Entre 2013 et 2016, La Cemac a envoyé à l’extérieur un volume de 2 228,7 milliards FCFA, mais n’a reçu que 1 171,9 milliards

CEMAC. Entre 2013 et 2016, La Cemac a envoyé à l’extérieur un volume de 2 228,7 milliards FCFA, mais n’a reçu que 1 171,9 milliards

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« La zone Cemac est structurellement déficitaire dans ses flux financiers avec l’extérieur ». Dixit Geoffroy Désiré Mbock , secrétaire permanent sortant du Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (Gabac), dans une tribune libre publiée dans la presse camerounaise, le 2 mai.



De façon factuelle, Geoffroy Désiré Mbock révèle que le volume consolidé des envois de fonds, au cours de la période 2013-2016, à partir de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) s’établit à 2 228,76 milliards FCFA alors que les réceptions ne se situent qu’à 1 171,92 milliards. Ce qui dégage un écart de 1 056,84 milliards FCFA au cours de la période sous revue rapporte IC.

L’ex-secrétaire permanent observe que ce qui précède est encore plus frappant quand on procède à une analyse fine des transactions de la Cemac avec les différentes régions du monde. Il prend le cas de l’Afrique de l’Ouest. Avec cette région, le volume de réception des fonds en provenance de la Cemac représente 774,68 milliards FCFA, alors que l’ensemble des pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Centrafrique, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad) n’a reçu en contrepartie que 68,05 milliards FCFA entre 2013 et 2016. « La communauté ouest-africaine est certes très active dans les activités de négoce, de petits métiers, taximans […] », commente M. Mbock.

Il note dans le même temps que les flux de transferts de fonds entre la zone Cemac (89,257 milliards) et l’Afrique du Nord (15,812 milliards) sont en défaveur de la première. Avec 78,55 milliards FCFA, le Maroc et la Tunisie ont reçu 88% des fonds en provenance de l’Afrique centrale. « Si les fonds destinés au Maroc et la Tunisie peuvent se justifier par une importante colonie d’étudiants, par un tourisme sanitaire nécessitant d’importantes sommes d’argent et par un courant d’affaires non négligeable, les fonds envoyés au Maroc notamment pourraient avoir servi au trafic des migrants », affirme Geoffroy Désiré Mbock.

Pour ce qui est du Moyen-Orient, les Etats de la Cemac ont envoyé 234,441 milliards FCFA dans les pays de cette région et n’en ont reçu que 47,496 milliards FCFA. A l'analyse, indique M. Mbock, on observe qu’avec 221,48 milliards FCFA, le Liban et les Emirats arabes unis ont, à eux seuls, reçu 94,47% des flux de transferts d’argent destinés au Moyen-Orient.

Et l’ex-secrétaire du Gabac de commenter : « Concernant le Liban, il est fort plausible qu’une partie des fonds transférés vers ce pays soit d’origine criminelle (fraude fiscalo-douanière, trafic illégal et à grande échelle des bois rares, des minéraux précieux et même des stupéfiants, commissions issues de l’exploitation de parcs immobiliers construits avec l’argent provenant de détournements de fonds par des personnes politiquement exposées auxquelles les opérateurs libanais servent de prête-nom…) ».

Sylvain Andzongo
 

Société