SUD,Cultures endogènes et décentralisation au cœur du débat à Ebolowa

Cameroun - Politique. SUD,Cultures endogènes et décentralisation au cœur du débat à Ebolowa

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Une initiative de l’Ong Dynamique citoyenne à travers le concept de « la Grande Palabre » qui s’est tenue le 18 avril dernier à l’hôtel les destinées à Ebolowa où membres de la société civile, leaders d’opinion et les grands hommes de culture ont tenu à vivre ces exposés pleins d’enseignement.


Pour Félix Marcel Obam point-focal de dynamique citoyenne, part de plusieurs problématiques. Comment la région du Sud peut elle secréter une élite politique de manière endogène, porteuse de valeurs authentiques et capables de défendre les aspirations profondes des communautés locales. Egalement,  quelle dynamique peut on impulser pour mobiliser les forces intrinsèques de la région du Sud afin de mettre en place des exécutifs locaux encrés dans les communautés et disposé à se mettre résolument au service du développement local voire du Cameroun.

Où alors, peut on envisager une citoyenneté locale, incarnée par une jeunesse imprégnée des valeurs endogènes et portées vers la considération d’une nation camerounaise solidement nouée par les fibres tissées dans sa diversité multiculturelle. Voilà les thématiques variées qui ont permis aux différents panelistes de converger vers le point central à savoir que, la décentralisation  ne peut  contribuer au développement que si elle est implémentée localement par des leaders ayant un solide ancrage dans la communauté dont il serait l’émanation et porteurs de valeurs.

Car, pour Oba Biya Herman docteur en science de l’éducation et patriarche suprême des Yemfek, c’est une élite qui tirant sa légitimité dans des communautés sera soucieuse de son bien-être. Ayant en permanence le souci de redevabilité envers cette communauté. Pour lui, ces derniers en revanche, se reconnaissant dans ces leaders, seront mieux à même d’adhérer et de soutenir leurs initiatives en termes de politiques publiques locales. Ce qui permettra alors au sociologue Gilles André Ze Atée,  de voir les mécanismes de production des élites dans les communautés indigènes traditionnelles du Sud Cameroun. Et de voir la compatibilité qui pourrait exister avec les valeurs républicaines et de nature à consolider le vivre dans la région non seulement du Sud, mais au Cameroun tout entier.

Pour le Dr Ondja’a Félix, la décentralisation comporte des risques dans un contexte où  tous repères culturels sont bafoués. Il faut une refondation des valeurs qui soutiennent  les différents choix dans la société ancienne. Pour les participants avec la décentralisation, le système anglo-saxon est la mieux approprié pour cette décentralisation. Car, ici on n’admet pas le mode d’investiture dans la gestion des affaires de la cité. Et également tenir en compte le choix des candidatures par le modèle des candidats indépendants.

Car, pour être un dirigeant aujourd’hui, il n’est pas seulement question d’applaudir mais de convaincre les citoyens. Il est question d’apprécier la marge de manœuvre que le pouvoir central laissera aux régions pour la décentralisation. Il y a une seule et unique source de décision pour les affaires de la république, c’est bien ce qui se manifeste même avec la reproduction des élites politiques. Tenez pour exemple, c’est l’Enam seule qui forme, les magistrats, les gestionnaires des finances de l’état etc…. Malgré tout, il est question aujourd’hui de s’adapter aux réalités de la décentralisation actuelle.


Jacques Pierre SEH


Réaction
Jean Bosca Talla
Promoteur de la « Grande Palabre »

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Que vise « la Grande Palabre » ?

La grande palabre depuis son lancement vise un objectif, celui de permettre aux citoyens camerounais de se saisir de leurs problèmes, de les penser afin de pouvoir trouver une solution relativement à leurs environnement. L’autre objectif est de promouvoir la culture politique. Nous constatons que certains compatriotes  ne se comportent pas comme des citoyens, ils attendent tout et n’agissent pratiquement pas. Ce qui fait que, certains problèmes ne trouvent pas de solutions  tout simplement par les compatriotes des régions où grandes villes ne savent même pas les poser. La grande palabre est donc ce cadre qui suscite la formation à la citoyenneté. Ce qui permet de prendre conscience de sa qualité de citoyen. Quand on prend conscience, on crée des droits et on sait qu’on a des droits inaliénables et inviolables.


A ce jour quel peut être le bilan de la « Grande Palabre » ?
Nous sommes presqu’à une soixantaine de sessions déjà tenues sur l’ensemble du territoire national avec des thématiques variées. L’affluence est de plus en plus accrue malgré les difficultés rencontrées sur le terrain dans certaines régions. Comme c’est le cas à Yaoundé où nous avons intenté des procès contre certaines autorités administratives. C’est également l’occasion de saluer ici, celles des autorités qui se distinguent par leur conformité à la loi. C’est le cas du sous-préfet d’Ebolowa II ème qui a autorisé la tenue de cette rencontre de réflexion et de formation à la citoyenneté. A ce jour, la Grande Palabre a déjà produit 02 ouvrages parce que nous avons pensé que les paroles s’envolent et seuls les écrits peuvent rester. Afin de contribuer à la formation de la citoyenneté des camerounais. On se dit que quelque fois, les camerounais n’agissent pas très souvent  parce qu’ils ne connaissent pas.


Quelle est la visée de la « Grande Palabre » par rapport à la décentralisation ?
En réalité, au niveau de cette plateforme de réflexion, le problème qui se pose aujourd’hui ne doit pas se référer à la décentralisation annoncée. Si on veut se référer à la crise dans la zone  anglophone, ou alors au fédéralisme avancé par certains. A la Grande Palabre, le problème qui se pose à trait d’abord à la nature de l’état avant la forme de l’état. Doit on toujours avoir un état néocolonial ou alors patrimonial c'est-à-dire un état où les pays tuteurs continuent à choisir nos dirigeants. Par la suite, les camerounais peuvent se mettre ensemble pour  trouver la forme de l’état qui les convient. En dehors de cette démarche, on aura peu de chance à avoir des structures décentralisées dignes de la volonté de la base. Vous allez vous rendre compte que toutes nos administrations sont des copies fidèles de l’administration coloniale. Est-ce que c’est ce qui correspond  à l’identité camerounaise ou africaine.


Pourquoi avez-vous choisi l’appellation « La Grande Palabre » ?
Nous pouvions appeler conférence débat. Parce qu’en réalité dans le contexte africain, parler de palabre renvoie à notre identité. Parce que nos ancêtres  résolvaient les problèmes de la société sous l’arbre à palabre. Là, il n’y avait pas de débat, mais plutôt de discussions. Car, dans le débat on cherche à convaincre alors que dans la discussion on recherche plutôt la meilleure solution aux problèmes de la société comme la nôtre.


Propos recueillis par/ Jacques Pierre SEH

Culture