Le social et l'économie font les choux gras des journaux camerounais

Cameroun - Revue de presse. Le social et l'économie font les choux gras des journaux camerounais

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Le recrutement annoncé de 2000 enseignants dans les universités d’État enthousiasme plusieurs journaux camerounais parus jeudi, non sans susciter d’autres analyses sur les performances économiques du pays vues par le Fonds monétaire international (FMI).


«Recrutement des enseignants : Paul Biya tient ses promesses» : sous ce titre, L’Épervier salue ce qu’il considère comme la loyauté du chef de l’État à l’endroit de ses jeunes compatriotes.

Et de rappeler que le 6 novembre dernier, à l’occasion de sa prestation de serment pour le nouveau septennat, le président de la République s’était engagé à faciliter l’intégration sociale des jeunes en développant encore davantage le système éducatif du pays, à tous les niveaux, en mettant l’accent sur la professionnalisation.

Le président de la République n’a pas attendu longtemps pour mettre en œuvre ses promesses aux jeunes, appuie L’Essentiel, évoquant «un acte fort de Paul Biya au bénéfice des jeunes et d’application immédiate».

C’est «le premier geste fort du septennat», applaudit le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, rappelant, justement, le discours inaugural du 7ème mandat du président réélu devant le Parlement, lui qui a demandé à ses jeunes compatriotes de ne pas perdre espoir, ayant compris leur aspiration profonde à des changements qui leur ouvrent les portes de l’avenir et permettent leur plein épanouissement.

«J’ai tout aussi compris votre désir de mieux participer à la prise des décisions qui engagent l’avenir de notre pays. J’en tiendrai compte en ayant à l’esprit que le Cameroun de demain se fera avec vous», reprend le journal bilingue.

Ce qu’il convient de noter, insiste L’Essentiel, également proche du pouvoir, c’est que cette opération vient apporter une bouffée d’oxygène à un corps de métier qui souffre d’un déficit criard de personnel diplômé en Ph-D, un corps d’enseignants assistants dont le collectif, en chômage, a ces dernières années manifesté son courroux vis-à-vis du gouvernement.

Et, pendant que le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, salue lui aussi comme de bien entendu la mesure, c’est le bureau exécutif du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) qui vient jouer les rabat-joie dans les colonnes de Mutations, jugeant le geste insuffisant et réclamant le doublement, au moins des nouveaux postes afin de stabiliser le déficit d’enseignants dans le supérieur.

Le Jour, sous le titre «Comment l’État refuse de financer l’école», fustige lui aussi une attitude plus propagandiste que volontaire du pouvoir de Yaoundé, lui dont l’éducation des jeunes fait figure de pis-aller alors qu’en même temps les déserts éducatifs se multiplient à travers le pays, et que la condition même de l’enseignant ne suscite plus de vocations.

Avant de quitter le Cameroun, en début de semaine au terme de sa 3ème mission de revue, le FMI a laissé sur la table du gouvernement ce que Défis Actuels qualifie «dernières conditions» dans le cadre du programme de réformes économiques et financières : la réduction du déficit budgétaire et l’alignement du budget 2019 aux objectifs dudit programme.

Pour Le Quotidien de l’Économie, il s’agit de «directives» pour l’année à venir quant à l’exécution de la Loi de finances de l’année prochaine, dont le projet est toujours attendu sur la table du Parlement en session d’adoption depuis près de deux semaines.

L’enjeu est important, souligne L’Essentiel : outre la veille sur l’orthodoxie dans la gestion des finances publiques, il y a l’impératif de mise en œuvre des réformes décidées dans le cadre du programme triennal dont la bonne exécution doit permettre au Cameroun de bénéficier d’un apport de 346 milliards FCFA des partenaires au développement.

Toujours est-il que beaucoup a déjà été fait sur le chantier des réformes, rassure Défis Actuels : adoption d’un nouveau code des marchés publics, accroissement des revenus non pétroliers, comptage physique du personnel de l’État pour des besoins d’assainissement du fichier solde, autant de mesures déjà exécutées dans le cadre du programme et qui ont recueilli le satisfecit du FMI.


Félix Cyriaque Ebolé Bola

Opinion