Vendredi le 06 Octobre 2017 11:29:15 APA Opinion

Cameroun - Communication. Economie et politique en couverture des journaux camerounais

Des sujets d’économie nationale, mais également les réactions internationales à la crise anglophone constituent le menu des journaux camerounais parus vendredi.

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Revenant sur la dernière note de conjoncture publiée par le ministère des Finances, relative à l’état de l’économie nationale, Le Jour constate que les recettes douanières se sont affichées à 336,2 milliards FCFA en fin juin dernier contre 346,8 milliards un an auparavant, soit un taux de réalisation de l’ordre de 84,1%.

En dehors du recul de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), cette sous-performance s’explique par la baisse des importations et, dans une moindre mesure, l’application de l’Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne (UE), avec un manque à gagner conséquent enregistré entre janvier et juin 2017.

A propos de l’UE, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune (CT) annonce un appui d’environ 4 milliards FCFA au pays dans le cadre de la réhabilitation des routes, les contours de ce soutien ayant déjà été discutés entre les parties.

A cheval entre l’économie et le social, Le Quotidien de l’Économie se fait l’écho d’une mise en garde de la Banque mondiale contre la crise de l’apprentissage : dans son rapport sur le développement dans le monde, elle invite instamment le pays à mettre l’accent sur les évaluations scolaires et à fonder les actions sur des données factuelles.

Puisque l’éducation aboutit généralement sur l’obtention de diplômes, c’est Mutations qui signale la détection de deux faux diplômes par la Commission nationale des équivalences, un taux toutefois en baisse, par rapport à 2016 où six faux baccalauréats avaient été décelés.

Un autre domaine dans lequel la surchauffe vient de se déclarer et que signale CT, c’est la téléphonie mobile avec la suspension de centaines de lignes pour défaut d’identification dont les cartes nationales d’identité sont arrivées à expiration.

Mais cette publication met davantage l’accent sur la situation dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où la paix, qui est «un acquis à consolider», vient d’être retrouvée après de longs mois de crise sécessionniste.

«Mieux que quiconque, les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest connaissent les souffrances endurées. Elles savent que depuis plus d’un an, leurs apprenants vont à l’école en surmontant divers obstacles. Elles savent que les activités économiques ont été perturbées à causes des désordres causés des prétendus sécessionnistes.»

Désormais, il est donc question de consolider la paix pour sortir du cycle du doute et de la peur.

Il faudrait sans doute, aussi, commencer par solder le bilan des événements du 1er octobre 2017, rétorque The Post qui évoque un «carnage» : une centaine de personnes tuées par l’armée, de corps encore recherchés dans la brousse et de centaines d’autres détenus qui encombrent actuellement les cellules des prisons, une situation que la Grande-Bretagne juge «inacceptable».

Les Etats-Unis également ont, selon Le Jour, dénoncé la violence du gouvernement camerounais : «En tant que partenaire militaire du Cameroun, les Etats-Unis sont regardants sur le respect des droits de l’Homme par les forces de défense et de sécurité camerounaises. Ce respect conditionne d’ailleurs l’aide américaine dans ce partenariat.»

La pression s’accentue donc sur Yaoundé, constate Mutations qui rappelle que, jusqu’ici, Washington, qui avait gardé une réserve prudente sur la crise anglophone, demande que la lumière soit faite sur les violences du 1er octobre dernier.

InfoMatin, avec emphase, préfère mettre cet «acharnement» de la communauté internationale sur «les comptes rendu biaisés des manifestations avec des bilans exagérés des pertes en vies humaines, le photomontage des images macabres qui se relaient sur la Toile et nourrissent la substance de la désinformation», alors que personne ne songe à interpeller les meneurs du projet sécessionniste à l’origine de la crise anglophone.