SUD,Ebolowa : Deux années après les aviculteurs paient toujours le prix de la grippe aviaire

Grippe aviaire. SUD,Ebolowa : Deux années après les aviculteurs paient toujours le prix de la grippe aviaire

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Eux qui n’oublieront jamais le fameux 31 mai 2016, avec la descente musclée des responsables du Minepia suite à l’annonce d’un foyer de grippe aviaire au marché Oyenga à Ebolowa. Ce jour noir pour ces vendeurs, ils ont assisté impuissamment à la destruction systématique de tout ce qui faisait office de comptoir de vente de poulets sous un regard hagard.


L’alarme était au rouge dans le secteur du poulet, la grippe aviaire était là, la panique était aussi au rendez-vous.  S’était suite à une annonce d’un foyer de grippe aviaire du côté du complexe avicole de Mvog- beti, principal lieu de ravitaillement national en poussins d’un jour et autre provende pour les éleveurs. Tout a été systématiquement détruit, les victimes enregistrés, depuis lors plus rien. Ils avaient mis tout ce qu’ils disposaient en termes de ressources financières pour faire ce commerce qui, curieusement n’a pas prospéré. Le capital s’est envolé en fumée à ce jour, certains ce sont converti à l’agriculture d’autres sont carrément à la maison.

Leur espoir était du côté des pouvoirs publics qui pouvaient sauver ce secteur en remettant les acteurs de cette chaîne sur orbite avec des appuis de relance. C’est avec les larmes aux yeux qu’Yvette Abena ex-vendeuse de poulets au marché Oyenga se confie à nous. Elle s’était endettée à la tontine pour lancer cette affaire, deux années après elle est encore sous le poids de cette dette. C’est avec les revenus issus de ce commerce qu’elle réussissait à envoyer sa progéniture à l’école et à subvenir aux autres besoins de sa famille. Elle avait aussi été enregistré sur procès-verbal par les agents du Minepia, sur les quantités détruites depuis lors, aucune nouvelles de ce côté. A l’époque, il leur avait été dit qu’un point de vente devrait être construit aux normes modernes ce qui est encore attendu jusqu’à ce jour.

Les plus téméraires vendeurs, se débrouillent en bordure de la route à l’entrée du marché, une situation qui suscite des interrogations. Du côté de la délégation régionale du Minepia, pas d’accès à un responsable pour un quelconque éclairage. Au moment où le secteur avicole se mettait déjà sur pied dans la ville d’Ebolowa et de ses environs avec des élevages importants, comme un coup de massue, le secteur s’est tassé au point zéro. Ce qui a ouvert une porte à l’importation frauduleuse des découpes de poulets congelés dans les pays voisins. C’est un cri de détresse pour ces aviculteurs et les autres acteurs de la chaîne à savoir, vendeurs de poulets et de la provende. D’autres n’aimeraient plus entendre parler et s’offusquent de se confier à la presse, les plus forts mentalement essayent encore de témoigner leur déception.

Jacques Pierre SEH
 

Réaction
Kom Jules
Eleveur quartier New-Bell à Ebolowa
jules_Kom_eleveur
 Pensez-vous à la relance après le triste souvenir relatif à la crise de la grippe aviaire ?
J’ai été grandement sinistré par le passage de cette épizootie de la grippe aviaire, j’ai tout perdu. J’avais en  ferme 4000 poulets qui représentaient quatre bandes. Mais hélas, c’est parti jusqu’à ce jour je n’ai aucune nouvelle, aucune information de la part du ministère en charge de l’élevage. Voilà tous les efforts d’une vie qui sont partis en fumée et à ce jour on a plus de nouvelle. Nous pensions que les pouvoirs publics allaient, nous qui étions enregistrés, nous apporter un appui pour nous remettre dans l’activité. Il faut rebâtir les poulaillers détruits,  en attendant avoir encore les moyens.


Quelles sont les limites de vos efforts ?   
Vous savez que la filière avicole ne peut pas évoluer sans l’apport des pouvoirs publics, c’est bien l’autorité qui peut donner un souffle pour que les acteurs puissent produire. On ne fabrique pas de poussins d’un jour nous même à Ebolowa, nous achetons tous ces produits hors de la région du Sud. Vous comprenez directement que nos efforts  ou notre volonté à reprendre l’activité malgré le sinistre butte au manque de moyens. Moi, je veux bien me remettre à construite les bâtiments détruits, il me faudra les poussins, la provende et les autres produits de suivi. Si une subvention nous avait été accordée, moi je suis éleveur dès mon bas âge, je serai encore revenu dans la filière. Actuellement, je n’ai plus de ressources je fais juste les petits champs pour survivre.


Pensez-vous que l’état peut faire quoi  pour que vous reveniez à l’activité de l’élevage ?
Si l’état décide de relancer la filière il le fera,   aujourd’hui la filière est entrée dans une phase mortelle. Nous qui avons subi des destructions, que l’état nous aide à se remettre dans l’activité. Peut être que si nous arrivons à reconstruire les fermes, que l’état nous aide à les repeupler. Dans ce repeuplement, il faut non seulement les poussins mais aussi l’aliment. Si nous nous sentons pris en compte, ceci pourra permettre aux aviculteurs de pouvoir revenir à l’activité. Mais à l’état actuel, beaucoup d’éleveurs ont pensé à la reconversion, à d’autres secteurs d’activité. J’ai été traumatisé par cette situation que je ne voudrais plus m’en souvenir.
 

Quel état de lieu pouvez-vous faire maintenant du marché du poulet à Ebolowa ?
Le poulet qui est consommé à Ebolowa provient d’autres lieux pour la plupart. Les producteurs locaux ont été atteints en plein vol avec l’avènement de la grippe aviaire il y a deux années. Leurs élevages ont été détruits les ramenant au point zéro. Maintenant, il est question de relancer tout simplement.  A l’époque, on nous disait que s’était la promiscuité dans le point de vente qui était la cause et qu’un nouveau lieu moderne devrait être construit pour que la situation pareille n’arrive plus.  Deux années déjà passées, ont y est plus jamais revenu à cette annonce, c’est une affaire classée. Voilà alors le malheur de l’aviculteur, Ebolowa n’a pas de marché de poulet ainsi donc progressivement, les vendeurs réinvestissent les anciens lieux au regard de tous.


Propos recueillis par
Jacques Pierre SEH


 

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