SUD,Marche de l’unité : Le vivre-ensemble pris en otage

Cameroun - Politique. SUD,Marche de l’unité : Le vivre-ensemble pris en otage

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Les artères de la cité capitale du Sud ont été prises d’assaut le 15 mai dernier à l’occasion de la marche dite de l’unité en prélude à la célébration de l’unité du Cameroun oriental et occidental le 20 mai prochain, une mobilisation des camerounais de tous les bords à permis cette fusion de toutes les couches sociales au nom du vivre-ensemble qui aujourd’hui est un mot qui revient dans tous les discours.


Le point de chute était l’esplanade des services du gouverneur de la région du Sud, où était dite une prière œcuménique. Bien avant, ce fut alors la phase des témoignages du vivre-ensemble. Selon André Pascal Noukimi originaire de l’ouest du Cameroun mais né à Ebolowa depuis une quarantaine d’années. Ses parents y sont arrivés depuis 1955 comme commerçants et y sont établis depuis lors. Aujourd’hui, conseiller municipal à la commune d’Ebolowa 2 ème qui est déjà à sa deuxième mandature. Il se sent bien au Sud, s’exprime clairement et couramment en bulu comme en sa langue Bapa de l’ouest. Lorsqu’il est à l’ouest, il est appelé le Bulu de l’ouest. Mais pour lui, le vivre-ensemble a pris de l’eau comme un navire par la seule volonté des politiciens. Ceux-ci ce sont engagés dans l’instrumentalisation des « frères » qui jadis vivaient sans gène. Il est question pour les camerounais de raccommoder ce qui peut encore l’être. 

Pour Magloire Evina, on marche pour la paix, c’est bien mais il est question de consolider cette paix qui ne saurait s’obtenir par le simple parlé. On parle de vivre-ensemble et non de manger-ensemble et non également boire-ensemble. Ce vivre-ensemble doit être également le partage des fruits de la croissance, voilà ce qui permet à l’ensemble des citoyens de vivre dans la fusion parfaite et non dans la méfiance. Voilà comment veulent vivre les camerounais aujourd’hui, une vie de sincérité et non d’hypocrisie teintée de tribalisme. La théâtralisation du vivre-ensemble s’est poursuivie avec d’autres témoignages à l’instar de celui de Gilbert Samnick né à Ebolowa il y a une soixantaine d’années à l’hôpital d’Enongal. Toute sa vie c’est à Ebolowa et aujourd’hui ses racines restent au Sud du Cameroun. Idem pour Aladji Hassan de la communauté Haoussa qui est né à Ebolowa, depuis lors il n’a qu’effectué les voyages à sa région d’origine qui est le Nord.

Les témoignages vivants qui ont réconforté les uns et les autres quant à l’impératif nécessité de consolider ce vivre-ensemble, cette unité de demeurer dans la paix.  Une paix sans laquelle aucun développement n’est possible selon le révérend pasteur Ebo’o Zambé de l’église presbytérienne camerounaise (Epc). Pour lui, on cherche le vivre-ensemble aujourd’hui parce qu’une poignée de possesseurs continue à trop procéder au détriment d’une majorité qui est démunie. Avec pour conséquence, le désordre social, l’autorité et la hiérarchie ne sont plus acceptées, le banditisme s’installe, le replie identitaire trouve son sens. On développe un pays de rejet entre les frères. Pourtant, il serait normal pour l’unité des camerounais que chacun puisse penser à son prochain dans le partage des biens de tous les camerounais. Regardant alors vers la même direction pour une émergence envisagée. Le vivre-ensemble ne pouvant trouver un sens que si chacun s’inspire du Psaumes 133 au premier verset « Voici, oh ! Qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! ». Les camerounais pensent-ils aujourd’hui à demeurer ensemble lorsqu’on est dans une société qui n’admet plus de classe sociale intermédiaire. La classe des nantis et celle des pauvres ne peuvent que se côtoyer et non vivre-ensemble, les écarts étant énormes du point de vue social. A l’évidence, le chantier de l’unité nationale est vaste, et chacun y est appelé à la construction et toutes les actions qui pourront être menées comptent pour l’harmonie parfaite. Vivement, que le vivre-ensemble devienne une réalité.    

Jacques Pierre SEH  


Réaction :
Nkoulou Alain
Jeune camerounais

nkoulou_Alain
Le 20 mai c’est la fête de l’unité du Cameroun, où  les camerounais doivent montrer cette appartenance à une seule et même nation. En ce moment, on est ni anglophone ni francophone mais juste camerounais du nord au sud de l’est à l’ouest. Pour dire qu’on doit se sentir camerounais partout au Cameroun, avec nos défauts et nos qualités en quel que sorte une acceptation mutuelle partout. Nous nous côtoyons, on doit se supporter et avancer  ensemble pour le développement de notre pays. Nous devons faire ensemble dans tous les domaines et partager les fruits de la croissance pour tous les citoyens.  Actuellement, nos frères de la zone anglophone revendiquent la partition du pays, un pays qui a été construit sur la base d’énormes sacrifices. C’est une invite au dialogue à cette occasion, qu’on s’en souvienne de ce qui a été fait pour qu’enfin on en arrive à l’unité. Les plus important pour nous actuellement c’est de s’assoir, discuter,  de consolider notre vision camerounaise de développement avec toutes les entités. Il nous faut penser à la paix au Cameroun d’aujourd’hui et celui de demain. Ceci passe par les différentes opportunités qu’on donne aux jeunes à se réunir, à oser par l’entreprise des actions communes. D’où la nécessité de cet encadrement, de ce soutien à cette jeunesse car, la diversité du Cameroun devrait être perçue comme un atout pour le développement et non un frein. Il nous faut reconstruire cette appartenance à la nation, cela passe par l’apaisement des cœurs, l’acceptation de tous, et l’accélération de la décentralisation pour que la base puisse se sentir impliquée dans les actions de développement.


Propos recueillis par/ Jacques Pierre SEH   
 

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