Hécatombe routière et présidentielle en couverture des journaux camerounais

Cameroun - Revue de presse. Hécatombe routière et présidentielle en couverture des journaux camerounais

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Les lendemains du dramatique accident de la route survenu vendredi dernier sur la route nationale numéro 4 continuent de préoccuper les journaux camerounais parus mercredi, en même temps qu’ils campent sur la veillée d’armes pour l’élection présidentielle.


Après l’accident routier de vendredi dernier à Ndikinimeki (Centre), qui a fait une trentaine de morts, Le Jour est allé vers les familles des 4 survivants à l’hôpital central de Yaoundé, la capitale du pays : abandonnées à elles-mêmes, sans la moindre assistance des pouvoirs publics, elles ne cachent pas leur colère et leur impuissance.

Le Messager, lui, relaie les «sanctions à gogo» prises par le ministre des Transports, Ernest Ngallé Bibehe, qui vient de suspendre les activités de plusieurs compagnies de transport interurbain pour défaut de licence d’exploitation.

Il faut des mesures fortes contre l’insécurité routière, martèle le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, pour qui les mécanismes de prévention mis en œuvre jusqu’à présent tardent à produire les résultats escomptés, d’où la nécessité de passer à la vitesse supérieure.

En effet, constate la publication, malgré les différents mécanismes mis en place pour mettre définitivement un terme à leurs activités, les transporteurs véreux se font ingénieux au quotidien, tout en bénéficiant de complicités parmi les éléments des structures qui doivent combattre le crime, pour passer à travers les mailles du filet.

«Du coup, la prévention routière avec son opération phare, ‘’Contrôle-surveillance-répression des infractions à la circulation routière’’, menée conjointement par le ministère des Transports et la gendarmerie nationale, doit revoir ses méthodes de travail.»

Le même journal, qui fait sa grande manchette sur l’élection présidentielle du 7 octobre prochain, a fait le tour des états-majors des candidats déclarés à ce scrutin, pour constater une mobilisation tous azimuts en vue de rassembler les pièces requises à 8 jours de la date limite de dépôt des dossiers.

Et pendant ce temps, le cas du chef de l’État sortant inspire ce titre à The Guardian Post : qui pourrait être investi par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) au cas où Paul Biya n’y allait pas ?

Et de dresser une liste de profils, potentiels dauphins au cas où le «grand camarade», aujourd’hui âgé de 84 ans dont 36 aux affaires.

Ce sera en tout cas une élection inédite avant tout parce que, selon le bihebdomadaire Repères, ce sera sans doute la dernière bataille électorale de Paul Biya, qui n’a pas encore déclaré sa candidature mais autour de laquelle ne plane pour autant l’ombre d’aucun doute.

Ce scrutin est inédit aussi dans la mesure où il se tient dans un contexte particulier, jamais présidentielle n’ayant été organisée dans un environnement autant marqué par des risques sécuritaires avec la secte islamiste Boko Haram qui continue de sévir dans l’Extrême-Nord, et désormais la crise séparatiste dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Et pendant que dure le faux suspense, Le Soir affirme que l’Union des populations du Cameroun (UPC), le plus vieux parti politique du pays, a déjà fait son choix en s’engageant à soutenir la candidature de Paul Biya parce que, pour elle, «la souveraineté du peuple camerounais n’est pas une marchandise».

Mais là où ça risque de coincer, pour le futur candidat Biya, c’est dans les trois régions septentrionales où, avise L’œil du Sahel : dans l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord, les populations attendent de pied ferme celui qui a promis plusieurs projets socioéconomiques lors du septennat qui s’achève, mais dont la réalisation se fait toujours attendre.

 

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