Cameroun : 172 cas de désertion d’enseignants détectés dans l'Extrême-Nord

Cameroun - Education. Cameroun : 172 cas de désertion d’enseignants détectés dans l'Extrême-Nord

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Parvenu à la troisième séquence de l’année scolaire 2017-2018, le ministère des Enseignements secondaires a évalué le chemin parcouru hier à Yaoundé.


« Sans enseignants, il n’y a pas d’enseignements ». La phrase est du délégué régional des Enseignements secondaires de l’Extrême-Nord que cite le journal Mutations. Hamadama Djafarou s’est ainsi exprimé hier à Yaoundé, à l’occasion de la réunion de concertation des responsables des services centraux, déconcentrés et des organismes sous tutelle du ministère des Enseignements secondaires, relative à l’évaluation de l’année scolaire 2017-2018. Lesdits travaux se sont tenus sous la présidence du ministre des Enseignements secondaires (Minesec), Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe.

C’est ainsi qu’il a été relevé que « 172 enseignants ne sont à leurs postes dont certains depuis 2013 ; souvent camouflés par les chefs de structures », a noté pour le déplorer Hamadama Djafarou. Cette situation, selon le délégué régional, impacte sur le taux de couverture des programmes dans cette région. Celui-ci est estimé à un peu plus de 36% et un peu plus de 37% pour le taux de couverture des enseignements. Lesquels sont en deçà des taux acceptables, « à savoir entre 40% et 50% ».

Il souligne en outre qu’en période de crue, l’accès à certaines zones dans le grand Nord est difficile. Ce qui impacte sur la reprise des classes. « Pour ce trimestre, des dispositions sont prises pour que nous rattrapions le temps perdu », relève Hamadama Djafarou. Par ailleurs, il se pose dans la partie septentrionale du pays le problème de recouvrement, notamment des frais d’examens. « La stratégie prise à ce niveau c’est de prendre graduellement ces frais en fonction des récoltes. Parce que beaucoup de parents vivent de l’agriculture du coton et des oignons par exemple », souligne-t-il. Néanmoins, le délégué régional du Minesec de l’Extrême- Nord relève l’ouverture de trois établissements du fait de l’amélioration du climat sécuritaire. Ce sont notamment les lycées et collèges d’enseignement technique industriel et commercial (Cetic) de Kolofata dans le Mayo Sava.

Par ailleurs, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les établissements sont classés en deux groupes par le délégué régional du Minesec du Sud-Ouest. Selon Mombakued Victor Yewoh, il y a d’une part les établissements fonctionnels à 100% , lesquels enregistrent la présence d’élèves et enseignants ; et d’autre part, ceux qui sont partiellement fonctionnels. « Ce sont ceux où les enseignants sont là, les emplois de temps sont confectionnés, mais les élèves y sont absents ». De plus, il évalue à 41% le taux moyen global de l’effectivité de la rentrée scolaire 2017-2018 dans ces deux régions.

 

Arnaud Kuipo
 

Société