SUD,Les populations attendent la mue des sénateurs

Sénatoriales 2018. SUD,Les populations attendent la mue des sénateurs

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A l’instar des autres régions du Cameroun, le Sud connait également les partis en lisses pour la course vers les sénatoriales.

 La coloration des exécutifs municipaux est à la couleur du rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), ce qui ne décourage pas les autres formations politiques, l’Undp et l’Andp. Le départ est à nouveau pris pour le même objectif celui de gagner les 07 sièges prévus pour le sénat dans cette édition de mars 2018. Mais pour les observateurs de la scène politique dans la région natale du président de la république et fief du Rdpc, cinq ans sont vite passés. S’il faut retenir quelque chose pour ces tout-premiers sénateurs du Cameroun, chaque citoyen y va de son appréciation en termes d’un quelconque bilan. Mais à l’évidence, à lire dans un prisme convergent, les populations à travers les conseillers municipaux pas grand-chose à se mettre sur la dent, même pas des simples comptes-rendus du sénat. Moins encore des actions de charité à l’endroit de ceux qui en avaient plus besoin. Normal, ils n’ont de compte à rendre qu’au parti qui les a investis. L’enjeu étant dilué ici, il ne reste qu’aux colistiers chacun à son niveau à s’engager déjà dans les préparatifs des réjouissances au soir de la proclamation des résultats. Des personnes rencontrées dans les rues de la cité capitale attestent qu’elles ont encore toutes les peines à dissocier le rôle dévolu au sénat à celui des députés du point de vue pratique. Pire encore sur le terrain où les citoyens n’arrivent pas toujours à avoir les idées nettes, sur son utilité pour un pays en construction ou les besoins de survie priment sur l’ostentatoire. Les populations s’interrogent sur la capacité des conseillers municipaux, les seuls  électeurs que peuvent-ils face à la discipline du parti, certainement pas grand-chose. Comme dans une rencontre sans enjeu, le spectacle est souvent absent puisqu’ à ce jour on n’aperçoit aucun des colistiers sur le terrain pour séduire les conseillers. Peut être les candidats s’organisent pour mieux convaincre les conseillers, seuls électeurs.  

Jacques Pierre SEH

Réaction
 Majesté Beh Atangana Emmanuel
Chef du village de Mebae par Ngalan


Cinq ans après, on vote à nouveau les sénateurs quel bilan avez-vous de ces élus ?
On va parler du bilan par rapport à leur séjour dans cette institution. Je pense que dans les postes électifs, quand le peuple te fait confiance, il faut tout faire pour honorer ce contrat d’engagement avec des résultats concrets. Pour ce qui est de ce mandat qui s’est achevé, honnêtement nous ne retenons rien d’eux. Leur séjour là bas a été un gros passage à vide, c’est regrettable mais c’est cela que nous observons en ce qui concerne la région du Sud d’une manière générale et singulièrement le département de la Mvila. Je n’ai senti aucune ombre d’un acte ou de réalisation des sénateurs, pire encore le simple compte-rendu pour le respect de leurs électeurs, voire des populations. Malheureusement, ce sont les mêmes qui ont été reconduit par l’instance du Rdpc, on respect leur choix tout en constatant également la frustration de la base.


Pensez-vous que l’apport de cette chambre est important pour notre parlement ?
Il faut également savoir copier le bon exemple comme disait un artiste. Dans certains pays, on a agi avec courage au vue de  la marque peu visible du sénat, on l’a dissout  carrément. Ainsi, personnellement le pays aurait fait une économie et investir ailleurs dans d’autres priorités en dissolvant également cette chambre pour le moment.  On a déjà les députés. Mais avec le sénat, on a comme l’impression qu’il y a chevauchement des rôles ou alors que les deux chambres font la même chose au même moment. C’est ce qui explique le flou qui habite les populations aujourd’hui. Il faut une explication large pour le bas-peuple qui a envie de comprendre le bienfondé de ce qu’on appelle chambre haute du parlement.
 

Les listes des plénipotentiaires pour cette course au sénat sont connues, que dire de l’équipe du parti au pouvoir dans le Sud ?
Je suis stupéfait, ce sont presque les mêmes toujours. Il n’y a pas un esprit de renouvellement même de la pensée pour essayer de voir avec les nouvelles énergies aussi. Mais que non, on a reconduit la liste à 95%, malgré l’absence des résultats et la volonté contraire de la base. La course aux postes montre qu’on se bat pour se positionner et non pour servir. Cette attitude émousse entièrement l’espoir des autres citoyens qui vont se sentir exclus dans la gestion des choses de leur propre pays. Les hommes et les femmes capables de faire mieux ne manquent pas dans ce pays. Nous constatons que ce mode de fonctionnement correspond bien à notre pays, avec des frustrations.
 

Le Sud est dit bastion du Rdpc et région natale du président de la république, entant que chef traditionnel que dire ?   
Le Nnôm ngii c’est notre appellation, c’est la sagesse suprême. Il a fait tout ce qu’il pouvait faire, mais malheureusement autour de lui, il existe toujours un environnement des gens de  peu de foi qui œuvre à contre courant. Il faut que ces gens acceptent accompagner véritablement le Nnôm Ngii dans la mise en œuvre de son projet de développement. Le peuple crie, il aspire à meilleures conditions de vie, au bien-être mais reçoit en retour les frustrations. Les exemples sont là, voilà une route de sept kilomètres qui rallie plusieurs villages, les travaux prévus pour 4 mois sont aujourd’hui à 2 ans et pas d’explications au peuple. Pourtant cette route devrait apporter un grand soulagement aux populations de ces coins pendant les pluies. Les petits appuis qu’on doit donner au pauvres paysans ne les parviennent pas, on créé des structures fictives pour arracher encore ces appuis voilà l’image du pays pour ne citer que ces exemples. Nous disons au président de poursuivre sa mission, à ceux qu’il fait confiance de revoir leur manière de faire, d’innover et d’anticiper.
 

Comment voyez-vous le Cameroun aujourd’hui ?
Lorsqu’on retrouve toujours les mêmes et partout, c’est un peu comme si on était dans un règne des clans. Il y a un phénomène au Cameroun appelé parrainage qui ne fait pas avancer le pays, et n’accorde pas de chance à l’ensemble des citoyens pour avoir une position dans ce pays. Il faut  avoir un protégé, il faut être recommandé par…, voilà le point faible de notre pays. Il s’agit là, d’un véritable frein au développement. Voyez le Cameroun après les années 60 et le comparer au Cameroun actuel, la conclusion sera vite tirée, on s’est enfoncé dans un abîme de désagrégation des valeurs morales. Ce rythme effrite l’espoir du peuple qui pointe déjà l’horizon de l’émergence.


Propos recueillis par/ Jacques Pierre SEH

Société

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