Cameroun - Justice. Exécutions extrajudiciaires au Cameroun : L'asbl CEBAPH écrit au ministre de la justice

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Exécutions extrajudiciaires au Cameroun : la lettre de l'asbl CEBAPH à Mr Laurent Esso, ministre de la justice



Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux du Cameroun,  le Cercle Belgo-africain pour la Promotion Humaine (asbl CEBAPH), association internationale de droit belge de défense et de promotion des droits humains, vous présente ses compliments et en profite pour vous saisir sur une vidéo horrible tournée à l'extrême nord du Cameroun vu le paysage.

Dans cette vidéo, les militaires qui seraient  camerounais (confirmés par l'accent camerounais et tenues militaires) procèdent froidement à l'exécution sommaire des femmes et enfants. Ces forces de sécurité les accuseraient d’être « membres de la secte terroriste Boko Haram »

Monsieur le Ministre, par cette lettre ouverte, nous voulons juste vous réitérer que le gouvernement camerounais doit de manière urgente communiquer sur cet acte qui n'honore pas le Cameroun.

Si cette vidéo est un grossier montage, à l'issue d'une enquête que nous vous suggérons, nos peines et inquiétudes seront soulagées.

S’il ressort que la vidéo est authentique, et que les auteurs de ces actes ignobles sont de la famille des forces armées camerounaises, il vous reviendra de punir conformément à la loi les auteurs de ce crime que l'on associe au crime contre l'humanité.

Monsieur le  Ministre de la Justice, il n’est point dans notre esprit, de nous élever avec violence contre votre personne mais, plutôt d'attirer votre attention sur le fait que croire que l’on pourra se développer et développer les siens en tournant le dos à l’impunité au Cameroun est un péché contre un peuple qui ne demande qu’à survivre .

Depuis de nombreuses années, l'asbl Cebaph qui a fêté le 10 mai dernier ses 18 ans d’existence, ne cesse de condamner les actes de tortures  similaires voire d’assassinats et les autres mauvais traitements, tout en demandant que des mesures efficaces soient prises pour y mettre un terme.

Ces pratiques sont monnaie courante au Cameroun, tant à l'égard de personnes appréhendées pour des motifs politiques que de suspects de droit commun, et elles ont coûté la vie à de nombreuses victimes.

Le Cameroun est signataire de plusieurs conventions internationales visant à promouvoir les droits de l’Homme, notamment la Convention relative aux droits sociaux et politiques, la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples. Les droits à l'intégrité corporelle et à la santé sont aussi protégés en vertu de la constitution camerounaise et du Code pénal (ibid. 2000a, 77).

Monsieur le Ministre, s’il relève enfin au cas où les faits relatés dans cette vidéo soient authentiques, qu'une enquête appropriée soit diligentée pour établir les responsabilités et décider des sanctions.

Dans l’attente, l’asbl CEBAPH vous assure de sa haute considération citoyenne./.

Fait à Bruxelles le 11 juillet 2018

Pr Fidele Mpasi Mambo ,
Vice-Président en charge des Relations Internationales

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