Cameroun - Communication. TRIPATOUILLAGES AUTOUR DE LA TNT : Comment Tchiroma veut spolier l’Etat

  • Minlo Enyegue | L'Epervier |
  • Publié : Lundi le 11 Mai 2015 09:34:20 |
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  • Culture |

Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée nationale, un ingénieur camerounais spécialisé dans les travaux des télécommunications tire la sonnette d’alarme sur le plan de détournement mis en place par le ministre de la Communication en complicité avec la société Star Times, retenue pour exécuter ledit marché.

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Le brulot de l’ingénieur Ondoa Ella Godfroid, ingénieur horséchelle des travaux des télécommunications, est sur la table du président de l’Assemblée nationale avec copie au président de la République, au Contrôle supérieur de l’Etat, au procureur du Tribunal Criminel Spécial et au président dudit tribunal. Cette correspondance qui date du 17 avril 2015 porte en objet : la protection de la fortune publique et des droits des consommateurs. L‘année 2015 plus précisément au mois de juin a été retenue comme étant l’année de la navigation de l’analogie au numérique. Le Cameroun qui ne peut pas évoluer en marge de cette réalité a, à travers le ministère en charge de la Communication, mis en place un comité technique. Il s’agit de la réhabilitation de la Crtv afin qu’elle réponde aux exigences du tout numérique.

 

Ondoa Ella Godfroid affirme que sa correspondance a pour objectif de mettre à nu quelques méthodes peu orthodoxes qu’usent les membres du comité technique. Il dénonce notamment le passage en force du projet; le trafic d’influence ; le plagiat, l’opacité dans l’attribution du marché ; les détournements de deniers publics programmé ; le défaut de protection des droits du consommateur. S’inspirant d’une interview accordée au quotidien Mutations par le conseiller technique au ministère de la Communication, Dr Felix Zogo pour ne pas le nommer, l’ingénieur dans une clarté à nulle autre pareille présente les failles techniques et la volonté manifeste des membres du comité technique de spolier l’Etat à travers des manoeuvres dilatoires.

 

En date du 03 novembre 2014, l’ingénieur des travaux des télécommunications saisit le président de la République dans l’optique, dit-il, d’apporter les correctifs indispensables à la réussite dudit projet. Ce même lundi 03 novembre 2014, une correspondance en provenance de la primature est adressée au président de la République. Dans cette correspondance « le Chef du Gouvernement sollicite du Chef de l’Etat, un accord afin d’attribuer le marché à l’entreprise chinoise » StarTimes. Et pourtant, la primature qui était en possession d’une nouvelle offre de service moins exigeante que le premier faite par Star Times qui était en compétition avec la société Huawai aurait omis de le porter à l’attention du chef de l’Etat. En effet, la société Huawai a fait une offre de 45 milliards de FCFA, là où ZTE (Star Times) réclamait 224 milliards de FCFA, et que c’est cette offre de ZTE qui a été recommandée au chef de l’Etat pour l’obtention de son accord, avec pour conséquences, entre autres, une perte sèche de 179 milliards de FCFA pour le trésor public.

 

En date du 08 mai, une correspondance signée du ministre secrétaire général de la présidence de la République donne le quitus pour l’attribution du marché à Star Times. Et le 18 du même mois, le secrétaire général des services du premier ministre saisi le ministre de la Communication afin d’attribuer sur hautes instructions du chef de l’Etat, le marché de réhabilitation de  la Crtv à Star Times.

 

Détournement de deniers publics programmé

 

Selon l’ingénieur, l’Etat déboursera une somme de 110 milliards de FCFA. En plus de la réhabilitation des 38 centres que compte la Crtv, dans le cadre de la redynamisation de la communication dans des zones frontalières, 14 nouveaux centres seront construits. Pour remercier le chef de l’Etat pour lui avoir personnellement attribué le contrat, le prestataire va assurer gratuitement la migration numérique des villes de Yaoundé et de Douala, dixit Issa Tchiroma devant les députés. Un centre reviendra ainsi à 2,115 milliards de FCFA, ce qui fait une différence nette de près de 780 millions de FCFA par centre de diffusion et ce, dans le même projet, alors que les 14 centres de diffusion en question doivent être créés de toutes pièces (bâtiments, infrastructure pylônes, alimentation en énergie, voies d’accès, acquisition et bornage des terrains, etc.), contrairement aux 38 centres de diffusion existants qui, eux, doivent seulement subir une réhabilitation technique.

