L’OKOK SANS SUCRE: Vive la République

Présidentielle 2018. L’OKOK SANS SUCRE: Vive la République

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Quand Clément Atangana sautillait comme un lapin suite à sa nomination à la tête du Conseil Constitutionnel, il ne s’imaginait pas qu’on venait de lui offrir un cadeau empoisonné.



Dans sa tête, tout allait se passer comme une lettre à la poste, dans la continuité du cortège de ministres et fonctionnaires de Paul Biya, pour qui le poste n’est qu’un réservoir d’enrichissement. La fameuse « mangeoire ».

Sauf que ... Erreur logiciel 502 : un rocher allait se dresser en face : un certain Kamto Maurice et son état-major de juristes, de communicateurs et d’analystes politiques, armés d’arguments jusqu’aux dents et prêts à mordre. Le RDPC n’avait jamais vu ça. Le Cameroun n’avait jamais vu ça. Paul Biya n’avait jamais vu ça. A côté de ce qui se passe, l’année 1992 est devenue ridicule.

On critiquait l’absence d’opposition au Cameroun, cette fois, avec le MRC, elle est devenue omniprésente, et d’une puissance de frappe exceptionnelle. On se remet enfin à débattre dans ce pays. On fait enfin de la politique, la vraie. On se donne enfin les moyens de se défendre devant la tricherie et l’injustice. On commence à devenir un pays sérieux. Voilà la signification de la « Renaissance du Cameroun ».

Hier soir à l’audience, ils ont présenté sans honte aucune, un cortège de procès verbaux (PV) non signés. Quand je pense que j’étais scrutateur à Douala, et que non seulement les Pvs étaient signés sur toutes leurs pages, mais surtout par tous les scrutateurs présents. Nos chers amis du RD n’essaient même plus de se cacher quand ils se ridiculisent.

C’est bien joli de donner des scores fleuves à Paul Biya dans des régions surenclavées et dont lui-même ignore l’existence, mais faites au moins un effort de bien ficeler le mensonge. Parce que là, ni mes enfants qui ne sont pas encore nés, ni même la souris de mon chat n’y ont cru.

D’ailleurs même ... quel est ce juge qui soutient ouvertement un parti au point de sortir des documents en ce sens? La tricherie n’est pas seulement sur le front. Elle a déjà infesté les cellules sanguines et s’attaque à présent à l’ADN

Eh oui. Ça ne se passera plus comme ça cette fois. Si Paul Biya veut gagner cette élection, ce sera à la sueur de son front, pas à la sueur de la fraude. Nous avons pris une page vierge et sommes entrain de réécrire l’histoire de notre nation, avec un stylo bien plus beau.

Et nous allons le signer. Pas comme les PV.

Les nominations ne seront désormais plus de simples puits de richesse, où on accumule des fortunes insolentes sans avoir réellement travaillé. Atangana et ses compères comprennent que leur salaire va dorénavant se mériter. On ne sera plus administrateur pour se servir, ou pour servir celui qui a nommé, mais pour servir la nation. La République du Cameroun.

Le Camerounais de la rue ne sera plus celui-là qui laisse la politique aux soi-disant politiciens, et pense que ça ne le concerne pas. Désormais, il participera aux questions de la société, en même temps qu’il regardera les scores de ses matches de foot ou l’épilogue de sa série favorite. Il ne manquera plus d’aller s’inscrire sur les listes, et ira voter à toutes les élections, même à celles du chef de classe.
Car nous avons rendu la chose passionnante. Nous avons transformé l’actualité en un thriller de haut suspense

La diaspora ne viendra plus au Cameroun pour impressionner les frères avec des artifices farfelus et d’une inutilité indicible. Je me sens bien ici dans mon pays, j’ai (comme d’habitude) repoussé mon départ de plusieurs jours, et le simple fait de savoir que je vais repartir pourrit mon humeur.

Car c’est ici chez nous que l’histoire nous attend. C’est ici que j’ai tenté, bousculé, osé, pris des risques, sans me cacher et sans masquer mes mots. C’est de cette façon que j’ai essayé d’écrire une petite ligne de cette page.

C’est à ça que doit servir la diaspora. Nous avons le devoir de trouver comment nous pouvons servir à notre peuple, sur place comme à distance. L’heure est au grand sérieux. Faire progresser son pays n’est pas une loterie. C’est du travail, du grand travail.

Le plus affligeant reste d’écouter des gens se plaindre du mauvais état du pays et réclamer à longueur de journée le changement, mais qui dans le même temps, vous informent qu’ils sont allés voter pour Paul Biya, celui-là même dont l’ac.... l’inaction a plongé le pays dans le chaos qu’ils déplorent.
C’est aussi et encore ça le Cameroun : un pays où la logique a été longtemps en panne sèche, comme une vieille Nissan

Si vous êtes convaincus qu’il n’y a pas de changement, foutez la paix à ceux qui ont la folie de croire qu’ils peuvent changer les choses. Être inutile est une chose, mais empêcher les autres d’être utiles est à la limite du crime. Que l’aveugle ne se moque jamais du borgne. Nous, nous sommes fous et fiers de l’être. Laissez-nous être fous, c’est notre droit. Nous allons changer ce pays, et ça ne dépend pas du fait que vous y croyiez ou non.

Quand à toi, grand-père Clément, comme tous les grands-pères de 150 ans de la mangeoire, tu as jubilé quand tu as entendu qu’on avait cuisiné l’Okok et qu’il fallait venir te servir. Sauf que Pa’a Paul lui-même avait oublié d’acheter du sucre.

Tu vas donc le manger fade. La bonne nouvelle c’est que ça descend toujours

Ekanga Ekanga Claude Wilfried

( Le Camerounais, c’est comme Thomas. Quand ça commence il n’y croit pas et va se cacher. Quand ça marche, il se met en avant et aimerait qu’on parle de lui en tant qu’acteur principal du changement )

Yaoundé, le 18 octobre 2018

Société