Comment les « chefs sawa » pratiquent Le vivre ensemble

Cameroun - Politique. Comment les « chefs sawa » pratiquent Le vivre ensemble

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Les monarques sans couronne de la région du Littoral du Cameroun font encore parler d’eux. De véritables enfants gâtés ! Mutations

Alors que le pays ne s’est pas relevé de la mémorable forfaiture des chefs du canton Bell qui, au mois de mai dernier, allèrent démolir à mains nues un monument encore en construction d’Um Nyobe, indépendantiste connu et reconnu, les voici encore à la Une des tabloïds. Pour une autre sortie de piste tout aussi tonitruante.


Lances, haches, machettes, coutelas et flèches dehors, ils viennent de déclarer la guerre mondiale à Nalova Lyonga, la ministre des Enseignements secondaires (Minesec). La cause ? L’arrêté du 13 septembre 2018 qui révoque 13 chefs d’établissement originaires du Wouri « deux ans à peine après leur promotion ! », s’offusquent les « Sawas ». Une véritable piqure hypodermique. Qu’est-ce que ça peut faire mal ! A peine la décision rendue publique, les « misérables » ont foncé à bride abattue se plaindre comme des bannis auprès des autorités traditionnelles de leur contrée. Illico presto, réunion du Bureau du « Ngondo », société culturelle et mystique regroupant les différents cantons de la ville de Douala et sa métropole ! « Règlement de compte vis-à-vis du ministre Ngalle Bibehe », conclut très vite le cénacle logiquement penché comme une certaine Tour. Le langage des mauvais élèves : « Le prof ne m’aime pas. » Non ! A mauvais proviseur point de bons ministres !


Les « Sawas » poursuivent : « La décision du Minesec provoque un déséquilibre qui joue en défaveur de l’environnement sociologique du département du Wouri ». Un déséquilibre tel que les fondations du monde tremblent ! En plus, « suite à la nomination de M. Ngalle Bibehe comme Minesec, les chefs supérieurs de Douala ont eu à l’approcher pour qu’il apporte une correction aux déséquilibres qui prévalaient au niveau des responsables des lycées et collèges dans la région du littoral et particulièrement dans le Wouri. » Heureux de l’apprendre. Faut-il le surligner, le nom de Ngalle Bibehe constelle le procès-verbal qui a sanctionné la fin de la réunion. Ainsi, tant qu’un ministre convient aux « Sawas », il est vénéré comme la sainte Vierge.


Les « chefs sawa » notent au passage que « Mme la Ministre ne s’est pas privée à son niveau de promouvoir quatre proviseurs originaires du sud-ouest aux dépends des originaires du Wouri qui sont des professeurs de classe exceptionnelle et hors échelle. De même, ce à quoi le ministre Ngalle avait mis un terme, on trouve désormais des surveillants généraux promus proviseur sans être passés par le stade de censeur. » Avis aux Laakam, Essingan, et autres rassemblements à la noix qui boivent de la même eau ! Bon Dieu ! Il ne vous reste plus, très vénérables majestés, qu’à demander à Paul Biya de vous confier la direction du Minesec ! Dites, n’y aurait-il pas un Camerounais, un vrai qui sache « vivre ensemble » pour rappeler à ces monarques d’un autre âge que la région du Littoral appartient au Cameroun. Qu’un fonctionnaire, c’est un soldat qui est appelé à servir partout où besoin est. À l’Est, à l’Extrême-Nord et même au Noso brûlant !


Et puis, ça fait longtemps que nos livres d’histoire nous ont a appris que le Cameroun, voire le monde, tourne autour de Douala ! Aujourd’hui, « Le centre du Cameroun est partout », enseigne une télévision que j’aime bien.


Le Mutant
 

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