Cameroun - Politique. Le multipartisme et la limitation des mandats présidentiels sont-ils une nécessité dans l’Afrique actuelle ?

  • C.P: Léon Tuam |
  • Publié : Vendredi le 15 Mai 2015 08:00:27 |
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  • Opinion |

Cette question à elle seule dit de prime abord que multipartisme/démocratie et limitation ou non des mandats présidentiels en Afrique ne donneraient pas les résultats escomptés, ou qu’ils regorgeraient des pièges mortels pour l’Afrique.

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De quels résultats s’agit-il ? Que faire ? L’Afrique devra-t-elle se forger un nouveau modèle ou continuer sur ces voies ? 

L’importance de ce sujet demande d’être sérieux, et sur ce, nous ne saurons aborderces questions de mandats présidentiels et du multipartisme en Afrique sans au préalable montrer assez clairement où se trouve présentement le continent africain, et vers où il chevauche. 

1- Le continent africain et ses atouts

L’Afrique regorge des richesses variées énormément effroyables. Des richesses naturelles, l’on peut dire que le sol et le sous-sol de l’Afrique recèlent tout ce qu’il lui faut pour passer du continent dit « pauvre et assisté » au continent le plus puissant de la planète Terre. Nul besoin de les énumérer ici. Mais l’on parle de l’Afrique pauvre. 

L’Afrique est aussi de loin le continent le mieux loti en terres arables de plus en plus bradées aux étrangers, hélas ! S’ajoutent à cela ses climats plus favorables aux cultures diverses, sa flore, sa faune et ses sites attrayants très propices à l’essor du tourisme. Ses océans, lacs et cours d’eau renferment également des ressources halieutiques riches et variées qui ne lui profitent guère. Et l’on parle de l’Afrique pauvre. 

Ses cours d’eau à eux seuls ont de grands potentiels hydroélectriques toujours mal et sous-exploités, ce qui aurait pourtant permis de produire de l’énergie électrique massivement et à bon prix pour avoir des produits compétitifs sur le marché international. Ses capacités en énergies solaire et éolienne sont incommensurables et inégalables aussi. Mais l’on parle de l’Afrique pauvre. 

Mais le continent africain possède, au-dessus de tout ceci, la ressource la plus importante et déterminante pour son développement économique : Il s’agit de la ressource humaine. Elle est nombreuse et avec elle l’Afrique peut produire massivement et consommer aussi massivement, au lieu de demeurer un éternel dépotoir des produits industriels d’ailleurs. Toujours l’on parle de l’Afrique pauvre. 

Malgré tous ces atouts extraordinaires, le continent africain et surtout l’Afrique subsaharienne reste à la traine. Malédiction, diront les uns ! Non, volonté de quelques esprits, et il faut s’y appesantir. 

2- Le continent africain et ses faiblesses

Les raisons sont multiples qui font que l’Afrique demeure un bébé dans la bouche duquel chacun vient enfoncer son biberon trompeur et endormeur pour mieux la vider de ses richesses. Et l’on parle de l’Afrique pauvre.

Quand ce ne sont pas des étrangers multipliant des stratégies et tactiques pour immobiliser et spolier l’Afrique de ses richesses avec des soutiens internes, ce sont ses propres autorités politiques, économiques et voire religieuses qui passent à l’acte. Et l’on parle de l’Afrique pauvre. 

Les échanges inégaux avec les prix des matières premières africaines fixées par ces étrangers est l’un des obstacles majeurs à l’érection d’une puissance africaine, raison pour laquelle les Africains devraient se résoudre à transformer celles-ci eux-mêmes et à en consommer. Et l’on parle de ‘Afrique pauvre. 

Les dirigeants occidentaux sont choisis par leurs populations ou par des privilégiés de leurs sociétés.Mais en Afrique, longtemps on les a imposés aux peuples, et ils n’ont été là que pour faire la volonté de ces maitres étrangers. Et l’on évoque l’Afrique pauvre. 

