Vendredi le 21 Octobre 2016 08:49:27 Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM | Cameroon-tribune Culture

Cameroun - Cinéma. Réalisation TV et cinéma: les femmes en avant-première

Même si elles ne sont pas très nombreuses, des Camerounaises ont fait le choix d’évoluer derrière la caméra.

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Sita Bella, de regrettée mémoire, a ouvert la voie aux dames en 1963, avec «Un tam-tam à Paris», qui est plus un reportage qu’un documentaire sur les danses traditionnelles au Cameroun et le séjour en France de l'Ensemble national qui s'était produit au Théâtre Sarah Bernhardt à Paris. Mais jusqu’ en 2010 au Cameroun, on estime que sur cinquante films réalisés, quarante l’étaient par des hommes et seulement dix  par la gent féminine. En effet, très peu de femmes en Afrique choisissent le métier de réalisateur. Toutefois, aujourd’hui, la tendance veut s’inverser dans notre pays.


Ariane Astrid Atodji, Joséphine Ndagnou, Yolande Ekoumou Samba, Osvalde Lewat, sont par exemple, des figures féminines camerounaises qui ont défié les tabous et les préjugés d’une profession d’hommes. Elles se sont imposées dans le cinéma africain comme des professionnelles sur lesquelles il va falloir désormais compter, tant pour des fictions des séries-télé, que des documentaires. A cette liste, on peut ajouter Joséphine Bertrand Tchakoua, Hélène Ebah, Margaret Fobe Fombe, Rosalie Mbele Atangana, Florence Ayissi, Patricia Nkwende, Marie-Noël Niba et les autres.   


Depuis quelques années, en effet, les réalisatrices camerounaises ont le vent en poupe. La sortie d’une œuvre de fiction ou documentaire réalisée par des femmes fait à chaque fois courir les cinéphiles dans les salles. Pour le plus grand plaisir des cinéphiles locaux qui n’ont, pendant très longtemps, pas vu des femmes derrière la caméra. «Paris à tout prix» de Joséphine Ndagnou, sorti en août 2007, avait battu les records d’entrées (25.000 en trois jours) et réalisé les plus importantes entrées commerciales pour ce qui est d’un film local, ces dix dernières années.
Et nombre de réalisatrices camerounaises sont honorées à l’international, avec des prix, notamment lors des écrans noirs de Yaoundé, du Fespaco de Ouagadougou, du festival Vue d’Afrique de Montréal, etc. Mais lorsqu’on leur demande ce qui les attire vers le 7ème art, la réponse est quasi unanime : l’envie de faire entendre leur voix sur les questions importantes du pays et de la vie. La plupart se sont formées sur le tas, comme le gros des cinéastes camerounais d’ailleurs, mais certaines ont eu l’opportunité de passer par le Centre de formation professionnelle en audiovisuel d’alors, seule école dans le secteur au Cameroun.

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