La visite sous haute tension de Tibor Nagy au Cameroun

Affaire Kamto. La visite sous haute tension de Tibor Nagy au Cameroun

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Au milieu du fouillis de lectures se rapportant au séjour du sous-secrétaire d’État américain, l’on retient le ton martial adopté par Yaoundé et Washington sur la question de la libération de Maurice Kamto lit-on dans les colonnes du journal Intégration.

Le « Monsieur Afrique de Donald Trump» foule le sol de Yaoundé ce 17 mars 2019. Bien avant l’arrivée de Tibor Nagy au Cameroun, entre Yaoundé et Washington, ce n’est plus le jeu du chat et de la souris. Dans l’un et l’autre camp, l’ambiance combine petites phrases incandescentes et répliques bétonnées. Par leurs sélections et par leurs hiérarchisations des sujets, les médias nationaux et internationaux semblent s’intéresser à une visite bouillonnante dont le grand segment est « l’affaire Kamto et compagnies ».

D’ores et déjà, l’observateur le moins exigeant est en mesure de percevoir les rivalités qui s’affirment autour de ce sujet. À en juger par la fièvre montante, les deux camps se disputent le marché de l’opinion. S’exprimant sur les ondes de Radio France Internationale (RFI) depuis Paris, Tibor Nagy a inauguré cette palabre diplomatique. Pour le gouvernement américain, pas besoin de passer par «quatre chemins» pour dire son inclination pour la libération de Maurice Kamto et ses acolytes politiques incarcérés à Yaoundé. Dans le fond, le discours du sous-secrétaire d’État américain est chevillé à cette libération. «Car, analyse l’internationaliste Michel Mehina Zang, pour les Américains, cette affaire est entourée de suspicion juridique et de soupçon politique».

Réplique
Vu sous cet angle, Tibor Nagy entend investir son séjour à Yaoundé d’une demande implacable. Il n’entend d’ailleurs pas peser ses mots pour la formuler. «Parce que, que ce soit vrai ou faux, il est perçu comme ayant été incarcéré pour ses activités politiques et cela est inacceptable. Ses militants et lui doivent être libérés», a-t-il dit le 4 mars dernier à Paris.

À Yaoundé, dans un communiqué signé le 5 mars dernier, René Emmanuel Sadi a mis en valeur la souveraineté orgueilleuse du Cameroun. Par un savant dosage, le porte-parole du gouvernement s’est chargé de donner une enflure particulière à la réplique. Dans celle-ci, l’on remarque que même le sens des proportions a échappé aux autorités de Yaoundé. Adepte d’insondables sous-entendus, le ministre de la Communication a été clair. Il a qualifié la sortie de Tibor Nagy de « grave velléité d’immixtion à peine voilée et inadmissible, dans les affaires intérieures du Cameroun ».

Au vrai, on ne s’étonne que difficilement. Depuis de longs mois, des voix murmurent dans les couloirs des relations entre le Cameroun et les États-Unis. On se rappelle notamment les déclarations controversées de Peter Henry Barlerin, l’ambassadeur des États-Unis près la République du Cameroun, à propos du retrait de Paul Biya de la tête de l’État.

 

Jean-René Meva’a Amougou

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