Cameroun - Economie. Cameroun : La Banque mondiale invite Yaoundé à «aligner » ses dépenses publiques aux objectifs de son programme économique

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La Banque mondiale (BM) a invité les autorités camerounaises à «aligner les dépenses publiques aux objectifs de la Vision 2035», qui est le programme économique et de réduction de la pauvreté adopté par le pays.


Dans une revue des dépenses publiques qu’elle vient de présenter aux partenaires techniques financiers et que APA a pu consulter, l’institution financière internationale souligne avoir constaté que le gouvernement a fortement accru lesdites dépenses au cours de la dernière décennie, alors que ses revenus baissaient, cette hausse étant essentiellement portée vers le budget d’investissement.

Bien que conforme aux objectifs de la «Vision 2035», cet accroissement a fortement détérioré la situation budgétaire de l’État, sa composition fonctionnelle révélant qu’une part disproportionnée du budget est allouée aux frais généraux de l’État, aux dépens des secteurs prioritaires du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE).

De même, selon la BM, la décomposition du budget par nature économique révèle que la moitié des dépenses en biens et services est constituée de frais de représentation, de missions, de réceptions et des services extérieurs.

Selon la Banque mondiale, «l’augmentation considérable du budget d’investissement public n’a pas amélioré la qualité globale des infrastructures», l’une des raisons étant que la classification du budget de l’État «surestime le niveau de dépense en capital», une portion significative du budget n’étant pas en réalité de la dépense en capital, et de ce fait ne contribue en rien à l’accumulation du stock dudit capital.

Cette inefficacité du système de gestion des investissements publics a ainsi entraîné des retards considérables dans la livraison des grands projets structurants et contribué à la faible qualité globale des infrastructures.

Il existe un rallongement considérable des délais d’exécution de tous les grands projets, qui passent de 3-4 ans prévus à 7-10 ans, leur coût étant quant à lui «largement au-dessus de 2 à 6 fois comparés aux projets similaires dans les autres pays de niveau de développement similaire».

Au plan de la masse salariale formelle de l’État, réputé bas, la BM constate qu’elle masque l’existence d’un système de rémunération non salarial discrétionnaire qui encourage des pratiques de «recherche de rente», contribuant de ce fait au retard des processus administratifs de prise de décision écrit APA.

Au Cameroun, constate la BM, une bonne partie des subventions et transferts bénéficient aux entreprises publiques et aux entreprises publiques administratives, dont les performances se sont récemment détériorées, entraînant des risques budgétaires élevés.

Au plan social, la revue affirme que les dépenses de santé sont «faibles» au Cameroun par rapport à des pays comparables, leur répartition régionale ne tenant pas compte des besoins des populations, de leur statut socioéconomique, du fardeau de la maladie ou du contexte sécuritaire.

De même, les dépenses d’éducation restent limitées en dépit de l’augmentation des effectifs dans tous les niveaux d’enseignement, les dépenses par élève les plus faibles étant observées dans les zones où les besoins sont pourtant les plus importants, et une faible proportion des ressources mises à disposition par l’État parvient effectivement aux écoles, toute chose qui entraîne des disparités au niveau des performances des apprenants.

Abordant le système de protection sociale, la BM affirme que non seulement il «ne protège pas efficacement les ménages contre les chocs», mais «n’est pas aligné sur les objectifs de la Vision 2035».

Pour l’institution financière, les autorités camerounaises devraient poursuivre les efforts de consolidation budgétaire, accroître l’efficacité et l’efficience des dépenses publiques, améliorer la qualité de l’investissement public, rendre équitables les dépenses sociales et réformer le financement de la protection sociale.

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