L’exemple de l’Afrique francophone est frappant, avec toutes les conséquences qui en découlent : Pillages ouverts des richesses, coups-d’ Etats, lavages des cerveaux, manipulations et conflits sanglants, usage de la monnaie étrangère (FCFA), etc. Et l’on brandit l’Afrique pauvre. 

Dans ces pays africains, tout est sublimement mis en marche par des dirigeants locaux pour faire régresser et non progresser leurpays. Par dirigeants ici, j’entends ceux politiques, économiques et religieux et voire même des pseudos intellectuels et éducateurs. Et l’on parle de l’Afrique pauvre. 

Comment peut-on prétendre développer son pays avec toutes ses entreprises stratégiques et névralgiques bradées aux étrangers et avec des accords économiques assassins bidon que l’on signe sans sourciller ? Et à cela s’ajoutent l’enrichissement illicite, les détournements des biens et richesses du pays, la corruption, des faveurs incroyables à des sociétés étrangères, etc. Et c’est ça l’Afrique pauvre. 

Comment peut-on construire des pays prospères, forts et concurrents en émoussant l’Excellence et caressant la Médiocrité pour des raisons d’équilibre régional comme ça se pratique au Cameroun par les ennemis du pays qui sont au sein du gouvernement néocolonial de ce pays ? C’est l’Afrique pauvre. 

Comment des autorités religieuses nationales continuent-elles de servir sans tri des poisons renfermés dans certaines religions étrangères à leurs fidèles, sachant que tout cela affaiblit et réduit davantage à la soumission sempiternelle des esprits déjà enchainés par un long lavage de cerveau depuis l’aube de la colonisation à nos jours ? Et l’on parle de l’Afrique pauvre. 

Et lorsqu’on regarde du côté des autoritéséconomiques, c’est parfois le même bordel qui est orchestré, et certains hommes d’affaires ne sont que des écransderrière lesquels se cachent des étrangers fuyant de payer certains impôts. C’est bien notre Afrique pauvre. 

Les faiblesses des pays africains viennent aussi de ce qu’avec le multipartisme, tribus et ethnies en Afrique sont devenues du bon bétail pour les politiciens qui les utilisent souvent comme bon leur semble pour assouvir leurs intérêts égoïstes, ou par naïvetéparfois pour servir ceux de certaines puissances étrangères. Et l’on parle de l’Afrique pauvre. 

Les exemples en Afrique sont légion. Les crises politiques qui ont parfois dégénéré en conflits sanglants se sont nourries soit de la sève tribale ou ethnique, soit de celle religieuse : Côte d’Ivoire, RCA, les Congo, Kenya, Rwanda, Burundi, Soudan, Nigeria, etc. Ah pauvre Afrique pauvre ! 

3- La situation actuelle reste complexe et peu avantageuse. Que faire donc ? 

L’œil attentif trouve seulement qu’avec le multipartisme, la démocratie et la question de limitation ou non  des mandats présidentielsen Afrique, les résultats dont ont rêvé et rêvent encore beaucoup d’Africains sont toujours absents et peut-être n’arriveront même pas.Quel sont ces résultats attendus ?

Les peuples africains attendaient jalousement du multipartisme, de la démocratie et des mandats présidentiels, la prospéritééconomique, la paix, le bien-être, la justice, la liberté et le bon-vivre ensemble. Mais que n’ont-ils pas eu de désagréablement surprenant et traumatisant ! 

D’où le retour à la question :Le multipartisme et la limitation des mandats présidentiels sont-ils vraiment une nécessité dans l’Afrique actuelle ?

Lorsque l’on regarde l’Afrique des multiples tribus et ethnieset l’Afrique des multiples religions et cultures avec toutes les revendications et replis identitaires qui en découlent et toute leur dangerosité,il faut s’inquiéter et se poser des questions. 

Et de toutes les questions possibles, l’une des questions intelligentes à se poser et à poser aux autresest de savoir si les Etats africains peuvent définitivement se fortifier et évoluer à des nations puissantes en gobant ce qu’on lui jette et continuant dans ce schéma d’emprunt tout en bêlant : « Multipartisme, limitation des mandats présidentiels, démocratie … » ? 

