Économie et politique en couverture des journaux camerounais

Cameroun - Revue de presse. Économie et politique en couverture des journaux camerounais

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La nouvelle répartition des enveloppes budgétaires, consacrée par une ordonnance présidentielle ainsi que les derniers frémissements de la scène politique, constituent l’essentiel du menu des journaux camerounais parus mercredi.


Cette modification de la Loi de finances 2018, explique le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, permet de doter le Conseil constitutionnel nouvellement mis en place, ainsi que certains départements ministériels, de ressources budgétaires à la suite du réaménagement gouvernemental du 2 mars dernier.

L’ajustement du budget 2018, renchérit Repères, vise surtout à doter le Conseil constitutionnel et le ministère de la Décentralisation et du Développement local, créés après l’adoption de la Loi de finances, de moyens de fonctionnement.

Mais c’est à peine 11,5 milliards FCFA de la cagnotte, regrette Le Quotidien de l’Économie, qui seront affectés à la décentralisation, alors que le nouveau département ministériel y dédié a besoin de plus de ressources encore prendre ses marques et de donner des gages de sérieux aux collectivités locales décentralisées (CTD), qui ne cessent d’accuser le gouvernement de tenir un discours ambigu sur leur autonomie financière.

Et ce budget, affecté au ministère de la Décentralisation pour 2018, constate également La Nouvelle Expression, ne prévoit que 5 milliards FCFA de dotation générale de fonctionnement, autant pour l’investissement ainsi que 3 milliards FCFA pour les émoluments des conseillers municipaux.

Dans l’autre sens, précise Mutations, c’est le ministère de l’Administration territoriale, qui jusque-là était également en charge des CTD, qui voit sa dotation diminuer sur les chapitres des programmes de modernisation de l’administration du territoire et l’approfondissement du processus de décentralisation.

Mais cette publication focalise surtout sur la visite de travail à Douala, la métropole économique, du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, venu échanger avec les acteurs économiques et sociaux, mais surtout solliciter «un partenariat solide avec les chefs traditionnels».

Lesquels chefs, applaudit des deux mains Cameroon Tribune, ont transmis à leur interlocuteur une déclaration d’appel à candidature du chef de l’État, Paul Biya, afin qu’il se présente à la prochaine élection présidentielle.

Le Jour, qui ironise sur le sujet, voit carrément les chefs sawa, représentants de la tradition dans la région du Littoral et dont ce n’est pourtant pas le rôle, s’aplatir devant le président de la République pour le supplier de se représenter, au risque de perdre leur crédit face à leurs sujets.

Et s’il y a une personnalité camerounaise, en ce moment, qui ne veut pas perdre du crédit, c’est bien le président du front social démocratique (SDF), le premier parti de l’opposition parlementaire, Ni John Fru Ndi, dont le visage s’affiche en couverture d’InfoMatin, La Nouvelle Expression et Le Messager.

Sous le titre «Fru Ndi dément avoir rencontré Paul Biya», la première publication citée relaie la mise au point de la formation, rejetant les écrits d’un hebdomadaire panafricain selon lesquelles l’homme serait allé, discrètement, négocier une nomination auprès du chef de l’État pour être nommé dans la liste attendue des 30 sénateurs devant compléter à 100 les sièges de la Chambre haute après le scrutin du 25 mars dernier.

Le Chairman du SDF n’a pas été reçu au Palais de l’unité, confirme Mutations, qui reprend intégralement à son compte ladite mise au point, invitant par ailleurs les hommes de médias à exercer leur noble métier dans un esprit de responsabilité, de sincérité et de vérité.

Fru Ndi, qui se serait discrètement rendu au palais présidentiel voici une semaine, n’a, selon La Nouvelle Expression, «entamé aucune négociation pour être nommé sénateur par Biya».

A la vérité, répond en écho Le Messager, si M. Fru Ndi s’est bien retrouvé dans la capitale il y a peu, c’était bien pour des raisons autres que de clientélisme avec un régime qu’il combat depuis plus d’un quart de siècle.

Ce qu’il faut bien comprendre, ajoute L’Épervier, c’est que les Anglophones, dont il fait par ailleurs partie, ne veulent plus du tout de la présidence du Sénat : ils réclament plutôt le poste de vice-président de la République, tels que prévu par d’anciens accords signés au début des années 60 à Foumban (Ouest), toute chose qui ne peut être possible qu’après une révision de la Constitution.

«Après la danse des sorciers sur la désignation du président du Conseil constitutionnel, les oiseaux de mauvais augure veulent désormais dresser l’opinion publique contre la désignation prochaine, par le chef de l’État, du prochain président de la Chambre haute, poste occupé pour l’instant par un natif de la région de l’Ouest.»

Opinion