Pourquoi les résultats du concours d’entrée à la police tardent

Cameroun - Sécurité. Pourquoi les résultats du concours d’entrée à la police tardent

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Voilà une dizaine de mois que les différents concours pour le recrutement des fonctionnaires de police à différents grades ont eu lieu. Les résultats définitifs toujours attendus. CT a approché la DGSN.



Mai 2017. Un arrêté du délégué général à la Sûreté nationale pour l’ouverture d’un concours direct pour le recrutement de près de 5 000 élèves-gardiens de la paix au Centre d’instruction et d’application de la Police (CIAP) de Mutengene est signé. L’arrêté sus-évoqué sera suivi d’autres, portant ouverture de concours pour le recrutement des élèves-inspecteurs de police, pour la même institution, des élèves officiers de police et des élèves-commissaires de police pour le compte de l’Ecole nationale supérieure de police de Yaoundé (ENSPY). Au total, les différents concours ouverts par les autorités camerounaises donnent droit à 5 750 places au sein de la Police camerounaise, et ce dans les différents grades de ce corps. Celles-ci se répartissent comme suit pour les concours directs : 5 020 élèves-gardiens de la paix, ce qui est une grande première en matière de recrutement au sein de la Police nationale ; 415 élèves-inspecteurs de police ; 110 élèves-officiers de police et 80 élèves-commissaires de police. Alors que les concours spéciaux, réservés à ceux des éléments de ce corps jouissant déjà d’une ancienneté d’au moins cinq ans prévoient 50 élèves-inspecteurs de police ; 50 élèves-officiers de police et 25 élèves-commissaires de police. Les différents concours ont eu lieu entre le 5 août et le 2 septembre de la même année, c’est-à-dire 2017, pour ce qui est des épreuves écrites notamment. Un échelonnage qui permet de laisser la possibilité à un candidat de postuler à plusieurs grades.

Un processus informatisé

Selon des informations puisées à bonne source, ils étaient plus de 150 000 jeunes camerounais, dont l’âge variait entre 17 et 30 ans à avoir fait acte de candidature. Parmi ceux-ci, l’on dénombre environ 70 000 qui briguaient le grade d’élève-gardien de la paix, alors que 64 000 voulaient devenir inspecteurs de police. 17 000 ont postulé pour le grade d’officier de police et 5 000 espéraient arborer les quatre étoiles des commissaires de police. Le processus mis en place est dès lors simple : inscriptions en ligne, car au niveau de la délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN), souligne-t-on, l’on voulait éviter le maximum de contacts entre les candidats et les personnes impliquées dans l’organisation. Une inscription qui donnait ensuite droit à un numéro. Le système ainsi institué permet au candidat d’évoluer sous anonymat. Des innovations qui vont d’ailleurs se poursuivre lors des épreuves écrites qui voient, en lieu et place des noms et numéros de candidats généralement utilisés, l’instauration du code à barres qui est la représentation d’une donnée numérique sous forme de symbole constitué de barres. L’usage de cette technologie dans ce processus, si elle peut apparaître simple, limite néanmoins toute intrusion par des mains inexpertes. Elle est d’ailleurs appliquée jusque dans les épreuves physiques et même l’oral tient-on à préciser.

Des concours de plus en plus relevés

Selon les mêmes sources approchées par CT, une chose caractérise désormais les concours d’entrée à la Police camerounaise : le niveau des postulants. L’on indique à cet effet que pour la dernière cuvée des inspecteurs de police sortie le 23 mars 2018, sur 993 lauréats, 87 étaient titulaires des Masters I et II ; 211 étaient licenciés de nos universités alors que près de 475 étaient détenteurs d’un baccalauréat ou d’un GCE Advanced Level tandis que 80 étaient admis avec un probatoire. Au total, 86% des admis à ce grade avaient un niveau supérieur à celui requis, c’està- dire le BEPC et du GCE Ordinary Level. La même tendance avait déjà été observée l’année d’avant lors de la publication des résultats pour le recrutement de 3 500 élèves-gardiens de la paix. Seuls 16% des admis étaient titulaires du CEP ou CEPE et du First School Living Certificate. Pour les responsables de la Sûreté nationale, tout ceci contribue à surévaluer les concours d’entrée aux différents grades de la Police camerounaise.

Les différents critères de sélection

9 300 candidats ont été déclarés admissibles sur les 150 000 ayant pris part aux différents concours. Le premier critère, tous grades confondus, tiennent à préciser les autorités policières, reste le mérite. Ensuite, sont pris en compte, pour ce qui est des élèves-commissaires et des élèves-officiers de police, l’équilibre régional et le poids démographique de la région. Pour les élèves-inspecteurs de police, le département d’origine du candidat est l’un des critères. En clair, il est question de voir les 58 départements que compte le Cameroun représentés ici. Au niveau des élèvesgardiens de la paix, l’arrondissement d’origine du candidat rentre en jeu. Nos informations soulignent d’ailleurs qu’à ce niveau, cinq des 360 arrondissements que compte le Cameroun n’ont pas présenté de candidats pour les gardiens de la paix. Last but not the least, et comme le prévoit la Loi fondamentale camerounaise, la prise en compte des minorités n’est pas un fait anodin. La spécialisation est également un atout supplémentaire pour les différents candidats aux concours ouverts.

