La crise anglophone règne dans les quotidiens camerounais

Cameroun - Revue de presse. La crise anglophone règne dans les quotidiens camerounais

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L’enlisement des revendications sécessionnistes et la crise humanitaire, dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, retiennent à nouveau l’attention des journaux camerounais parus mardi.


C’est «l’ouragan Trump» qui est en train de souffler sur la crise anglophone, titre Le Popoli. Pour le journal satirique, la sortie controversée de l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun, Peter Henry Barlerin, conseillant au président Biya de passer la main pour marquer l’histoire, c’est le chef de l’exécutif américain qui met aujourd’hui le pouvoir de Yaoundé sous haute pression.

A preuve, explique le bihebdomadaire, le chef de l’État a réuni, dimanche dernier dans son village natal Mvomeka’a, ses sécurocrates en vue d’élaborer la nouvelle stratégie de retour au calme dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Plus facile à dire qu’à faire, rétorque Le Jour, pour qui la crise anglophone a pris une dimension internationale, si l’on en juge la quantité et la qualité des écrits que lui consacrent désormais les journaux occidentaux, laissant plus que jamais planer le spectre d’une intervention étrangère dans le conflit.

Justement, renchérit La Nouvelle, aux Nations Unies, l’éventualité d’un plan d’urgence est de plus en plus évoquée, avec comme risque réel l’intrusion des puissances étrangères dans les affaires internes au Cameroun.

Selon Eden, la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM), qui vient d’achever une mission d’écoute dans le chaudron du Nord-Ouest, présidée par l’ancien Premier ministre Peter Mafany Musongue a été bombardée de réflexions acerbes, au premier rang desquelles l’exigence d'un gouvernement de transition avant l’élection présidentielle prévue en octobre prochain.

Il est également apparu dans les échanges avec les populations locales, selon le même journal, qu’il n'y a jamais eu de véritable amour entre les Anglophones et les Francophones.

C’est à un véritable baptême du feu qu’a eu droit l’équipe de M. Musonge dans le Nord-Ouest, constate également Breaking News, elle qui s’est retrouvée confrontée à des préoccupations sociopolitiques insurmontables pour ses missions.

Du coup, selon Le Messager, ladite Commission n’exclut plus le retour au fédéralisme pour permettre à chacune de ces communautés de se sentir chez elle, de même qu’elle a remis au goût du jour le débat sur la double nationalité, un principe non pris en compte dans le pays.

Pendant ce temps, signale The Guardian Post, une autre polémique empoisonne actuellement le climat dans les régions en conflit, les élites du Nord-Ouest et du Sud-Ouest étant accusées de passivité face au triste sort des déplacés anglophones, qui selon le quotidien en langue anglaise sont en train de mourir dans les forêts.

Les riches Anglophones, qui se sont jadis précipités et contribué à coup de millions de dollars pour soutenir les victimes de la guerre contre la secte islamiste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, manifestent une étrange indifférence face à la crise humanitaire qui frappe des milliers de leurs propres populations, déplacées par l'escalade de la crise anglophone.

Le slogan du pouvoir de Yaoundé, le «vivre ensemble», se moque de l'élite francophone et les célébrités du pays se montrent peu ou pas concernées par dans les deux régions anglophones

Dans Eden, le leader du Font social démocratique (SDF), le premier parti de l’opposition parlementaire, John Fru Ndi, pointe lui aussi un doigt accusateur sur l'élite de la localité de Santa, qui garde un silence assourdissant reste muette à propos de l’assassinat attribuées à l’armée de 27 civils à Menka-Piyin (Nord-Ouest) voici une dizaine de jours.

Face à ce contexte sociopolitique et sécuritaire particulièrement agité, Le Jeune Détective n’exclut plus la prorogation du mandat des députés et maires dont le mandat s’achève bientôt, une de plus en plus avancée dans le sérail et qui pourrait s’inviter aux débats de la session parlementaire qui s’ouvre ce jeudi.


 

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