Un mouvement de protestation du Mrc avorte à Douala

Présidentielle 2018. Un mouvement de protestation du Mrc avorte à Douala

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La manifestation de protestation projetée par les militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), dans le cadre du programme de résistance de ce parti intitulé « Non au Hold-up électoral », n’a pas eu lieu mardi, 06 novembre2018 à Douala peut-on lire dans les colonnes du quotidien Mutations.


Alors qu’il était prévu, dès 9h, selon un tract en circulation, un rassemblement de protestation baptisé« Dépassons nos peurs, levons-nous et défendons notre victoire volée pour l’avenir de notre pays et de nos enfants, c’est une cause juste et noble ». Au carrefour Ndokoti, un des points choisis par les manifestants, l’ambiance est habituelle. Des commerçants qui écument les emprises de la voie publique écoulent leurs marchandises comme d’ordinaire, jusqu’à 9h lorsque ce carrefour est envahi par les forces du maintien de l’ordre (Fmo), composés de policiers et gendarmes. Un véhicule anti-émeute communément appelé « mamy water » de la gendarmerie, s’est garé non loin, dans l’enceinte d’une station-service.

Des signes de dissuasion sont alors perceptibles. Les hommes en tenue, en plus d’interdire le stationnement des motos-taxis aux alentours de la structure, filtrent également les entrées. Les policiers, armés jusqu’aux dents, sont assis à l’arrière d’un camion. Ils veillent au grain. Entretemps, d’autres véhicules de la police multiplient des patrouilles dans les environs. Sans doute pour contraindre d’éventuels militants et sympathisants du Mrc à réviser leur position quant à une participation au mouvement annoncé. Un mouvement visant à protester contre la prestation de serment du candidat Biya Paul, déclaré élu par le Conseil constitutionnel au terme de la présidentielle du 07 octobre dernier. Si l’on s’en tient aux tracts distribués, un rassemblement était également projeté devant les sous-préfectures, les préfectures et les services des gouverneurs de région.  Au moment où nous allions sous presse, aucune manifestation ne s’est déroulée dans la ville de Douala. Surtout que la capitale économique était quadrillée par un impressionnant déploiement des Fmo.

Au carrefour Ndokoti, seuls le ronflement des moteurs de véhicules et de motos-taxis pouvait se faire entendre, au moment où Paul Biya prêtait serment à l’Assemblée nationale. Reste que la retransmission en direct de l’événement du jour, à partir des écrans géants installés à cet endroit n’a pas fait courir. Plusieurs autres « points sensibles » de Douala n’ont pas échappé au détachement des hommes en tenue, comme ce fut le cas le 22 octobre dernier lors de la publication des résultats de la récente présidentielle par le Conseil constitutionnel.
 

Renaud Inang

Société