Mardi le 12 Aout 2014 03:59:37 APA Société

Cameroun - Transport. Le port de Douala au bord de l'asphyxie

APA-Yaoundé (Cameroun) - La place portuaire de Douala, située dans la métropole économique du Cameroun, est en proie à l’asphyxie depuis novembre 2013 du fait de l’incapacité des opérateurs à faire embarquer ou débarquer les marchandises dans les délais, a indiqué l’Autorité portuaire nationale (APN).

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S'exprimant sur le sujet samedi dernier sur le chantier du port en eau profonde de Kribi (Sud), le directeur général de cette institution, Josué Youmba, a déploré ‘'l'inadaptation des équipements'' de la plateforme de Douala par rapport à la demande.

Il a ensuite regretté le non respect du cahier de charges adopté en 2010 et qui prévoyait la supervision, par l'APN, des infrastructures portuaires du pays en vue d'en apprécier les performances et, éventuellement, corriger les tares.

Cette sortie intervient au lendemain d'une interpellation publique des autorités par le Groupement inter patronal du Cameroun (GICAM), qui s'est émus de l'engorgement des espaces et d'autres facteurs circonstanciels, qui actuellement entraînent un ralentissement de la cadence de manutention et le rallongement des durées d'attente des navires à la bouée de base.

Le patronat s'émouvait alors d'''un accroissement exponentiel des délais de passage et des coûts à l'import ainsi qu'à l'export, avec des répercutions négatives sur l'économie et sur l'image de la destination Cameroun''.

Les plaintes des opérateurs économiques mettent en avant l'ensablement du chenal du fleuve Wouri, dont le tirant d'eau était précédemment à 7 mètres et qui, faute de dragage, ne peut plus aujourd'hui accueillir certains bâtiments obligés, pour la plupart, soit d'accoster en haute mer, ou alors de se dérouter vers Pointe Noire (Congo) ou Cotonou (Bénin).

Afin de procéder au dragage dudit chenal, le Cameroun avait passé un contrat avec l'entreprise belge Jan De Mille, mais les deux parties sont entrées dans un conflit dès 2012, lié au paiement de ces prestations.

Dans le même temps, du fait des difficultés de maintenance des équipements, notamment des portiques, le Port autonome de Douala (PAD) est aujourd'hui dans l'incapacité de traiter le volume des marchandises dont les conteneurs à l'export ou à l'import s'accumulent.

‘'Le rallongement des délais à l'export engendre de manière particulière des conséquences très négatives pour l'économie. Pour les produits agricoles (café-cacao), le séjour prolongé au port dégrade leur qualité (augmentation du taux d'acidité) et pourrait accélérer la décote du café et du cacao camerounais sur le marché international, avec pour conséquence une baisse de leur valeur qui se répercutera sur l'exportateur et sur le planteur'', reconnaît le comité national de Facilitation du trafic international (FAL).

Début juillet dernier, le comité multisectoriel a élaboré un plan d'urgence en 14 points dont la mise en œuvre tarde à se concrétiser.
 

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