Lundi le 13 Novembre 2017 05:38:07 cameroun24.net Opinion

Crise Anglophone. Meurtre de gendarmes:la Commission des droits de l’Homme condamne

Le communiqué de presse parvenu à notre Rédaction.

| Nous suivre sur facebook | Nous suivre sur twitter |


«Le 6 novembre 2017, des sécessionnistes radicaux ont tué, à l’aide d’une arme à feu, le gendarme Bienvenue Ndjonlay à Jakiri, à la suite d’une attaque armée contre le lycée technique de cette localité. Une attaque au cours de laquelles des élèves et enseignants ont été brutalisés pour empêcher le bon déroulement des enseignements.

Dans la nuit du 8 au 9 novembre, deux autres gendarmes, le maréchal des logis chef René Hinna et l’élève gendarme David Sali ont trouvé la mort dans des circonstances similaires dans la ville de Bamenda, victimes d’attaques terroristes des mêmes  sécessionnistes radicaux.

David Sali a été froidement abattu, alors qu’il montait la garde d’un établissement scolaire du quartier Bayele. De même, dans la nuit du 9 au 10 novembre 2017, le 2e classe Emmanuel Yaya a également été tué dans des circonstances atroces. Une commerçante, Jeannette Ngawafu, a également été tuée dans le cadre de ces attaques qui ont entraînté plusieurs blessés graves.Par la suite, la légion de gendarmerie d’Up Station a été attaquée sans que les assaillants réussissent à faire des victimes.

Ces attaques coordonnées ont ciblé des forces de sécurité chargées de protéger des établissements scolairs et d’assurer la sécurité des personnes et des biens, notamment en prévenant, par des contrôles, les actes des terroristes qui tentent d’imposer anti-démocratiquement aux populations le respect du mot d’ordre obscurantiste de boycott de l’école.

Elles s’inscrivent dans le prolongement de l’attaque terroriste à la bombe perpétrée par les mêmes sécessionnistes radicaux contre des policiers qui protègent l’hôpital régional de Bamenda le 21 septembre 2017, faisnt trois blessés graves.

Au moins quatre établissements scolaires ont été incendiés par des activistes entre le 13 août et le 1er novembre 2017, pour en imposer la fermeture par la force (le Baptist Comprehensive College de Nkwen, le dortoir du Sacred Heart College de  Mankon, l’Ecole Bilingue presbytérienne de Jakiri à Kumbo et la Presbyterian Secondary School de Bafut).

En outre, le 28 octobre 2017 quand l’avocat Felix Agbor Balla Nkhongo (l’un des leaders du mouvement d’humeur déclenché dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et qui a été libéré), a lancé un appel à la reprise de l’école, sa résidence familiale a été incendiée.

L’on a aussi en mémoire la dizaine de personnes tuées et les nombreux blessés pendant les manifestations du 22 septembre et du 1er octobre 2017.
La Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (ci-après : « CNDHL ») adresse ses condoléances émues aux familles de toutes les victimes et condamne avec la dernière énergie ces actes barbarers qui portent, de manière répétée, atteinte au droit à la vie et à l’intégrité physique des éléments des forces de sécurité nationales qui oeuvrent à la tranquillité publique et aux droits des populations dont certaines vaquaient innocemment à leurs occupations pour la prospérité de tous.

De même, ces attaques portent frontalement atteinte au droit fondamental à l’éducation et au droit de propriété, protégés par la Constitution, par divers instruments internationaux ainsi que par diverses lois et par des règlements du pays. Ces droits sont massivement violés par les donneurs d’ordre du boycott et des villes mortes depuis plus d’une année.

Ces attaques, combinées à celles dont les forces de sécurité sont victimes, témoignent de l’intolérance et du caractère antidémocratique et de la barbarie de leurs auteurs qui recourent systématiquement à la violence à environ six mois des élections municipales et législatives qui sont susceptibles de leur permettre de désigner des représentants de leur choix, aptes à porter des revendications politiques dans une société civile.

La CNDHL salue particulièrement la mémoire de ces héros des droits de l’Homme, tombés au champ d’honneur de la noble cause de l’éducation, de la protection des libertés et du droit de propriété, qui participent des devoirs impérieux de l’Etat.

Le droit à l’éducation à la protection duquel participaient la plupart des victimes de la barbarie obscurantiste des terroristes séparatistes est notamment garanti par la Constitution camerounaise du 18 janvier 1996 qui dispose, en son préambule (18e tiret) que : « l’Etat assure à l’enfant le droit à l’instruction. L’enseignement primaire est obligatoire.

L’organisation et le contrôle de l’enseignement à tous les degrés sont des devoirs impérieux de l’Etat ». Ce droit est également consacré dans de nombreux instruments juridiques régionaux et internationaux ratifiés par l’Etat du Cameroun. ainsi, la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples pose, à l’alinéa 1er de son article 17, que « toute personne a droit à l’éducation ».

De même, l’alinéa 1er de l’article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels stipule que les « Etats parties au présent pacte reconnaissent le droit de toute personne à l’éducation. Ils conviennent que l’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité et renforcer le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

Ils conviennent en outre que l’éducation doit mettre toute personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre, favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les raciaux, ethniques ou religieux et encourager le développement des activités des Nations unies pour le maintien de la paix ».

Au regard de ce cadre juridique qui exige de tous le respect du droit fondamental à la vie et à l’intégrité physique, du droit à la propriété et du droit à l’éducation, et rappelant les résolutions du Conseil de sécurité de l’organisation des Nations unies qui qualifie « tous les actes de terrorisme, quels qu’ils soient, [comme] criminels et injustifiables, quels qu’en soient les motivations, l’époque et les auteurs », la CNDHL exhorte toutes les organisations nationales de la société civile et toutes les organisations non gouvernementales à lui prêter main forte pour condamner unanimement ces atteintes sauvages aux droits de la personne.

D’autant qu’elles survienent à un moment où le chef de l’Etat ne cesse de multiplier des mesures d’apaisement tendant à répondre favorablement aux demandes sociales légitimes des contestataires.

La CNDHL encourage les pouvoirs publics à rechercher et à traduire en justice les auteurs de ces actes de barbarie tout en continuant de prendre les mesures appropriées pour assurer la pleine jouissance du droit à la vie et à l’intégrité physique, du droit de propriété et du droit à l’éducation à toutes les populations du Cameroun, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. La CNDHL salue l’initiative du gouvernement de renforcer le dispositif de sécurité autour des établissements d’enseignements primaire, secondaire et supérieur.

La CNDHL invite les donneurs d’ordre tapis dans l’ombre et les exécutants de ces basses besognes à revenir au dialogue et aux voies démocratiques pour la solution de tous les problèmes d’intérêt général ».

Fait à Yaoundé,
le 10 novembre 2017
Le vice-président

 

James MOUANGUE KOBILA