SUD,La gestion des forêts communales au centre des débats à Ebolowa

Cameroun - Environnement. SUD,La gestion des forêts communales au centre des débats à Ebolowa

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C’est l’objet d’une réunion d’échange tenue le 19 février dernier dans la salle de conférences de la délégation région des forêts et faune entre les maires dont les communes bénéficient de la forêt communale et le délégué des forêts et faune dans la région du Sud ceci dans le cadre du prolongement de la réunion des services centraux et extérieurs tenue récemment par le patron de ce département ministériel.


La région du Sud a un massif forestier évalué à environ 400.000 hectares. Elle région regorge environ 26 forêts communales dont quelques unes sont déjà en exploitation. Les quelques unes en exploitation ne présentent pas une lisibilité rassurante dans leur gestion en vue d’apporter un développement local au bénéfice des populations. Mais, cette exploitation forestière attise beaucoup d’appétit ouvrant ainsi une porte à toute sorte de pratiques maffieuses avec une cascade de complices pour l’exploitation des essences rares très prisées à l’export. Ainsi, les populations  riveraines disent être marginalisées par conséquent ne perçoivent rien de l’exploitation de leurs forêts. Du coup, les plaintes vont jusqu’au tribunal criminel spécial (Tcs) où les maires indexés doivent aller se justifier. Le cas de la mairie d’Ambam est le plus récent où le conseil municipal demande les comptes de gestion de la forêt communale au maire. C’est pour établir un diagnostic des problèmes qui minent les forêts communales, afin de projeter sur les meilleurs auspices d’où cette réunion visant à aider les maires à opter définitivement pour une gestion transparente. Pour Georges Mouncharou délégué régional des forêts et faune, « il est question de comprendre l’apport des forêts communales sur le développement local. Ceci, à travers les échanges avec les maires pour que ces forêts puissent apporter un impact visible sur la vie des populations. Il est question d’accompagner ces maires afin qu’ils s’approprient ce concept. Ce nouveau titre doit les permettre à apporter des changements visibles au niveau local. Ce qui va probablement se passer par les discussions et les échanges des contrats qu’ils signent avec les concessionnaires. Cela passe par la mise en place des cellules de foresterie communale au niveau des différentes forêts communales, par la mise en place des dispositions de l’arrêté conjoint n° 076 Minatd/ Minfi/ Minfof du 26 juin 2012 notamment le fonctionnement et l’opérationnalité des comités communaux. Le fonctionnement et l’opérationnalité des comités riverains, ce qui passera par la dynamisation des comités paysans forêts et  permettra de se rassurer qu’en même temps que la forêt rapporte des revenus, elle est suffisamment protégé par les mêmes comités riverains ». Il faut reconnaitre que certains problèmes paraissent par ignorance de certains maires qui se lancent dans la gestion forestière pour la première fois. Pour Nguiamba Jean Paul consultant en foresterie, chef de cellule forestière à la mairie d’Efoulan, « les tâches relatives au classement et à l’aménagement des forêts communales sont bien déterminées. Et les maires détenteurs des titres signent des contrats sans en avoir l’expertise nécessaire. Le partenaire ainsi, réussit dans ces conditions à sortir  des factures qui généralement sont contestées par les conseillers municipaux. Ces derniers exigent souvent voir clair d’abord sur les entrées et les sorties de ces argents pris par derrière auprès du partenaire. Parce que, c’est un argent que la commune devra rembourser, parfois même le montant n’est pas souvent connu. Beaucoup de maires confient donc la gestion de leur forêt communale a leurs  partenaires qui se retrouvent les mains libres, permis de tout faire parfois.
 De l’autre côté, il y’a des compromissions, des complicités également entre exploitant et administration forestière.  De là,   des écarts importants existent entre la coupe et les taxes d’abattage, en seconde position, et au niveau des calculs, c’est de là que commence les micmacs. Il faut comprendre que  la forêt communale rapport beaucoup des ressources qui devraient contribuer au développement local, mais malheureusement sont plus captées par les exploitants hommes d’affaire à travers des procédures en eau trouble pour les maires. Il faut donc une gestion transparente car, la décentralisation frappe à la porte.


Jacques Pierre SEH


Réaction
Bilong Elias
Maire de la commune de Bipindi

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«  Mais, ces derniers profitent de notre naïveté n’étant pas des professionnels dans le domaine pour glisser certaines dispositions contractuelles peu favorables pour la commune »
Quand on entend parler de forêt communale, on a pense à une très bonne affaire puisqu’elle permet de booster le développement de la commune. Elle est assujettie à beaucoup de procédures qu’il faut bien respecter. Au-delà des procédures, il y’a également l’environnement qui n’est pas toujours favorables. Ici, l’environnement représente les riverains qui ne connaissant pas grand-chose sur la forêt communale s’opposent à tout. Il faut ainsi essayer de les comprendre, et les expliquer l’intérêt que revêt une forêt communale pour leur épanouissement. Il faut aussi voir comme difficulté, les partenaires que nous choisissons nous-mêmes pour nous accompagner dans cette exploitation. Mais, ces derniers profitent de notre naïveté n’étant pas des professionnels dans le domaine pour glisser certaines dispositions contractuelles peu favorables pour la commune. Bipindi a une forêt inter communale avec Akom 2 pour 23.700 hectares et Lolodorf pour 47547 hectares. Ce sont des forêts qui devraient donner à l’arrondissement une autre dimension de développement. Mais, nous sommes butés à un relief très difficile, les grumes ne sortent pas aisément pour défaut de routes. A ce niveau, la commune n’a rien. Il faut reconnaitre que la forêt communale  revêt beaucoup de délicatesses compte tenu des lois qui l’encadrent. Mais avec les acquis de cet atelier, nous pensons avoir gagné un peu pour aller appliquer sur le terrain.
 

Propos recueillis par
Jacques Pierre SEH

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