optimiste.
 

Lucien Bodo

Opinion