Quid des résultats définitifs

Selon les sources approchées auprès de la délégation générale à la Sûreté nationale, le système d’informatisation mis en place dans l’organisation des différents concours a permis de disposer de résultats d’admissibilité deux semaines après les épreuves écrites. Les infrastructures du CIAP de Mutengene pouvaient-elles, en l’état, accueillir près de 6 000 pensionnaires ? A la DGSN, nos sources indiquent que non. Car c’est la première fois qu’un concours direct pour le recrutement de plus de 5 000 élèves-gardiens de la paix est ouvert dans notre pays. C’est donc fort de cela que le président de la République, chef suprême des forces de police, a donné des instructions pour la mise à niveau du Centre avec la construction de nouvelles infrastructures devant permettre d’accueillir les nouveaux admis.

Jean Francis BELIBI

 



Police Entrance Examination Results: Reasons For The Delay

The need to readjust to new dispensation and infrastructure innovation are among the factors authorities say delayed the publication of results.

The fate of the candidates who sat for the 2017 police entrance examination is still hanging on the scale after the publication of the written part of the examination. It took almost ten months since the examination was written, precisely between August 05 and September 02, 2017, for the written part of the results to be published.

Authoritative sources at the General Delegation for National Security say the delay was as a result of the readjustments made in order to admit more youth into the profession, provide greater job opportunities, meticulously screen the examination to ensure transparency, impartiality and equity and above all, the need to undertake infrastructure innovation at the various training centres, notably the Police School in Mutengene.

That notwithstanding, the results proper of the written part were in effect, ready two weeks after. It takes two to tango to organise an examination as popular as the police entrance exams that has for the past years attracted increasing popular attention leading to the participation of several thousand candidates, DGSN authorities say. Organisers of the entrance examination say a lot of measures were taken in terms of innovation to ensure transparency and equity.

The entrance examination of which the results are still giving candidates who went through the written part insomnia as they wait for the various oral, physical and health tests, witnessed the participation of 156,000 candidates for the 5,750 places advertised up from 4,700 the previous year, statistics from the General Delegation of National Security indicated. Of this number, 5,000 wrote to be trained as Superintendants of Police, 17,000 as Assistant Superintendents of Police, 64,000 as Police Inspectors, and 70,000 as Constables.

The following positions were advertised: 80 places for Superintendants of Police, 110 for Assistant Superintendents of Police, 415 for Police Inspectors and 5,020 for Police Constables. In-service examination was equally organised for those seeking higher grades.

These include: 25 Superintendants of Police, 50 Assistant Superintendents of Police and 50 Inspectors. Special examinations were equally organised to recruit more technicians in various fields, notably: electricians, medics, drivers and musicians among others.

Organisation Procedure The new dispensation now takes into consideration exigencies of information and communication technology as well as those of digital economy. According to authorities of DGSN, all registration were made on-line prior to the depositing of registration documents. In effect, it consisted of on-line registration, attribution of registration numbers, payment of examination fee through Express Union microfinance before the depositing of documents on appointment.

The examination is said to have undergone serious transformation from manual to computerised system of management. All that was done and will continue to be done from when the exam is written through the various tests, physical and medical, conducted under strict anonymity, DGSN authorities assure, stating that all pages of the writing sheets were readily coded.

Marking was done by two or three people and the average mark attributed to the candidate. Candidates were completely forbidden to give their names during the oral stage of the examination.

The jury was not known ahead of time while physical and medical test were all codified.To go by the explanations of authoritative sources at the General Delegation of National Security, merit, Regional balance and demographic qualities are the major elements in the admission criteria.

Results for Superintendent of Police and Assistant Superintendent of Police for instance, are released according to merit and Regions, those of Inspectors in respect of merit and Divisions and Police Constable, merit and Sub Divisions. Worthy of note is the fact that all those admitted must score at least 14 on 20..

Infrastructure Exigencies The Police entrance examination has become an examination for over qualified candidates. Since 2016, many candidates with higher certificates choose to write for lower grade positions. Statistics show that about 86 per cent of those who wrote had certificates that are higher than the ones required.

The increase in the number of people recruited into the police demands a corresponding increase in infrastructure. From 3,000 last year, the number of Police Constables alone has increased to over 5,000. All these including Police Inspectors will be trained at the Police School in Mutengene.

The present infrastructure cannot accommodate all of them. It is for this reason, that innovation work has been engaged. The dormitories are being extended as well as the classroom, refectories, toilets, kitchen among others. The school after the present innovation is capable of hosting up to 7,000 police trainees.
 

LUKONG Pius NYUYLIME

Société

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