Jeudi le 21 Septembre 2017 20:23:22 Ludovic Amara | Mutations Société

Crise Anglophone. Crise anglophone:la Commission Musonge aux abonnés absents

Rien à mettre à l’actif de cette institution depuis sa création il y a plus de huit mois.

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Annoncée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, depuis le mois de juin, la « mission de facilitation », dans le cadre de la crise anglophone, de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (Cnpbm) ne s’y est toujours pas rendue. Ni sur aucun autre site d’ailleurs, contrairement à une annonce qui avait été faite au terme de la deuxième session de ladite Commission. Le 30 août dernier, suite à la libération des leaders anglophones, l’opinion publique, qui s’attendait à un communiqué de la Cnpbm, n’a eu droit qu’à une réaction du président de cette commission, alors sollicitée par la Crtv.

Le 23 septembre prochain, cela fera neuf mois que la Cnpbm a été créée, par décret présidentiel, Pourtant, au-delà de l’installation des membres et du secrétaire général
; ou encore des deux sessions qui ont ponctué la vie de cette institution, rien n’a plus été fait. La Cnpbm ne s’est jamais prononcée sur les violences, notamment la destruction d’écoles et autres édifices publics, qui ne cessent de rythmer la vie dans ces deux régions. De même, l’institution dirigée par l’ancien Premier ministre Peter Mafany Musonge s’est également gardée de toute déclaration à la veille, ou pendant la rentrée scolaire sur laquelle pesait des menaces de boycott.

Pour le président de la Cnpbm, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. « La Commission travaille. Vous aurez de nos nouvelles bientôt », assure Peter Mafany Musonge. Interpellé sur des indiscrétions qui font état de ce qu’à l’international, certains pays ont réservé une fin de non-recevoir à la Commission qui souhaitait aller s’approprier des expériences d’ailleurs, Peter Mafany Musonge botte en touche : « il ne m’appartient pas de décider des missions ». Confiant, l’ancien sénateur du parti au pouvoir conclut que la Cnpbm va bientôt communiquer sur ses actions.

Un membre de la Commission Musonge marque son étonnement devant les assurances du président, lorsque celui-ci déclare que « la Commission travaille ». Il se refusepourtant à tout autre commentaire, arguant que d’après le texte qui crée la Cnpbm, « seul le président peut parler au nom de l’institution ». Au siège de la Cnpbm à l’Immeuble émergence – ancien «Immeuble de la mort », à Yaoundé – l’on n’est pas plus disert. On rassure cependant que le secrétariat général de la Commission, organisé autour de Chi Asafor Cornelius, ne chôme pas. Sans plus.

Engagement
Le 17 janvier dernier, à la surprise générale, le gouvernement mettait aux négociations avec le « Consortium », un collectif de syndicats et d’associations de la société civile chargé de négocier avec le pouvoir de Yaoundé, dans ce qu’il est convenu d’appeler la «crise anglophone ». Quelques jours plus tard – le 23 janvier -, le président de la République signe un décret « portant création, organisation et fonctionnement de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme » (Cnpbm). Le texte n’est pas avare s’agissant des missions assignées à cette institution : « la Commission est chargée d’œuvrer à la promotion du bilinguisme, du multiculturalisme au Cameroun, dans l’optique de maintenir la paix, de consolider l’unité nationale du pays et de renforcer la volonté et la pratique quotidienne du vivre ensemble de ses populations ».

Alors qu’il installe les 15 membres de cette Commission, nommés plus tôt par le chef de l’Etat, le Premier ministre Philemon Yang renchérit : « Cette institution travaillera à la promotion de notre diversité culturelle et de nos deux langues officielles ». Dans le concert de réactions qui va suivre, les 15 membres vont afficher leur engagement et leur détermination : « Nous sommes prêts », dixit Françoise Angouing née Ndanga ; « Je suis disponible », déclare l’abbé Jean Marie Bodo ; « Je ne ménagerai aucun effort », s’engage Samuel Efoua Mbozo’o. Pour sa part, Peter Mafany Musonge, le président de la Commission affirme, serein: « Nous allons commencer à travailler tout de suite. Nous allons nous mettre au travail immédiatement ». Seulement, rendu en septembre, la Cnpbm se fait plutôt discrète.