Cameroun - Education. Cameroun: le jour des résultats du BEPC...

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La publication des résultats suscite diverses réactions dans les familles lit-on dans les colonnes de CT.


Lundi dernier aux environs de 18 h au quartier Ewonkang à Yaoundé, Maurice Aboumba est tiré de sa somnolence par les cris de joie de sa voisine, Zoua Séraphine. « Mon enfant et mon petit frère ont eu le BEPC ooohhhh !!! », crie-t-elle à tue-tête. Les heureux lauréats,

Belinga Loïc et Foe Jean Oscar quant à eux, sont aux anges. « Ils n’ont pas consommé l’argent des beignets tout au long de l’année scolaire pour rien ! », lance une autre voisine.

Au quartier Ngousso, Martine N. dont le fils vient de passer son examen avec mention « Très bien », n’arrête pas de crier aussi. Très vite, les parents improvisent une fête pour célébrer l’évènement. La famille ayant été informée du résultat par téléphone, l’heureux candidat, malgré l’opposition des parents, décide d’aller sur les lieux à pieds pour voir de ses propres yeux son nom sur les listes.

Entre temps, les voisins affluent pour prendre part à la célébration. Le chef de famille, Paul L. lui, n’arrête pas de passer des coups de fil pour annoncer la bonne nouvelle. Sur les tables, la boisson coule à flots, le DJ qui a été dépêché sur les lieux lance les décibels.

Au carrefour des carreaux, le jeune Nkodo Omgba Fidèle Ali a quelque peu inquiété ses parents. Ceux-ci  lui ont remis 2000F pour se rendre à son centre d’examen, s’enquérir de ses résultats. Le garçon de 13 ans, ayant réussi, s’est joint à ses amis lauréats pour célébrer.

Fou de joie, il a oublié d’appeler ses parents pour leur annoncer l’heureuse nouvelle. Inquiets, ceux-ci l’ont contacté et ont été enfin informés de son succès. Et c’est alors que la famille a décidé de cuisiner un poulet en son honneur.

Pendant que les uns célèbrent leur réussite, d’autres, n’ayant pas encore suivi leurs noms, restent accrochés à leurs postes récepteurs, écoutant notamment  la station CRTV Centre qui continue de publier les résultats

. Ceux des candidats n’ayant pas réussi laissent transparaître la tristesse sur leur visage.  Certains, enragés par l’échec, n’ont pas pu contenir leur colère et ont déchiré les listes affichées dans certains centres d’examen.

Pour les parents dont les enfants ont échoués, c’est une année blanche. « Ma fille a encore échoué. Nous avons dépensé notre argent pour rien ! Son père va seulement la tuer aujourd’hui… », se lamente Sabine O., une mère de famille au bord des larmes.

A Biyem Assi, l’attention de Thierry B. a été attirée par les gémissements de sa fille cachée derrière la maison. Elle avait peur de la réaction de ses parents face à son échec. Son père, contre toute attente, l’a prise dans ses bras et l’a consolée. Chaque famille gère la publication des résultats comme elle peut.

Georges Emmanuel TSAYID

Culture