Faisons attention ! Ce qui est vraiment bien ou bon pour l’Afrique, on ne le lui donnera pas. Par contre ce qui va l’immobiliser et la ruiner, on ira même jusqu’à la forcer d’y souscrire. Et le vrai problème c’est qu’au sommet des Etats africains se trouvent des gens qui n’aiment pas leur pays et l’Afrique et se comportent comme des passagers, des étrangers. De bons traîtres !

A mon avis, les Africains doivent gagner beaucoup à inventer des voies qui leur conviennent avec leurs réalités sociologiques, géographiques, culturelles et géopolitiques. Multipartisme, mandats présidentiels et démocratie tels qu’ils ont cours dans l’Afrique actuelle vont continuer d’émasculer les Etats africains et les livrer avec leurs peuples mains et pieds joints aux plus forts. 

Les peuples africains doivent, dans des espaces concertés et appropriés, se donner de nouveaux dirigeants patriotes et souverainistes qui savent ce qui est bien pour eux et ont le courage de le défendre vraiment mordicus. 

L’Afrique des multiples ethnies et tribus et religions aura besoin à la fois de bonnes institutions et de dirigeants forts pour la défendre et faire respecter celles-ci.

Le retour aux partis uniques et la non-limitation des mandats présidentiels en partout en Afrique où les règles du choix des dirigeants seront justes et transparentes feraient plus du bien à ces Etats-là que d’aucuns l’imaginent. 

Dans le contexte d’aujourd’hui avec le développement du sens critique chez les jeunes populations, l’on assisterait à des ascensions méritées et profitables aux pays concernés, à leurs économies et à leurs peuples, que d’avoir des ascensions téléguidées et parachutées descendantes qui produisent le chaos. 

En conclusion

Le développement, le respect et la dignité auxquels aspirent les Africains n’est ni un don ni un fruit juteux qu’on trouve au hasard caché dans les feuilles épaisses d’un arbre. Mon cri profond aux nouveaux dirigeants africains patriotes et souverainistes à venir est le suivant : 

Privez-nous un bon bout de temps de la parole, des mouvements et des joies inutiles, mais travaillez avec nous le peuple à doter nos pays d’économies fortes, d’armées fortes et des lois qui ne feront plus de nous et nos pays des objets de la vie des autres, mais feront de nous des sujets réels de notre vie. 

J’insiste sur l’armée et la défense parce que dans le monde d’aujourd’hui, les peuples et les Etats n’ont plus rien qui leur appartienne, à moins qu’ils en aient les moyens nécessaires pour le défendre et le protéger.

Dans le monde actuel, les lois sont devenues trop faibles et ne protègent plus ce que l’on possède ; c’est seulement avec la force que l’on doit aujourd’hui protéger et garde ce qui jadis reposait en paix dans les bras du droit et de la loi.    

Ainsi, la mer est à vous si et seulement si vous avez des moyens pour la surveiller et êtesprêts à intercepter tout bateau ou tout sous-marin illégal ou ennemi dans vos eauxou les faire couler. De même pour les frontières terrestres et l’espace aérien ; de même pour les terres arables et les autres richesses du sol et du sous-sol. C’est une lourde vérité que beaucoup nient.  

L’Afrique doit faire son chemin suivant ses réalités et avec fierté, sans oublier que personne n’est là pour l’aider. Ceux qui prétendent l’aider viennent s’aider eux-mêmes. L’Afrique n’a besoin ni des Maîtres ni des dieux d’ailleurs pour se faire une place au soleil. 

Les nouveaux Maîtres et dieux de l’Afrique seront ses fils et filles unis, travailleurs, solidaires, vigilants et jaloux de leur souveraineté. Cette Afrique à naître doit aussi apprendre à prendre impitoyablement soin de ses enfants traîtres et de ses bourreaux. 

 

 

Léon Tuam 

15 mai 2015 

 

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