Les visages contrastés de l’urbanisation au Cameroun

Cameroun - Urbanisme. Les visages contrastés de l’urbanisation au Cameroun

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Les faits.Dans les grandes villes, des villas huppées des quartiers chics côtoient des bidonvilles qui subissent la pression démographique selon une enquête CT.



Des maisons en terre battue ou en planches parfois sans ouverture, avec des toitures serrées les unes contre les autres  et recouvertes de vieilles tôles. Voilà le type de maisons d’habitation qu’on trouve dans les quartiers pauvres des grandes villes du pays. Faute de routes digne de ce nom, les habitants s’y faufilent pour se rendre chez eux.

Sur les flancs des collines, dans les marécages, le spectacle est désolant. Dans certains quartiers de la ville de Yaoundé comme Briqueterie, Rue Manguiers, Etam-Bafia, Ntaba-Bastos et Etoa-Meki, etc.,  chacun exploite sa parcelle de terrain en fonction de ses moyens financiers. C’est pourquoi la plupart de ces constructions ne correspondent à aucune architecture.

Dans ces quartiers spontanés, la promiscuité a fait son lit. Les locataires et les membres de leurs familles se partagent parfois une seule chambre. Le système d’assainissement, quand il existe, est sommaire. Cette situation a pour corollaires la dépravation des mœurs et le développement des maladies hydriques, sans oublier le paludisme. « Quand on regarde certaines maisons d’habitation, on se demande si l’on est dans une grande ville. Il y a un contraste terrible entre les maisons du centre-ville et celles de certains quartiers. On passe aisément d’un immeuble à étages ou d’un duplex à une maison sans forme et sale », confie Joseph Marie Boumsong, opérateur économique.

Ce tableau est identique dans toutes les villes du Cameroun. A Douala par exemple, les décors des quartiers New-Bell, Nkololoun ou Kassalafam ne payent pas de mine. Dans ces quartiers, les rigoles pleines d’eau sale sont bourrées de déchets le long de la route, qui dégagent des odeurs nauséabondes.
Pourtant, les logements qui sont situés dans les centres-villes ont plutôt fière allure.

Dans certains quartiers comme Bastos, Santa Barbara à Yaoundé, Akwa et Bonanjo à Douala, les villas et duplex se disputent la vedette, y compris des appartements et immeubles à un ou plusieurs étages. Encore qu’à ce niveau, pour certains habitants, beaucoup reste à faire. « Nous avons de grands centres commerciaux dont la beauté ne laisse personne indifférent. Ceux-ci  perdent de leur éclat parce qu’à côté se trouve un immeuble ou un magasin mal entretenu », poursuit Mirabelle Ngazoa, une habitante de Yaoundé.

Et de poursuivre : « Il faudrait que l’architecture des maisons et des immeubles soit harmonisée avec des routes bien tracées comme on le voit en Europe et même dans certains pays d’Afrique ». Dans les nouveaux quartiers qui naissent à la périphérie, les fautes d’hier en matière d’urbanisation ont tendance à se répéter. « En l’absence d’un plan d’urbanisation ou en violation de ce plan lorsqu’il existe, certains propriétaires terriens construisent à leur guise en empiétant sur les bornes et les servitudes. Vivement que l’Etat prenne le taureau par les cornes », conclut un habitant de Douala.

Sorèle GUEBEDIANG à BESSONG
 

Société