Jeudi le 14 Septembre 2017 05:17:13 Sainclair MEZING | Cameroon-tribune Opinion

Centrafrique. Centrafrique: Touadéra redistribue les cartes

Le président de la République a nommé mardi un nouveau gouvernement ouvert aux opposants, représentants des groupes armés et à la société civile.

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La République centrafricaine a depuis mardi soir un nouveau gouvernement. A la différence de l’ancienne équipe qui comptait 23 ministres, la nouvelle équipe en a 34. Faustin Archange Touadéra renouvelle sa confiance à Simplice Mathieu Sarandji comme Premier ministre, chef du gouvernement. Présentée comme un gouvernement d’ouverture, cette équipe intègre en son sein des membres de la majorité, de l’opposition, des groupes rebelles et de la société civile. Le président centrafricain a du faire quelques sacrifices en se séparant de cinq fidèles, pour intégrer de nouveaux visages.

Ainsi, Gontran Djono Ahaba, ministre dans le gouvernement de Michel Djotodja et ex-Séléka, hérite du portefeuille de l’Energie et des Ressources hydrauliques. Lambert Moukove, cadre du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), une autre faction dissidente de l’ex-Séléka dirigée par Noureddine Adam, devient ministre des Eaux et Forêts.  Me Jean-Louis Opalegna, avocat de Jean-François Bozizé, fils de l’ancien président de la République centrafricaine, est désormais à la tête de la Fonction publique. Quatre barons du régime restent tout de même inamovibles. Alors que Felix Moloua reste à l'Economie, Henri Marie Dondra conserve les Finances et  Charles Armel Doubane est toujours aux commandes des Affaires étrangères. Flavien Mbata reste en poste à la Justice.

En mettant en place un gouvernement d’ouverture, Faustin Archange Touadéra envoie un message fort à certains groupes armés qui tardent à déposer les armes. Car, malgré l’amorce, il y a quelques semaines, de la phase pilote du processus de Désarmement-Démobilisation-Réinsertion (DDR) visant à désarmer symboliquement 560 combattants, certaines milices poursuivent impunément leur sale besogne. D’aucuns voient également en cette main tendue une volonté affichée du président centrafricain de poursuivre la réconciliation nationale entamée depuis son arrivée au pouvoir en février 2016.