Disqualification « Cameroun 2 » à la Coupe de la CAF : J.A. BELL innocente le Chef de l’Etat

Cameroun - Football. Disqualification « Cameroun 2 » à la Coupe de la CAF : J.A. BELL innocente le Chef de l’Etat

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Le célèbre gardien de buts camerounais a profité de la conférence de presse d’annonce de sa candidature à la présidence de la Fécafoot pour disculper le Président de la République.



La CAF a disqualifié le second club qui devait représenter le Cameroun à la Coupe de la CAF, en raison de la non communication par la Fécafoot du nom du vainqueur de la Coupe du Cameroun dans les délais prescrits. Les Clubs finalistes Eding FC de la Lékié et Lion Blessé de Fotouni attendent depuis environ deux mois que la finale soit disputée, mais sa date n’est toujours pas fixée. Il faut souligner que la finale de la Coupe du Cameroun de football marque la fin de la saison sportive au Cameroun toutes disciplines confondues, et c’est le Chef de l’Etat qui la préside, profitant de ce moment pour remettre les trophées de toutes les fédérations sportives nationales.

Tous ceux qui suivent le mouvement sportif camerounais depuis les 36 ans de règne du Chef de l’Etat en place savent que c’est la présidence de la république qui, sur proposition de la Fécafoot approuvée par le ministre en charge des sports, fixe la date de la finale de la Coupe du Cameroun, conformément au « calendrier très chargé du Président de la République ». Les responsables de la commission d’organisation de la Coupe du Cameroun révèlent très souvent avoir communiqué au Cabinet Civil de la Présidence de la République, 2 ou 3 dates sur sa demande. Il apparaît donc évident que, lorsque la finale tarde à se disputer alors que toutes les conditions obligatoires sont réunies, c’est la Présidence de la République qui est responsable de ce retard.

Sauf pour J.A. Bell qui estime que si la Fécafoot fixait la date de la finale en début de saison comme cela se fait ailleurs, celle-ci se jouerait « le jour dit » puisque le Chef de l’Etat s’organiserait en conséquence. Pour l’ancien portier des Lions Indomptables, la responsabilité du Chef de l’Etat n’est donc en rien engagée dans la disqualification d’un club camerounais de la Coupe de la CAF, son calendrier ne lui permettant pas d’honorer le rendez-vous de la finale en raison des dossiers hautement plus importants que le football qu’il gère en ce moment. D’ailleurs, dit-il, se sachant en faute, aucun responsable du sport ou du foot n’a osé aller lui signaler l’urgence de la tenue de la finale pour éviter la disqualification.

Le grand « Jojo » national conclut ce point en affirmant que sous sa gouvernance prochaine, la Fécafoot fixera la date de la finale de la Coupe du Cameroun en début de saison, et elle se tiendra effectivement « le jour dit ». Militant engagé du parti au pouvoir (RDPC) dirigé par le Chef de l’Etat, personne n’aurait attendu de l’homme politique Bell qu’il accusât publiquement son président dans cette affaire de disqualification. Mais, venant du talentueux footballeur qui voyait tout de sa cage et savait en parler avec franchise et lucidité, cette prise de position est relativement curieuse et déconcertante.

D’abord parce que, la date de la finale de la Coupe du Cameroun marquant la fin de la saison de tous les sports, il serait difficilement pensable que la Fécafoot puisse la fixer seule. Ensuite, il est arrivé au pays de Jean Manga Onguéné que cette finale soit présidée par le Premier Ministre parce que le Chef de l’Etat était très occupé : la signature de cette délégation, pour un président qui signe souvent des tonnes de décrets en étant hors du pays, ne mettrait aucunement en péril son calendrier chargé.

Mais là où la tentative de dédouanement du Président de la République par J.A. Bell devient carrément contre-productive, c’est qu’elle entre dans le sillage de l’infantilisation du Chef de l’Etat par ses supporters inconditionnels : car comment peut-on expliquer que le camerounais le mieux informé, qui regarde certainement la télé, écoute la radio, et lit les journaux comme il l’avait demandé à ses concitoyens, n’ait pas pris les devants pour empêcher la disqualification du 2ème club camerounais de la Coupe de la CAF ? J.A. Bell serait-il en train de soupçonner son président de parti de négligence et de manque d’esprit proactif ?

J.A. Bell qui a lui-même convoqué la presse pour sa conférence d’annonce de candidature, n’était pas obligé d’évoquer ce sujet qui fâche sérieusement tout camerounais fier et réellement patriote. Lui si souvent convaincant sur les questions de foot, aurait pu éviter d’entacher le lancement de sa campagne électorale pour la présidence de la Fécafoot par une déclaration aussi contestable. Mais le militant discipliné du RDPC a déshabillé le fin analyste de foot pour le coup.

Et il n’est pas sûr que l’équipe de communication du candidat Bell ait pu le convaincre de ne jamais se départir de ces qualités humaines que les camerounais vrais et dignes aiment chez lui : la vérité et la lucidité.

Charles MONGUE-MOUYEME

Opinion