 

Comme si cela ne suffisait pas, voilà que le Comité CAM-DTV, officiellement chargé de la migration du Cameroun vers la TNT, se propose de mettre en oeuvre, à son tour, 124 centres de diffusion, dont 52 co-localisés avec ceux sus évoqués. Compte tenu du fait que ces derniers vont inévitablement partager l’infrastructure nouvellement réhabilitée et/ou construite qu’ils trouveront en place, en procédant de la même manière que ci-dessus, à savoir en négligeant le coût des équipements à installer dans les 52 protections de la fortune publique et des droits du consommateur dans le cadre de la migration vers la TNT.

 

Ainsi, en considérant uniquement les 72 nouveaux centres de diffusion à créer de toutes pièces, pour un coût d’investissement global de 200 milliards de FCFA – si nos informations sont exactes- on se retrouvera avec un coût moyen d’investissement par centre de diffusion de 200 milliards de FCFA : 72 = 2,778 milliards de FCFA par centre de diffusion. Cela ne permettra, selon l’ingénieur, d’atteindre qu’une couverture de 75% du territoire, le cas échéant, ce qui signifie qu’il faudrait prévoir des coûts d’investissements supplémentaires non négligeables,  pour couvrir les 25% du territoire restants.

 

Ce que l’ingénieur propose

 

Sa contreproposition, prévoit une couverture cible de 100% du territoire, avec un nombre de centres de diffusion compris entre 35 et 55 et ce, pour une enveloppe financière prévisionnelle de 70 milliards de FCFA, au maximum. Son approche s’appuie sur la planification de 55 centres de diffusion, avec suppression de tous ceux desdits centres de diffusion qui, dans la pratique, ne s’avéreront pas nécessaires, au cas où les zones concernées parviendraient à être couvertes à partir d’autres centres de diffusion environnants.

 

 

 Ainsi, le coût d’investissement total, tout comme le coût d’investissement moyen par centre de diffusion, dans ce cas, dépendront selon lui principalement de certains facteurs, parmi lesquels le nombre définitif de centres de diffusion retenus, sur le terrain. Ainsi, moins il y en aura, moins l’enveloppe globale sera élevée. Par ailleurs, il affirme que sa contreproposition est conçue de manière à réduire les incertitudes éventuelles à la portion congrue, ce qui fait toute la différence avec celles du Ministre Issa Tchiroma et de ses amis, qui poursuit-il, sont truffées de zones d’ombres, voire d’incongruités, techniquement comme financièrement.  

Dans le pire des cas, il faudrait dépenser 70 milliards de FCFA pour déployer 55 centres de diffusion, à raison d’un coût d’investissement moyen de 70 milliards de FCFA : Le réseau TNT doit principalement comporter des chaînes permanemment diffusées en clair avec, éventuellement, quelques rares chaînes nationales à péage soumises à un abonnement facultatif, pour ceux des ménages qui désireraient les recevoir, le cas échéant. Dans cette optique, l’approche de StarTimes, destinée à transformer le réseau national de TNT en bouquet de télévision à péage doit impérativement être proscrit.

 

De la même manière, tout monopole dans la vente des dispositifs de réception de la TNT doit impérativement être proscrit. En même temps, toute approche qui consisterait à obliger les ménages à acquérir temporairement deux (02) dispositifs de réception de la télévision incompatibles, à l’instar des aires à desservir par les 14 centres de diffusion analogiques du projet « REDCOM ZOFT » que le ministre Issa Tchiroma et ses amis comptent introduire dans le projet de réhabilitation technique de la CRTV, tel que susvisé, doit impérativement être proscrite et ce, pour la bonne raison, entre autres, qu’elle obligerait les ménages des zones concernées à acquérir un dispositif  de réception de trop, et que la diffusion de la télévision dans lesdites zones gagnerait à débuter directement en numérique, conclut-il.

 

 

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