Faste et solennité pour le début du septennat des « grandes opportunités » de l'homme du 06 novembre

Présidentielle 2018. Faste et solennité pour le début du septennat des « grandes opportunités » de l'homme du 06 novembre

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Le protocole d’État n’a pas lésiné sur les moyens pour la prestation de serment du président Paul Biya relate le quotidien Mutations.


Depuis hier 06 novembre 2018 à 11h27 mn, le Cameroun a officiellement un nouveau président. C’est bien à cette heure précise que Paul Biya, en poste depuis 1982, a prêté serment – pour la huitième fois consécutive – en tant que chef de l’État. Une fois de plus, la cérémonie avait pour cadre l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Ici, tout a été fait pour que la vieille bâtisse du palais de verre de Ngoa-Ekellé affiche fière allure. La peinture encore fraîche et le macadam récemment posé à certains endroits (à la place du gazon) ont pour but de redonner l’aspect du neuf à l’Assemblée nationale qui a perdu une partie de ses infrastructures dans un incendie en décembre 2017.

L’autre partie de l’Assemblée nationale a été détruite par des ouvriers dans la perspective de la construction d’un nouvel édifice. Seul reste l’hémicycle, qui a été paré de beaux atours pour accueillir cette cérémonie d’investiture du président élu.
Il est un peu plus de 10h45 mn lorsque Cavaye Yéguié Djibril, le président de l’Assemblée nationale (Pan) entre dans l’hémicycle et prend place au perchoir pour l’ouverture de la séance solennelle. Après avoir rappelé les dispositions pertinences du code électoral – notamment l’article 140 – qui encadrent cet exercice, il va suspendre la séance et appeler avec lui le président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, le premier président de la Cour suprême, Daniel Mekobe Sone, et le premier vice-président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye. Ces quatre personnalités vont sortir accueillir le président de la République, qui a quitté le palais de l’Unité en même temps que le Pan ouvrait la séance. Restés dans l’hémicycle, des membres du gouvernement, des diplomates, les élus des deux Chambres réunies ; et d’autres invités à cette cérémonie.

Image du président
Quelques absences notables : celles du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, par ailleurs secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc, le parti au pouvoir ; du sultan Ibrahim Mbombouo Njoya, sénateur et patron du Rdpc dans la région de l’Ouest. Absent également, Marcel Niat Njifenji, président du Sénat, remplacé par le premier vice-président de la chambre haute du Parlement.

Dehors, le dispositif de sécurité est très renforcé. Des dizaines d’éléments de la Direction de la sécurité présidentielle (Dsp), de la Garde présidentielle (Gp), de la Sécurité militaire et de la police tiennent pas moins de trois postes de contrôle qui filtrent les entrées. Visages fermés pour la plupart, ils ne se montrent pas très bienveillants et aboient souvent des ordres. À l’exception de ceux des invités et des membres de la sécurité, aucun autre téléphone portable n’est admis. « Il ne faut pas que vous filmiez des couacs ici et puis on retrouve cela sur les réseaux sociaux », plaisante un invité. Pour un autre, il s’agit tout simplement de surveiller davantage l’image du président de la République qui sera diffusée, de façon à le présenter toujours sous son meilleur profil. La sécurité est également déployée tout le long de l’itinéraire qui va du palais de l’Unité au palais de verre, où sont également massés badauds, groupes de danse et militants du Rdpc en tenue du parti.

Samuel Kleda
C’est cette foule bigarrée qui va acclamer le cortège présidentiel jusqu’à son arrivée à l’Assemblée nationale. Après avoir pris place au perchoir, le président de la République va écouter le discours, ampoulé et dithyrambique du Pan. Paul Biya va marquer un moment d’hésitation, lorsque sans transition, le Pan va lui demander de prêter serment. Un intermède sera noté lorsque le sénateur Grégoire Mba Mba, après le « I do so swear » du président du chef de l’Etat, va entonner un chant à la gloire de Paul Biya : « Paul Biya ane a yop ! », littéralement « Paul Biya est en haut ». Non suivi par l’assistance, il va se rasseoir légèrement penaud.

Après le discours d’investiture du président de la République, la séance sera suspendue pour lui permettre de prendre les honneurs d’un détachement de la Garde présidentielle conduit par le lieutenant-colonel Eric Bomback. Le chef de l’Etat va quitter l’Assemblée nationale après près d’une heure de cérémonie. Direction, le palais de l’Unité où il doit officiellement être présenté aux membres du corps diplomatique et des corps constitués. Une palette d’invités a fait le déplacement du palais d’Etoudi, à l’instar de l’ex-ministre des Affaires sociales, Cathérine Bakang Mbock, souvent annoncé en fuite par la chronique mondaine. L’on notera par ailleurs l’absence de l’archevêque de Douala Samuel Kleda, très critique envers le processus électoral qui a conduit à la réélection de Paul Biya. Cependant, Mgr Jean Mbarga, archevêque métropolitain de Yaoundé était bien présent dans la délégation des hommes d’églises.

Ludovic Amara

Société