Crise Anglophone. Les élites et chefs traditionnels se concertent sur la situation dans le Sud-ouest

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Samedi à Yaoundé, ils ont encouragé le président de la République dans la prise de mesures pour résoudre la crise et appelé les jeunes de la région à prendre conscience de la situation lit-on dans les colonnes de CT.


Une dizaine de points à l’ordre du jour de cette concertation qui regroupait les membres de la Conférence des chefs traditionnels du Sud-Ouest (SWECC) et l’association des élites de cette région (SWELA) samedi dernier au Palais des Congrès de Yaoundé. Ils étaient tous là, chefs traditionnels, membres du gouvernement, parlementaires, élus locaux, élites intérieures et extérieures… Mais un dénominateur commun à tous ceux-ci, la situation que vit cette région, au même titre que la région voisine du Nord-Ouest en ce moment. Un peu plus de quatre heures d’échanges pour faire le point d’une situation jugée « préoccupante » par l’ancien Premier ministre, et non moins président de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, Peter Mafany Musonge, dans son mot introductif. Il a ainsi dénoncé les souffrances infligées à d’innocentes populations par des bandes armées. Peter Mafany Musonge a déploré que ces égarements n’épargnent même plus « les chefs traditionnels et les élites qui sont enlevés, torturés et tués comme si ceux-ci n’avaient pas le droit d’exister en tant qu’êtres humains». L’opérateur a regretté que le Sud-Ouest soit devenu un lieu d’expérimentation d’actes diaboliques : « Notre région est, hélas, devenue un endroit où rien de bien ou de positif ne peut être attendu ».


Cette situation, de l’avis des participants a de fortes répercussions sur la vie socio-économique de la région. « Nous militons pour un Etat unitaire décentralisé, un et indivisible », a martelé l’ancien Premier ministre. Il était donc question pour les participants à la concertation de samedi dernier de devenir des solutions aux problèmes qui se posent dans leur région. Une dizaine de mesures ont été arrêtées à l’issue de cette rencontre et rendues publiques dans le communiqué final sanctionnant les travaux. « La région du Sud-Ouest continuera d’être une terre d’accueil pour tous les Camerounais épris de paix et qui entendent vivre dans la concorde avec tout le monde », peut-on y lire. Sur la « conférence générale anglophone » projetée pour la fin de ce mois et reportée en novembre 2018, les chefs traditionnels et les élites du Sud-Ouest trouvent l’initiative « prématurée ». Les membres de la SWELA et ceux de la SWECC ont convenu de travailler en synergie en vue d’une sensibilisation des jeunes de la région sur les dangers du développement de la culture de la violence. Il est par ailleurs question de prendre les mesures appropriées en vue d’un retour de tous les chefs dans leurs lieux habituels de résidence, ceci de concert avec les autorités administratives. Les chefs traditionnels et les élites ont convenu de continuer à encourager le président de la République dans la prise de solutions pour résoudre définitivement la crise qui secoue les régions. Ils annoncent pour le 25 du mois courant, une autre concertation sur le thème de la paix et de l’unité à Buea.

Jean Francis BELIBI

Société